Matth., VI
^^ Matth., V, 34-37.
^' Sphes.» v, 4. ^' Col, ni, 8.
^^' Act., XV, 29.
^^' Tous les mss. portent en effet, sans aucune séparation, ôeaîciaavT«; xal ^ovaç icg gt^ KXy)|ji6VT0ç 6 («90 pu) V xE9aXata>v, m». Coislin, n. 211 y le texie de» '^^'•es mss. est équivalent.
remarque c'est que le pseudo-roncile d'AntiocIje reproduit presque tuelleraent les prescriptions du concile apostolique de Jérusalem l i^" développe, les fortifie et les complète par des dispositions dirigées / ^ les judaisants sur lesquels il prend la revanche. ^
Les principales parmi ces dispositions sont : l*^ l'interdiction d circoncision; 2" l'admissibilité sans conditions des gentils ; 3° l'abstent* des observances juives ; V l'indistinction entre nourritures pures et ' pures ; 5** l'éloignement des idoles et des pratiques païennes ; 6*^ la co damnation de l'avarice, de la gourmandise, des spectacles, des serment De semblables prescriptions ont une saveur polémique bien marquée ' tel point qu'on éprouve quelque surprise à rencontrer, à la date si reculé qu*exige un concile apostolique à Antioche, un ensemble de revendications si complet. En outre, on est en droit de mettre en doute que, à cette même date, les hostilités entre « Galiléens » etjudaisanis fussent si envenimées. La polémique avec les judaisants a commencé dès la première heure, mais elle a duré fort longtemps en s'aigrissant de plus en plus. Elle bat son plein au ii* siècle et se prolonge même pendant le m* siècle. II est facile d'en recueillir l'écho chez les écrivains de cette période • c'est ce qu'a entrepris M. F. Nau qui montre qu'un bon nombre de textes anciens sont parallèles à nos canons, par exemple 2 :
Canon 2 ; Barnabe, Epist., ix, P, G., t. ii, col, 749-752; S. Justin, DiaL cum Tryphone, xvi, P. G., t. vi, col. 509 ; id.^ xlvii, P, G., t. vi, col. 576; Const. aposi , VI, xii, P. G., t. i, col, 940,
Canon 2, 3, 5 : Didascahe, in-8, Paris, 1902, c. xxiv, p. 135, 136; c. xxiii, p. 130-131, 133; c. xxiw^ passim.
Canon 3 : S. Justin, DiaL cum Tryph,^ cxix-cxxiv, cxxx-cxxxi, P. C, t. VI, col, 752-765, lll-lSi.
Canon 4 : Didascaliey c. xiv, p. 80; c. xxi, p, 112-113 ; ConsL apost.y II, LXii ; V, XI, P. G., t. I, col. 752, 853-856.
Canon 5 ; Barnabe, Epist,, x, P, G., t. ii, col. 752-760 ; S. Justin, jD^a/. cum 7>y/>//., XX, P. G., t. vn, col. 537 ; Const. apost,, VI, xxvu, xxx,?. G. y t. i,coL 980-981, 988-989.
Canon 6 : Didascalie, d ix, p. 59 ; Const. apost,^ II, xxxvi, P. G., 1. 1, col. 688 ; cf. Didascalie, c. i, p. 8 ; Const. apost.y I, i, P, G. y t. i, col. 560; Didachéy III, V, Const. apost,, VII, vi, P, G. y t. i, col. 1004.
Canon 7 : DidascaliCy c, xiv, p. 80 ; c. xxi, p. 113-114 ; Const. apost.y II, LXii ; V, XII, i>. G., t. I, col. 752, 856-857 ; cf, Didachéy III, m, Const. apost., VII, m, P. G., t. i, col. 1001.
Canon 8 : Didachéy III, m, iv; Const. apost.y VII, iv, P. G.f t. h
1, Comparez les canons 1 et 9 avec Act., xi, 21 ; xv, 29.
2. Nous donnons ce relevé des textes parallèles et le relevé suivant con nant Origène d'après M. F. Nau, dans le Diciionn. de théoU eathoi, t- » col. 1620-1621.
LB CONCILE APOSTOLIQUE d'aNTIOCHB 1079
I 1004 ; Didascaliey c. xxi, p. 112-113; Const. apost., V, x, P, G., t. i,
gj^j^'ON 9 : Didascalie, c. xxiv, p. 137-138; i^onst. apost.y VI, xii, P. G., ji, col. 941.
On a vu que le titre de nos canons prétend les réclamer de Tautorité i.Qfîgène, il est donc intéressant de noter les textes parallèles que pré-
entent avec les canons les divers écrits d'Origène.
Canon 1 : Contr. Celsiim.^ VIIl, xxix, Origen. W^er/f€?,in-8, Berlin, 1899, tUi P« 244 ; Pro mart., v, id.y t. i, p. 6 ; Contr. Cels., IV, xxxii, irf.,t. i, p. 303; V, X, id.. t. ii, p. 10.
Canons 2, 4 : Contr, Cels., VI, lxiii, id.^ t. ii, p, 133-134.
Canon 3 : Contr. Cels., II, xxx, xlii, id,, t. i, p. 158, 165«
Canon 5 : Contr. Cels., VIII, xxix ; VI, lxx ; id.^ t. ii, p. 244, 140.
Canon 6 : Contr. Cels., VIII, Lvi, id,, t. ii, p. 273 ; Adamantius^ xviii, Leipzig, 1901, p. 56,
Canon 7 : Pro mart.y VII, id., t. i, p. 8.
Canon 8 ; Contr. Cels.y VII, xxxiii, iV£., t. ii, p. 184.
Canon 9 : Contr, Cels.^ VIII, xxix-xxx, id.^ t. ii, p. 244-245.
Les attestations qui précèdent constituent pour un document ancien un commentaire précieux et semblent inviter à faire remonter la compilation d'Antioche à une époque voisine de la première moitié du m*' siècle. Ce* pendant^ au jugement de M. Paul Lejay, ce elle est postérieure à Eusèbe, en dépit de la mention de Vincipitoh l'on nous renvoie au bienheureux Pamphile et à la bibliothèque d'Origène. En effet, ajoute ce critique, non ïeulement Origène n'a pas le moindre soupçon de ces canons et de ce concile d'Antioche ; mais Eusèbe exclut positivement ce concile. Il rapporte ([ue les Apôtres se réunirent hors de Jérusalem ; cette unique réunion, dont le lieu n'est pas indiqué, eut pour seul but de donner à saint Jacques ttû successeur sur le siège de Jérusalem : ce fut Siméon. Elle n'a rien de commun avec le prétendu concile d'Antioche. Eusèbe ne le connaissait pas îûcore. Or, cette ignorance est accablante pour notre document. Eusèbe, l'ami et l'admirateur de Pamphile, Théritier curieux et éruditde sa biblio- %ue, n aurait pu Tignorer s41 l'avait trouvé dans les papiers légués par '«martyr de Gésarée l, »
Ainsi donc Torrès aurait épuisé la question en étayant le concile apostolique d'Antioche avec une phrase d'Innocent 1*'' et une autre phrase de ^ï'égoire de Pessinonte ; ce seraient là les seules attestations dont le connue pourrait se réclamer. Il nous faut examiner la valeur de ces attesta- •^^ûs et constater leur isolement.
II est incontestable que le pape Innocent V^ a connu un document auî'^^l personne autre que lui en Occident n'a prêté attention. Afin d'expli-
^« P. Lejay, Le concile apostolique d'Antioche^ dans la Revue du Clergé fran- ^*'». 1903, t. XXXVI, p. 346.
quer comment les canons ont pu venir à sa connaissance, on a imaei ' ingénieuse combinaison. La correspondance de saint Basile renf * deux lettres (l et lxxxi) dont le destinataire porte le nom d'Inno * ëvéque d'une grande ville fort éloignée de TOrient ; cette ville est cl ' ' ment désignée danslapremière des deux lettres qui porte cette ins crim* « A Innocent, évêque de Rome. » Ces lettres ne peuvent avoir été écr* au pape Innocent (401-417) par saint Basile mort vingt années avant l'i' vation d'Innocent au pontificat (379). Divers indices permettent de cr * qu'elles ont été écrites en 401 et 402, dans une ville d'Asie, à Constant* nople, par saint Jean Chrysostome. Or celui-ci, se conformant à la dema de à lui adressée par le pape, lui désigne un prêtre vertueux et savant oi' semble réunir toutes les conditions désirables pour succéder le îonr venu, au pape Innocent. Ce prêtre appartient au clergé de Constantinople et l'emporte en mérite sur un de ses collègues que le pape avait désigné. Cette négociation curieuse a paru démontrer péremptoirement qu'Innocent, avant son pontificat, avait habité l'Orient et connu personnellement saint Jean Chrysostome et unepartiede son clergé ^, Cette conjecture se trouve appuyée par la mention d'un personnage du nom d'Innocent dans les lettres de saint Athanase et de saint Basile. Ce saint homme vivait en ascète sur le mont des Oliviers en compagnie de son ami Pallade. C'était une colonne de l'orthodoxie, également estimé par l'évêque d'Alexandrie et Tévêque de Césarée qui nous a gardé, à son sujet, ce détail : Innocent était originaire d'Italie. Ces traits l'approchés de ceux que nous donne le Liber ponnßcalis dans la notice d'Innocent, paraissent ne laisser aucun doute sur l'identité du pape Innocent l^'"* avec l'ascète Innocent. M. Lejay en a jugé ainsi et trouve dans l'identification « une aide singulière pour dissiper les obscurités de nos canons » 5. Le séjour d'Innocent en Orient et ses relations avec Jean Chrysostome, prêtre d'Antioche, expliquent pourquoi il est si bien au fait du concile apostolique d'Antioche ^. Il s'en faut cependant de beaucoup que toute cette combinaison soit solide et même vraisemblable. Le choix fait par un pape de son successeur dans le clergé de Constantinople a lieu de surprendre. On remarquera d'ailleurs que rien, dans les lettres, ne s'oppose à ce qu'elles soient maintenues dans la correspondance de saint Basile *^ qui vécut en Asie et gouverna une Eglise importante et un clergé nombreux. Or saint Basile mourut en 379, il n'a donc pu écrire à un pape du nom d'Innocent, celui-ci étant parvenu au pontinca en 402. En outre, les manuscrits ne sont pas unanimes dans la suscription des deux lettres. Lapremîère, celle qui a trait au choix d'un successeur, e
1. Wittijç, Studien zur Geschichte des Papstes Innocenz /, dans Theologe Quartalschrifty juillet 1902.