J» Thomas, op. cit. y p
3. Il en est de même pour l'ensemble du livre des Actes ; cf. Coppieter » hisiona textus Actorum Apostolorum^ in-8, Lovanii, 1902, p. 74-92. riantes de Act., xv. 19-20, 28-29; xxi, 25, ont un caractère spécial »^^^^"^^^g différent de l'ensemble des leçons que présentent les diverses recensï^ Actes. , jg
4. M. Goppieters, dans la Revue biblique, 1907, p. 35, dont nous suivra»
Voici un résumé des différentes leçons.
î Décret à quatre prohibitions^ sans la règle de charité (absence de la
ricîusion <pep<$fA£vot.,,) recension orientale.
q\ Act, y -ÏV", î9'-20 : ôib èyo) xpivo) jjLvi Trapevox^eïv lotç àub t(ov èôvwv âTrto-Tpsçouaiv u'-rbv 62<^v> âXXà èTcto-TStXai auroTç toO àTrexeo-Ôai twv àXtaYtipLOCTtov, twv eiSwXwv xac Tf|Ç
yg(ocç xal TrvtxToO xal tou a^fiiaToç. « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on n'inylète pas ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impureté, des animaux étouffés et du sang. »
ji) ÂCt.y XVj 28-29 : sôoÇsv yocp tw Tz^&\)[Laxi tw ctyuo xal -^kaÏv |X'oôèv irXéov èTciT^oeski ^{'•'■^ ßapoc ^^'^ TOJTWV Twv è7ràvaYy.£ç, àïcsxeo-Ôai gtSoXo6-JT6)v xal atixatoç xal jvixTÛvl xac iiopve^aç' èÇ wv SiaTYipoOvxs; eauToùç eu Trpàlexg. "Eppwffôe.
« Car il a paru bon à l'Esprit-Saint et à nous de ne vous imposer d'auire charge que ce qui est nécessaire, savoir : de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impureté. En vous en défendant, vous ferez bien. Adieu. »
c)ÂCt,, XXI, 52 .' irepl ôè twv lUETctaTcuxoTtov èOvwv Y)p.£tç ETTEc-TeiXafiev xptvavrec juXàffffSffÔat aiJToùç x6 ts etôo)Xo6uTOV xal aT^JLa xal tïvixtov xal îropvsiav. « A Fégard ks païens qui ont cru, nous leur avons envoyé [un message] après avoir décidé qu'ils avaient à s'abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impureté. »
Apparatus : a) — Ce texte est celui de tout les on ci aux grecs, sauf D ; Je presque tous les mss, en minuscule grecque ; de tous les mss. de la Vulgate collationnés par Wordsworth- White : de quelques mss. latins biéronymiens. Même texte que les anciennes versions et dans saint Jean Chrysostome, P. G., t. lx, col. 239.
h)— Ce texte justifie de toutes les mêmes attestations manuscrites que le précédent; on peut y ajouter la Peschitto, les versions héracléenne, irménienne, arabe, sahidique, etc. Les leçons patristiques offrent moins d'ensemble: Origène, In Matth.^ xxill, P, G,, t. xni, coL 1613-1614; Méthode d'Olympe (cf. N. Bonwetsch, Methodius von Olympus, in-8, Erlangen, 1891, p. 397) et Cyrille de Jérusalem, Cateches., xviii, P. G., ^'XXxni,col, 1001 : awexe^yöai elSwXoô-JTCDv xal a?{iaTo; TtviXTOÛ xal Tropvecac. Même '^Çondans Ps. Athanase, De Trinitate et Spiritu sanctOy P, G., t. xxvi, ^l 1218, et dans Gaudence, Serm.y xv, De natali Machabteorum : De his ^wft's martyribus, P, i., t. xx, col. 953-954. D'après M. Coppieters
res près le beau travail, estime qu'on peut négliger le texte corrompu du dé- " publié d'après un ms. éthiopien par H orner, Statutes of tke Apostlesy in-8,
Won, 1904.
• A.U temps de saint Jérôme, le mot ttviätöv manquait dans un grand nombre
'Dïanuscrits ; cf. In Epist. ad Galatas, v, 2, P. L., t. xxvi, col. 422. D'après
, P*^5^ge, Wordsworth et White se sont crus autorisés à mettre entre crochets ^^^ suffhcato de Act., xv, 9; M, Coppieters, op. cit.^ p. 37, note 1, estime
''^« ont eu tort
« Tous ces témoins ne représentent pas un texte différent de celn* a nous donnons ici l'attestation. » ^^*
c) — Ce texte est celui de tous les onciaux grecs, sauf D et de la que totalité des mss. en minuscule grecque. Les mss. de laVul ^ le donnent et quelques-uns lisent : et a sanguine sujfocato. Les mss % ^ texte latin différent de la Vulgate omettent généralement les mot ^ TTvixTbv ; par contre toutes les anciennes versions lisent le décret quatre prohibitions sans la règle de charité, La leçon (j.7)ôèv toioîtov avToù; ei fiYi après xptvavTsç est sûrement interpolée. 11 n'y a pas d'auteu anciens qui citent ce passage.
Le décret dans la recens ion orientale, a été souvent cité par les écri« vains chrétiens de la période antérieure à la paix de l'Église. Clément d'Alexandrie, Pœdag.^ 1. II, c. vu, n® 56 : {xr,6èv TrXeov èTttoeVôai u|iïv ßapocÄ Twv èiTOcvaYxsç, ai^iy^ifs^an. êîSwXoÔ'Jtwv xal at'{j.aTOç xai TtvtzTûSv xal tv^ç icopvstaç èf ^ 8taTï)poûvTeç èauToùç e-^ TTpaUte ; Stromata, 1. IV, c. xv,n^97 ; Origène, Contra Celsum, 1. VIII, c. xxxix-xxx, P, G., t. xi, col. 1558-1563; InEpisUad Rom. y II, XIII, P. G., t. XIV, col. 905. Au iv* siècle, on rencontre des attestations dans saint Cyrille d'Alexandrie, saint Épiphane, Théodoret, saint Jean Ghrysostome. La prohibition ttvixtoSv est également attestée par le 7* canon du concile dit d'Antioche.
IL Décret à trois prohibitions avec le précepte de la charité dans sa formule négative (avecla longue conclusion, Act.,xv, 29) — recension occidendentale.
a) Act., XXy i9-'20 : 5tb iytù xptvu) firj TrapevoxXsîv toi; octto t<5v èÔvwv âTiiarpéçoudiv èîtl xbv Qsov, àXXà èutffTeiXai avroîç toO à7rixe<r6ai tôv aXiayi^iJLaTWV twv eîôwXwv xai ttiç TCOpv£ia; x-al Tou «îtJLaToc^ xat Ôaa {xy) ôéXoixjtv éauroïç ytvsaôai éTSpotç fj!.Y) Tuotetv, «C'est pourquoi je suis d'avis qu'on n'inquiète pas ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impureté et du sang, et de ne pas faire aux autres ce qu'ils ne veulent pas qu'on leur fasse, »
b) Act, y XV^ 28-29 : èSoÇev yàp tû àyi<jù luveupiaTi xal Y)fji.ïv fji.Y)Ôev TrXeîov è%ixlka^<u upiïv pàpoç tcXyjv TO^Ttûv Tü)V iTTava^xec* dcTréj^eÔai eîôcuXoÔUTtov xac at|Ji.aTOç xal iropvewî xat fie« {JLTi ÖsXeTe éaurotç Yt^^^^^ÖateTfipo) (atj Tcocetv. à^' wv ôtaxYipovvTeç éauToùç e^ npa^^^^' 9£pö{ievoi èv Tû àytw uvey^jLaTi eppcùdôe. a Car il a paru bou, à l'Ësprit-Saint et a nous, de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir ; de vous abstenir de viandes immolées aux idoles, et de sang(?o« bien de sacrifier aux idoles, de [verser le] sang?) et d'impureté, et ce ne pas faire aux autres ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse, i^" vous en défendant vous ferez bien ; marchez dans le Saint-fcspr . Adieu. » . .
c) Act, , XXi^ 25. Aucun témoin du texte ne joint la règle de la cuar aux trois défenses mentionnées plus haut.
Apparatus : a) — Texte attesté par le codex Bezae (D), la vers latine d : a contaminationibus simulacrorum et stupris et sanguinem H
j jitnon fieri slbl aliis ne faciads ! Irënée, Adv, User es, ^ 1. III, c. xii, ' l4 (version latine) ; rns Athos (Lawra, iSk^B. 6^^ cf. E. von der GolU, l' fi textkriäsche Arbeit des zehnten bezw, sechsten Jahrhunderts^ dans 'pxtQ «»ß^ Untersuchungen y ms., t. ii, fasc. 4, Leipzig, 1899, p. 41) qui j g la règle de charité sous astérisque.
i\^ Mêmes attestations manuscrites que le précédent (D, d); Irénée,
r }iseres,y 1. III, c. xii, n. 14; texte grec d'Irénée dans le ms. de [-^ra(E' von der Goltz, op, cit,^ p. 43) ; saint Cyprien, Testimonial 1. III,
^^9 qui ne cite que les trois prohibitions et omet la conclusion, « On «»connaît généralement, dit M. Coppieters, qu'Aristide [ApoL, xv, 4-5), îbéophil^ (Ad Autolyc, ii, 34), les pseudo-Clémentines (HomiL^vu, 48) ne dépendent pas du décret des Apôtres dans sa rédaction occidentale. 1 n'est pas nécessaire d'établir à nouveau le bien-fondé de cette opinion.
A — M. Resch estime qu'il y avait lieu d'omettre ici la règle de chaîné «en conséquence, il compte en faveur de la rédaction occidentale tous 1(S témoins qui ont seulement trois défenses: idolothytes, sang, impunîié. M. Coppieters est d'un sentiment opposé, il n'admet pas qu'il y eût motif d'abréger le décret déjà rapporté deux fois sous sa forme intégrale. [largue de la nécessité de cette intégrité pour la détermination du texte pmitif.
m. Décret î^ avec les trois prohibitions sans la règle de charité, ou 2^ avec jis quatre prohibitions et la règle de chanté.
l^a) Act-, XV, 19-20, texte ci-dessus.
^)Act, XV, 28-29, » »
c)Act., XXI, 25, » »
Apparatus: a] — ms. latin Gigas,
h]— Texte dans aucun ms. ; attestations patristiques : Tertullien, De ftdicida, c. xii, P. /.., t. II, col. 1054-1055 : a sacrificiis et a fornicationi- ^net sanguine 'y Pacien de Barcelone, Parœnesis^ c, iv-v^ P. Z., t. xiii, eol. 1083-1084 ; S. Augustin, Contra Faustum, 1. xxxit, c. xîii, P. i.,
xui, col, 504; S. Jérôme, In epist, ad Galat.y v, 2, P, X., t. xxvi, «ol. 422; Ambrosiaster, In epist. ad GaL^ ii, 2, P. X., t xvii, col. 346; Wgence de Ruspe, Pro fide cathohca liber unus, P. X., t. lxv, col. 716, siitle même ordre que Tertullien ; Eucher, Appendix, Comment, in Gene-^ %^i IX, 1, P. X., t. L, col. 933. Tous ces auteurs ne lisaient que trois KoMbitions et ne connaissaient pas la défense des viandes étouffées foiQme faisant partie du décret. Un ms. de la version sahidique porte les •"Ws prohibitions sans la règle de charité.
1"^ Texte dans Codex Bezœ (D) et version latine d, version latine ^^fgasj Ps, -Augustin, Spéculum ^ S. Augustin, Epist, ad Hierony- ''"'«'^.X., t. XXXIII, col. 279.
^*<*) Act., XV, 19-20, texte ci-dessus.
Hct., XV, 28-29, » »
c) Act., XXI, 25, texte ci-dessus
Apparatus : a) — Onze cursifs grecs ayant la règle de charité ♦ vpf ' sahidique et éthiopienne ; ms. Athos {Lawra, i84, B^ 6k) indique a 'î? * sèbe dans son ouvrage contre Porphyre lisait le texte avec la rèo-l chante.
h) — Dix cursifs grecs; versions éthiopienne, sahidique, héracléen une dizaine de ms. cursifs latins. '
c) — Aucun témoin ne lit la règle de charité au dernier passage.
L'appareil d'érudition que nous venons de déployer n'a pas pour b de compliquer le problème dont nous poursuivons la solution. Cet at)D reil, qu a la suite de M. Resch nous eussions pu développer beaucouD n'a d'autre but que d'éliminer toute espèce d'incertitude concernant l'eut du texte.
Tout d'abord, réduisons à sa juste valeur la famille textuelle ranete sous le paragraphe 3. Cette valeur est médiocre parce que les textes on été corrompus. En outre, ils sont tardifs. Le décret à quatre prohibitiois plus la règle de charité n'a pas de témoin certain avant le m* ou iv' siècle, Le décret à trois prohibitions (EiSwXoevx«, aïpia, TtopveaQ est entouré d'attestations insuffisantes pour le passage principal. L'unique citation de Tertullien ne peut contrebalancer cette insuffisance.
Les familles textuelles rangées sous les paragraphes 1 et 2 se présentent dans des conditions très différentes. D'abord leurs attestations remontent au milieu du ii*^ siècle. Malheureusement ces attestations re nous apprennent pas laquelle des deux familles peut se réclamer du texie primitif. Ici la place principale appartient aux critères internes : harmcnie de telle rédaction avec le contexte, opposition de l'autre; vraisemblance d'originalité en faveur de telle rédaction et non en faveur de l'autre... Avant de recourir à ces arguments où l'arbitraire risque toujours de se glisser pour une large part, M. Goppiefers croit nécessaire de s'assurer préalablement du sens précis du décret dans ses deux rédactions anciennes : l'occidentale et l'orientale.
Le sens véritable du décret dans sa rédaction occidentale ne contient pas de difficulté en ce qui concerne la première et la troisième stipulation. Toute l'obscurité se concentre sur la deuxième stipulation laquelle contient les trois prohibitions : idolothytes, sang, fornication, et principale" ment sur la prohibition du sang. On pourrait espérer éclaircir la question en dégageant le sens que les auteurs ecclésiastiques attachaient aux deu premières prohibitions ; il n'en est rien. Les interprétations varient. J>"0 avons d'un côté Tertullien, Pacien et un groupe d'Africains au temps saint Augustin, peut-être saint Cyprien ; de l'autre saint Augustin, sa Jérôme, TAmbrosiaster : la balance ne fléchit pas sensiblement dun c • II faudra donc déterminer le sens des prohititions uniquement dapre Règles de la philologie.
LE CONCILE APOSTOLIQUE DE JÉnUSALEM 1065
Jja première prohibition interdit aux païens convertis l'usage des vianigg immolées aux idoles. La manducalion de ces viandes pouvait suivre . jjjédiatement le sacrifice et en ce cas elle constituait une sorte de communion; ou bien cette rnanducation se faisait à domicile et n'avait plus aucun rapport avec le sacrifice païen et le repas sacré ^. Pour décider le sens vrai de la prohibition il faudra le demander au contexte. Si celui-ci vise des prescriptions morales fondamentales, il s'agira d'une interdiction des repas sacrés païens ; si, au contraire, ce contexte nous révèle la préoccupation des observances mosaïques, il sera question d'interdiction absolue de la viande immolée aux idoles soit dans les repas sacrés soit à domicile. C'est donc l'ensemble des prescriptions qui nous donnera le sens de celle qui ouvre le décret.
La deuxième prohibition raTtexs'^öai tq\> alVaxoç, porte-t-elle interdiction de verser le sang, ou abstention de goûter le sang ? Les érudits contemporains ne sont pas d'accord. Tandis que MM. Hilgenfeld, Harnack, Resch etSeeberg tiennent pour la première explication, MM. Blass et Coppieters favorisent la seconde. Mais ce dernier se ravise et finit par conclure que « dans la rédaction occidentale du décret la prohibition du sang vise l'homicide ».
En conséquence la première prohibition devra s'entendre de l'interdiction des repas sacrés païens, et la troisième prohibition concernant la iropvsca aura son sens naturel et signifiera l'interdiction de la fornication ou de tout autre péché d'impureté. La règle de charité clôture dignement ce catéchisme moral que M. Resch appelle justement « le plus court résumé systématique de la morale chrétienne » 2.
« Les quatre prohibitions du décret dans sa rédaction orientale doivent avoir un tout autre sens. Impossible de faire de ce décret un résumé de morale, un catéchisme. Jusqu'en ces derniers temps on était d'accord sur le sens général tout au moins de ces quatre prohibitions : elles visaient certaines pratiques delà Loi imposées aux païens convertis, en vue Mécontenter les judéo-chrétiens, fidèles observateurs de la Loi. Mais cette signification générale a été contestée 3. » Les objections soulevées sont, à nos yeux, plus spécieuses que solides ^ et nous continuons à voir dans le décret Tobligation faite aux païens convertis de se conformer à certaines observances particulièrement chères au judaïsme. Cette inter-
!• S.iint Paul, I Cor., x, fait lui-même celte distinction capitale.
2. Rcbcli, Das Aposteldekrety in-8, Leipzig, 1905, p. 52 : Das hin zeste syste- "^^Usche Compendium der christlichen Ethik,