‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 287 sur 403 · J. Daillé, op. cit., p · texte numérisé non relu

J. Daillé, op. cit., p

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LE CONCILE Al*OSTOLIQUK d'aNTIOCHE 1073

■I outient que Tappellation de « Galiléens » ne fut appliquée pour la pre- ' M -g fois aux chrétiens que sous l'empereur Julien *, et encore quand il

roche à Terres rallération des passages de TKcrilure sans se douter

les citations qu'il attaque sont précisément les indices de Tauthentici-

»jgg canons '^. J, Daillé ne fut pas seul à mettre en doute la loyauté de

nt près. « Le P. Alexandre ne craint pas de démentir Turrien et de dire

il ne mérite pas qu'on l'en croie, Kt véritablement, continue Tillemont, lest un peu étrange que Turrien ayant trouvé dans le livre d'un martyr des Canons des Apostres, se soit contenté de les donner en abrégé, hors celai que Grégoire avait cité. Ce qu*on peut dire de plus favorable pour u c'est qu'il s'est défié luy-mesme delà foy de son manuscrit, et ne Ta flsé reproduire. Mais il eust mieux fait de marquer au moins son doute 3. » j Daillé avait supprimé dans le texte de la lettre du pape Innocent les mots apud se. Tille mont proposa de changer apud se en pro se ^. Les ma- Bttscrits consultés par dom Constant n'autorisent ni Tune ni l'autre de ces altérations ^. Le P. Hardouin mentionna le concile d'Antioche en tête

1, J, Daillé, op, cit,, p. 713-714. Ce nom de « galiléens », fait observer M. F. Uau,a été le premier que les chrétiens aient porté ;cf. Marc, xiv, 70 ; Lue, xxii, }9; Jean,vn,52 ; Act., i, 11 ; ii, 7. Ou y renonça pour lui substituer le nom de ichréliens ». Act., xi, 26. Le nom de « galiléens > était mal porté à Jérusalem, on lai attachait un sens analogue à celui que nous donnons avec un léger dédiioau nom de « provinciaux ». 11 fut bientôt tout à fait discrédité lorsqu'il désigna une secte hérétique, cf. S. Justin, Dial. cum T/jphone, c. lxxx, P, 6\, t.vi, col. 664. Dom Ceillier, toujours bienveillant et poli, évite de rappeler les doutes de Daillé sur la réalité du ms., mais il dit : « Il [celui qui a suppotéce concile] s'est visiblement trompé dans le choix des matières et dans les termes, » Là-dessus il reprend Tobjection de Daillé, à savoir que « le nom de Jïliléen, pour désigner les premiers fidèles, ne parait nulle part dans les Actes iï& Apôtres ï». Hist, gêné r. des auteurs ecclésiastiques^ in-4, Paris, 17îi2, t. m, p.585;2eédit., 1865, t. ii, p. 535.

2. J. Daillé, 0/?. ciV., p. 720, Torrès avait cité ces paroles de l'Écriture: ^»Äg sont rassasiés de porc (ueiwv) au lieu de : Ils se sont rassasiés de fils ptov). Or la leçon donnée par Torrès se trouve en grec dans les mss. Vati^ ^'^^ti Sinaiticus, tous deux du iv« siècle ; cette leçon est dont conforme au leite grec antérieur aux travaux scripturaires d'Origène; en outre, elle se trou\e ^'Uin, dans les anciens psautiers, chez saint Augustin, saint Paulin^ C:issio* ^'^j dans les bréviaires mozarabe et milanais (V). Torrès s*en expliquait ■^si: Hos ego canones concise et in epitome, quasi indices quosdant, gratin

^'^mis describam.

• Tillemont, Mémoires pour sentir à Vhist. ecclésiast.y in- 4, Paris, 1701, ') p. 524-525, note xxxiv : c Qu'on ne trouve point de concile des apôtres à öliocbe. )!> Cf. Noël Alexandre, Hist. eccles., saec. i, dissert. XVIII-XIX, in- ■^'»Uccae, 1749, p. 198-212.

•Tillemont, op. cit., p. 525.

•".Constant, Epist. romanor. pontif., col. 851^.

de sa collection, à Tannée 57, par une notice qui contîentpresque auiamil" exactitudes que de lignes 'l. Fabricius reproduisit l'analyse latine de T rès et transcrivit le texte grec du titre et du canon 5*. Il donna les n des auteurs qui ont traité la question ainsi que les témoignages de G i goire de Pessinonte et d'Innocent l*** ^,

En 1810, il découvrit parmi les manuscrits grecs de la bibliothèque d Munich le texte des neuf canons d'Antioche dont il donna une analyses En 1843, J. W. Bickell, les publia intégralement d'après le manuscrit fl Munich ^ dont P. de Lagarde fit une nouvelle collation avant de publier une nouvelle édition des canons 5,

Pitra se prit d'enthousiasme pour ces canons qu'il avait d'abord avoue* t-il, jugés moins favorablement. Atro Jam calcula muniebar, quum korum canonum çidi contemptores il a pesstmis snffragari argumentis^ ut ne partibus eorum faverem^ in transi^crsum pêne totus aufugerim 6. Pitra put découvrir cinq copies manuscrites des canons dont quatre manuscrits grecs répartis, entre les xi*, xiii« et xiv* siècles et une ancienne version latine ayant pour auteur Achille Statins (1524-1531). Voici l'énumération de ces manuscrits :

Rome, BibL Vallicellane, F. 10, fol. 24-26 (xi« siècle).

» » » F. 86 y fol. 162-163 (vers. lat. faite sur PAO).

Florence, Bibl. Laurentienne, '^ Plut, A", cod, i, fol. 3 (xiii* siècle). Paris, Bibl. nationale Coislin, 8 2ii fol. 278Xxi* siècle), Munich, Bibl. royale 380 (xvi* siècle).

Après une longue période d'indifférence ^, les canons du concile aposto-

1. Hardouin, op. cit y 1714, t. i, /nrf., ; cf. Pitra, Juris eccles, Grxc. kisU et monum., t. i, p» 90, note 3.

2. Fabricius, Bibliotk. grxca^ 1722, t. vu, p. 23-24 ; édit. Harlès, t. m, p. 153-155.

3. Ign. Hardi, Electoralis bihliotkecx Monacensis Codices grssci manuscnpU recensai et notis illustrativ dans J. Ch. von Aretin, Beitrage zur Geschichte und Literatur^ in-8, Müncheu, 1803-1807, p, viii, p. 151-203 : Catalogué codicum mss, grsecorum Bibliothecae regise Bavaricse^ in-4, Monachii, 1806, 1812, t. "> p. 137-138.

4. J. W. Bickell, Geschichte der Kirchenrechts, in-8, Gicssen, 1843, 1. 1, p. 101-104, texte ; 138-142, commentaire.

5. P. de Lagarde (= Boetticher). Rehquix juris ecclesiastici antiquissitnt, in-8, Leipzig, 1856, p. 18-20.

6. Pitra, Juris eccles. Grxcor. hist. et monum,^ t. i, p. xxxi.

7. Bandini, Catalog. cod. hiblioth, Laurentianx , in-foL, Florenti«, » t. I, p. 468. Ce ms. paraît avoir servi à ïorrès, cependant Harnack, * sion, p. 53, écrit à son sujet: ist meines Wissens unbekannt gehliehen.

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