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Barnabe avait pris la parole car, à Jérusalem, il prenait sur son compa-
P^lepas qu'illui cédait ailleurs 'l. Ce fut au tour de Tapôtre Jacques, "gjila circonstance, la personnalité de Jacques lui ménageait un rôle lüS décisif qu'à Pierre lui-même. Jacques, frère du Seigneur, était évê- ^e de Jérusalem. C'était un saint, mais d'un type particulier. Chrétien iemeuré inviolablement attaché aux observances traditionnelles du judais- 0 il réalisait en sa personne la fusion de la Loi ancienne et de la Loi Bouvelle, s'attirant le respect et la considération de tous. On n'a pu apporler aucune preuve qu'il fût le chef militant de la faction judaïsante, mais jelle-ci devait être bien aise de le laisser généralement supposer 2, Si pierre avait^ par son discours, entraîné beaucoup d'esprits, il devait s'en trouver d'obstinés qui attendaient, avec Jacques, leur revanche. La conviction de celui-ci était faite depuis qu'il avait tendu la main à Paul. Sa Jâcision serait favorable aux gentils, mais peut-être l'ignorait-on en dehors le quelques intimes. Dans tous les cas l'expression de son jugement serait wssi importante que le jugement même. Nul doute que, pour ce vieillard fl fervent à l'égard des choses du passé, ce moment ne fût celui d'un intime déchirement. Il est curieux de voir comment il s'y prit pourconcitter son respect de la Loi mosaïque avec l'obligation d'en reconnaître linutilité. Tandis que l'apôtre Pierre avait du premier coup équiparé Idfs et Gentils pour envisager la question avec la largeur de vues qui mvient au chef suprême, Jacques se replia dans son rôle de consultant 'llimita sa réponse aux proportions du débat. Il ne dit rien des Juifs dont û'éîait pas question, mais s'occupa des seuls Gentils. Sur ce point, il tâitpleinement d'accord avec Pierre et il raffinait même quelque peu en Jppelantque les Juifs avaient été, à l'origine, dans une situation analogue Jcelle des Gentils à l'heure présente, car les Juifs eux aussi avaient été iiûisis. Jacques se montra partisan de la tolérance sous réserve que, dans Il pratique, on éviterait de froisser les Juifs. Par un projet de mutuelles öncessions il prépara habilement un terrain d'entente. Soumettant les Wls convertis à des prescriptions qui rappelaient celles auxquelles ''aient astreints les prosélytes de la porte, il fournissait aux modérés un l^flappatoire qui, laissant intacte la position privilégiée des Juifs conver- 's, amoindrissait légèrement les fidèles incirconcis en les assimilant à une
•Act., XV, 12. Barnabe commença ; détail à noter, car il témoigne de laude- *ö narrateur. Depuis la conversion du proconsul Sergius Paulus à Paphos '»^ui),Paul occupe dans le récit le premier rang — sauf une exception appa- ^ A.c{.j XIV, 14, Barnabe et Paul sont ainsi intervertis parce que les habî- Qe Lystres prennent Barnabe pour Jupiter et Paul pour Mercure ; cf.
^^^ottias, op., cif„ p. 447,
• est aux ne et m* siècles que Li faction judai'sfinle, définitivement consti- 'Comprit le grand avantage qu'elle pourrait retirer d'une souche aposto-
1 '^ûse prévalut alors de la fidélité scrupuleuse de Jacques à la loi mopour se réclamer de lui comme du fondateur et docteur révéré.
1060 APPENDICE ï
catégorie notoirement inférieure, les prosélytes ^. On se rallia aux m res proposées qui, pour le fond, donnaient satisfaction aux Gentil ménageaient en même temps les craintes et les scrupules des Juifs d les privilèges restaient hors de question. Jacques eut, on peut le dire I honneurs de la journée. Le discours de Pierre est le véritable plaidove il a le mérite des larges initiatives. Jacques conclut et prend même î' langage du juge : ôib èYÔ) xpivw.,. On sent son influence jusque dans 1 rédaction de la lettre envoyée aux chrétiens d'Antioche, de Syrie et d Cilicie; il est probable qu*il prit part à sa rédactiofl ; la formule de salutation par laquelle elle débute avec le simple x^'P^iv, qui tranche si fo« avec toutes les autres formules des lettres apostoliques, ne se retrouve précisément que dans Tépître de saint Jacques ^.
Le texte primitif du décret promulgué par les Apôtres (Act., xv, 28-29) est loin d'être fixé. Les principales éditions auxquelles on peut avoir recours sont celles de: F. Blass, Acta Apostolorum,,. editio philologica^ in-8, Gottingen, 1895 ; Id., Acta Apostolorum secundum formam quse vide" tur romanam, in-8, Lipsiae, 1896; A. Hilgenfeld, Acta apostolorum grasce et latincy in-8, Berolini, 1899 ; J. Wordsworth et H, White, NommTestamentum D.N, J. C latine secundum editionem S. Hieronymi^ in-4, Oxonii, 190. Les manuscrits donnent des rédactions assez diflerentes pour ce passage 3, dont les variantes veulent être examinées par elles-mêmes en dehors delarecensionoù elles se trouvent. Trois passages se rapportent au décret, ce sont : Act., xv, 19-20, le projet; xv, 28-29, le texte du décret; xxi, 25, mention du décret. Ces passages ne sont pas pleinement d'accord entre eux Ils diffèi-ent l'* sur le nombre des prohibitions; 2^ sur la présence ou l'absence du précepte de la charité ;3*^sur la conclusion : çepôfievoi
1. Act., XV, 13-21. « On partit, semble-t-il, de cette idée que, de même qu'il y avait un peu partout des prosélytes à côté des Juifs proprement dits et q«e les uns et les autres étaient admis aux assemblées des synagogues, de me aussi les églises chrétiennes pouvaient comporter deux classes de fidèles, i tiques au point de vue de riniliation au christianisme, mais distinctes ^'^ P de vue de Tincorporation au judaïsme. » Duchesne, Hist, anc. del'êglisey ) t. I, p. 24.