J. Thomas, op, cit.^ p
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Le][cONCILE apostolique de JÉRUSALEM 1057
reS de son attitude à l'égard des Geniils. Il n'était plus question dès j'apprécier cette attitude, mais de fixer la question théologique. r ïi (Tu'ori appelait les « colonnes » de l'Eglise, en approuvant la mission j Paul et Barnabe à Antioche, avaient proclamé la légitimité de son aposijt sa conformité à l'apostolat des douze, mais en acceptant sa destinaon spéciale aux incirconcis. Ainsi la question de la nécessité de la cironclsion se trouvait résolue à l'heure même où, par déférence, les apô-
g Jacques, Pierre et Jean la soumettaient à la discussion des « anciens» Kj'Église de Jérusalem, constitués en tribunal arbitral. C'était ici un jgg moments les plus solennels, non seulement dans la vie de saint Paul, mais encore dans Thistoire de l'Eglise apostolique. C'était le point culminant de la crise que nous étudions et, en comparaison, la réunion générale qui suivit, malgré son apparat officiel, n'avait plus qu'un intérêt local jl secondaire, uniquement destinée à apaiser les esprits troublés à Jérusalem et en Syrie. L*entente des Apôtres sur le ministère de Paul et de l'Évangile des incirconcis est un fait autrement grave, autrement gros de conséquences. Si nous ne lisions que les Actes, qui voient les choses du èhors, nous pourrions commettre une erreur de perspective en donnant ila réunion générale et aux mesures qu''on y prend la première place. Mais l'Epître aux Galates rétablit la vraie perspective en nous arrêtant devant le fait capital, d'un intérêt universel : la reconnaissance de la mission apostolique de saint Paul. Il nous reste à étudier l'assemblée générale etl« décret quelle promulgua,
Cette assemblée importait au moins autant, sinon plus, aux apôtres <|ii'à Paul lui-même. Celui-ci se bornera au rôle de simple narrateur de ce p se passe à Antioche, il n'argumentera pas, laissant à d'autres ce m.
De qui se composait Fauditoire ? Probablement de l'assemblée entière •"es fidèles ^ ; le « bureau », dirions-nous aujourd'hui, devait se composer ^^ apôtres et des anciens ayant seuls compétence pour prendre une dé- ^ision2. Ainsi qu'il arrive dans la plupart des séances officielles, les rôles 'taient-ils distribués à l'avance et l'imprévu écarté dans la mesure du possible? on l'ignore. Ce qui est certain c'est que la discussion fut vive 3. *%ureusement le récit des Actes n'est pas un procès-verbal dans lequel
""■aient enregistrées les péripéties de l'argumentation et la physionomie
' U fut du moins en son nom que la décision avait été prise. Cf. Act., xv, l'y* distingue les apôtres, les anciens, l'Église ; même le verset 12 implique
me idée quand il nous parle de ttôcv to -^tXy^ooç, ^•Act,, XV, 23.
de l'audience. Le discours de saint Pierre, tel que nous le nnco'j n est certainement qu un résume du discours prononce par l'apôtr ' préoccupation malencontreuse de l'historien d'abréger le texte qu'il sous les yeux pour ne nous donner que les pensées principales eus primant les développements, enlève aux paroles de Pierre et de Jaca leur physionomie de choses vécues. 11 devient même difficile de suivre ] suite des idées ; ces lacunes, il est vrai, sont la meilleure garantie d'à thenticilé des deux morceaux conservés indemnes de toute tentative d remaniement.
Pierre aborda la situation de face, sans ménagement, se prévalant d l'approbation reçue quelques années auparavant lorsque, à son tour il avait introduit des Gentils dans l'Iilglise ^ : « Mes frères, dit-il, vous savez que depuis longtemps Dieu m'a choisi parmi vous pour faire entendre aux Gentils, par ma bouche, la parole de l'Evangile et pour les admettreà la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage qu'il les acceptait, en leur donnant comme à nous-mêmes le Saint-Esprit. Il n'a fait aucune différence entre eux et nous, ayant purifié leurs cœurs parla foi. Pourquoi donc voulez-vous aujourd'hui tenter Dieu en imposant aux disciples un joug que nos pères ni nous-mêmes n'avons pu porter ? Nous croyons que c'est par la grâce du Seigneur Jésus-Christ que nous serons sauvés et eux aussi le seront delà même manière. »
On ne pouvait être plus tranchant et proclamer avec plus de clarté la vertu de la Loi nouvelle entraînant la caducité de la Loi ancienne. Puisque Dieu « a purifié les cœurs des Gentils par la foi », c'est donc que désormais la Loi mosaïque est superflue pour obtenir la justification. Et qu'on n'aille pas dire que ce qui est abrogé pour les Gentils subsiste pour les Juifs, car ceux-ci sont «justifiés par la grâce du Seigneur Jésus delà même manière que les Gentils ». Avec une logique irréfutable, Pierre, sans parler de la Loi ni de la circoncision, avait tout condamné, tout repoussé et en se maintenant sur le terrain de la pratique il rendait une solution véritablement doctrinale. Saint Paul ne pouvait souhaiter rien de plus fort. La parole de Pierre avait été si nette qu^un silence profond s'était fait; joie des uns, stupeur des autres 2. Paul, voyant l'impression produite au souvenir des merveilles accomplies en faveur d'un genti, reprit le thème, le développa, multiplia les exemples. G'étaitdoncleffien^ Esprit divin qui conduisait Pierre et lui-même. Cette pensée ne le qu" * plus : « Celui qui a agi en faveur de Pierre dans l'apostolat de la cire cision, a agi en ma faveur dans l'apostolat des Gentils ^. » Avant r
1. Act,, XV, 7-11 ; remarquer que Pierre dans ce discours ne nomme p^ centurion Corneille dont il ne garde le souvenir que comme l'applica'''^ cas particulier d*un principe général : ta sÔviq.