C. Butler, op, cit., t. i, p
2. Contra Celsum, L VIII, c. xxix, Orîgenes Werke^ in-8, Leipzig, 1899, *. i^t p. 244 ; />. G. y t. XI, col, 1560.
LE CONClLß APOSTOLIQUE d'aNTIOCHE 1083
^c 7^, 8' et 9*. Le norn d'Origène ainsi justifié, celui de Pamphile peut-il ij^tre aussi ?Nous avons vu le parallélisme qui existe entre les textes des canons et des Pères ou des collecteurs de recueils canoniques des ii' etïii* siècles, tels que la Didascalie et pseudo-Barnabe. 11 y a un premier indice chronologique que confirment la leçon Oefwv du canon 5*, antérieure à la revision d'Origène, et la connaissance par Origène d'un concile apostolique à Antioche. Le document qui offre tous ces traits réunis goit dans son titre soit dans son texte peut donc être antérieur à Origène et avoir fait partie de sa bibliotlièque. Or, un passage d'Eusèbe nous apprend que le martyr Pamphile réunit dans la bibliothèque de Gésarée des ouvrages d'Origène et des auteurs ecclésiastiques *. Dès lors on peut admettre l'exactitude du titre en ce qui concerne Pamphile.
Reste la question du concile d'Antioche que nous trouvons maintenant mentionné dans quatre écrits distincts : Grégoire de Pessinonte, Innocent I*"*, Origène, le titre des canons. Nous avons suffisamment parlé des trois premiers ; quant au titre des canons, titre qu'on a présenté comme une addition tardive et inexacte, nous sommes en mesure de reconnaître qu'il est postérieur aux canons, puisqu'il fait mention de Pamphile en tête d'un recueil extrait de textes plus anciens, mais nous n'avons rien rencontré que d'exact dans ce qui concerne Origène et Pamphile. Reste la mention d'un synode des apôtres à Antioche et de la rédaction de canons synodiques.
On ne peut guère faire état, historiquement, de l'affirmation d'Origène. La réunion qu'il place à Antioche est certainement le concile apostolique tenu à Jérusalem '^ ; il ne nous importe de chercher la raison de l'erreur du très érudit mais un peu hâtif écrivain. La désignation d'Antioche dans le titre des canons ne pourra dès lors être soutenue que par les arguments internes tirés du document. Un canon, le premier, nous offre une indication qu'on pourrait, à la rigueur, utiliser en s'appuyant sur les Actes, XI, 27. C'est la mention qui est faite de la substitution du terme générique de chrétiens à celui de Galiléens, appellation que nous savons avoir pris naissance à Antioche ; mais nous verrons bientôt quelles objections soulève cette appellation de « galiléens ». Quoi qu'il en soit, le canon 9* reproduit les dispositions énoncées dans la lettre adressée par le concile apostolique de Jérusalem à l'Église d'Antioche et le canon 2* porte Tinterdiction de la circoncision qui était, on le sait, la pierre d'achoppement des chrétiens d'Antioche. Ges traits ne sont pas assurément fort décisifs, néanmoins on doit reconnaître leur application incontestable à Antioche et la confirmation qu'ils fournissent à l'indication con- ^*nue dans le titre. M. Harnack veut, pour sa part, que ces canons vien-
1. Eusèbe, Hist, eccles., l. VI, c. xxxii, P, Ö., t. xx, col. 592.