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LE CONCILE APOSTOLIQUE u'aNTIOCHC 1085
nom de galiléens ne fut donné aux chrétiens qu'au iv« siècle *. Dom GeiU lier fît usage du même argument ^ qu'ont repris MM. Harnack et P. Lejay. CeüX-ci voient dans le rejet du nom de galiléen Tindice d'une préoccupation actuelle suivant laquelle «le canon l*"^ de l'apocryphe paraît bien porter avec soi une date, le temps de Julien » ^, Mais tout d'abord on n'apporte aucun commencement de preuve que l'appellation de « galiléens » ait été ^ne invention ni même une innovation de Julien. On peut admettre qu'il en a fait un usage plus ordinaire qu'auparavant, on ne peut rien affirmer Je plus ^. Le nom de « Galiléens », étant d'ailleurs celui d'une petite secte hérétique, se trouvait moins délaissé qu*on semble le croire 5. Un auteur du ni* siècle pouvait, d'après le Nouveau Testament, conclure que les disciples du Christ étaient appelés « galiléens » avant qu'ils n'eussent reçu le nom de « chrétiens » ^. Il lui suffisait de lire, les textes étaient formels. Pendant la Passion, Pierre se trouve dans la cour de la maison du grand-prêtre lorsqu'une servante lui dit : « Vous êtes infailliblement de ces gens-là, car vous êtes galiléen '^. » — Nicodème discute avec les princes des prêtres et les Pharisiens qui voyant sa sympathie pour Jésus s'imaginent qu'il est de ses disciples et lui en donnent l'appellation : « Et vous aussi êtes-vous galiléen ? » lui demandent-ils ®, — Le jour de la Pentecôte, tous les apôtres se mettent à parler et les auditeurs se disent les uns aux autres : « Tous ces hommes qui parlent ne sont-ils pas galiléens ? » ^ Or, parmi les apôtres il se trouvait de purs juifs auxquels leur
1 J. D aillé, De pseudeplgraphis apostolicis libri JH, in -8, Ilarderwick, 1693, p. 713-717.
2. Hist, génér, des auteurs ecclés,^ 2* édit., I. ii, p. 535.
3. P. Lejay, op. ciL, p. 351, et il ajoute en note : a Le nom de Galiléen est tout à fait rare, en dehors de la polémique du temps de Julien (une fois dans Épictète) ; il est donc caractéristique de cette polémique. Voy. Harnack, Die Mission und Ausbreitung^ p. 288, n. 1. » Renan, Les apôtres, 1866, p. 235, note 4, donne comme souvent l'exacte nuance quand il dit après ce nom de Galiléens : « Ce fut Julien qui le mit à la mode y et même le rendit officiel (voir la note suivante), en y attachant une nuance de raillerie et de mépris... Je pense que, dans Épictète, Dissert,, IV, vu, 6, et dans Marc-Aurèle, Pensées, xi, 3) ce nom ne désigne pas les chrétiens, mais qu'il faut l'entendre des « sicail'es » ou zélotes, disciples fanatiques de Juda le Galiléen ou le Gaulonite et de leau de Gischala. »
4. Grégoire de Nazianze, Orat. IV, lxxvii, P. C, t. xxxv, col, 601, nous dit <]ue Julien fit du nom de <c galiléen n l'appellation officielle des chrétiens : *«XiXatoyç âvTt XpicTiavtôv ôvopLàaac xe xal xaXetaOat vojAOÖsTT^ffac.
5. S. Justin, Dial, cum Tryphone^ c. lxxx, P, C, t. vi, col. 664.
6* F. Nau, dans le Dictionn, de tkéol. cath.y t. ii, col. 1623. Cf. Bulletin cri- %öe, ne série, 1904, t. x, p. 436-437.