Jean, vu
Ö. Act., Il, 7.
prononciation correcte ne pouvait attirer cette méprise d'être confond avec des galiléens. L'épithète de « galiléen » ne s'appliquait donc na • cause du jargon mais à cause de l'afTiliation à Jésus de Galilée et il trouve que les canons d'Antîoche sont pleinement d'accord avec le No veau Testament.
Cet accord subsiste-t-il lorsqu'ils nous disent que les apôtres... réun* en synode à Antioche de Syrie décrétèrent que les galiléens seraient nommés d'abord chrétiens ?
D'après M. Lejay la tournure employée par saint Luc... suppose « que les disciples ne se sont pas donné eux-mêmes le nom de chrétiens • ils l'ont reçu des infidèles c'est-à-dire des païens ^ ». Le texte nous paraît un peu moins formel : XP'^I'-'^'^^^^^ '^^ TtpùïTWç Iv ^Avrio^Etot toÙç |ji.a6rjTàç Xpi^ttavoyç 2 Sans doute cette phrase permet de supposer que l'appellation fut donnée par des non-fidèles, mais elle n'interdit pas absolument d'entendre dans ce sens que le rédacteur des canons a adopté. Les fidèles d'Antioche étaient en si grand nombre qu'on prit l'habitude de les désigner par le nom de chrétiens et ce nom fut agréé par les apôtres et solennellement ratifié par eux. Il ne s'agit pas ici de l'historicité du fait, mais de l'idée que s'en faisait le rédacteur d'Antioche ; la voici probablement expliquée ainsi que la manière dont il s'y prit pour accommoder le texte des Actes à sa propre imagination ou aux intérêts qu'il servait :
'Ey^veTO 8è aOToic auva^Örtvat X?'*)' auvoSsycravTs; oyv... èv 'Aviio^sta tïjç
fxaxiaat T£ TupÄTov iv 'Ayxioyda ToùçjJiaÔY]- Suptac âxprijjiàuffav xoyç raXiXafoyç XP'*^ tSc; xpt^^TiavoTjç Act., XI, 26. xiavouç èv T^ptoxotç ôvo[JiaÇeff6ai. Can.l.
Dans quel but a été rédigé notre recueil de canons ? C'est ici le terrain de la conjecture. M. Harnack croit y trouver une collection manuelle à l'usage des missionnaires dont elle résumerait le programme, à savoir : un égal éloignement du paganisme et du judaïsme par la condamnation de l'idolâtrie et de Timmortalité païenne d'une part, par l'abandon des interdictions d'aliments impurs et des observances légales. M. P. Lejay ajoute que le point de vue juif paraissant dominant il ne suflit pas, comme le veut M, Harnack, d'assigner la collection à une époque où la conversion en masse des païens menaçait d'altérer la pureté du christianisme, il faut, selon lui, « chercher un temps et au moins un lieu où les juifs, peut-être les judaïsants, étaient une force encore redoutable 3. » Beaucoup plus simplement M. F. Nau soupçonne que nos canons pourraient « n être qu'une règle de conduite rédigée diaprés les enseignements apostoliques par un chrétien quelconque du ii* siècle pour son usage personnel » ♦