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CONSÉQUENCES IMMEDIATES DU CONCILE DE NICÉE

[447] cependant qu'Athanase était absent pour les affaires de son évêque (îl ne se serait donc pas enfui), et que le clergé et les fidèles d'Alexandrie avaient accepté à Tunaniniité sa désignation par Alexandre. Épiph*ne ajoute que les mélétiens profitant de Tabsence d'Athanase élurent un évêque de leur parti nommé Théonas ; mais ce Théonas mourut trois mois plus tard et avant le retour d'Athanase ; un synode d'orthodoxes déclara Äthan ase évêque légitime d'Alexandrie,

Les ariens ont raconté, de leur côté, qu'après la mort d'Alexandre, les évêques orthodoxes et mélétiens de l'Egypte s'étaient juré de procéder en commun au choix du nouvel évêque; mais sept évêques orthodoxes, infidèles à leur serment, s'étaient réunis et avaient choisi Athanase comme évêque d'Alexandrie ^. Philostorge donne encore une autre version ^. D'après lui, Athanase se serait rendu dans l'église de Saint-Denys pendant la vacance du siège d'Alexandrie avant le choix du successeur ; et là, il se serait fait, à huis clos, sacrer évêque par deux prélats de son parti. Les autres évêques lui avaient aussitôt jeté Tanathème ; mais Athanase, ayant écrit à l'empereur une lettre dans laquelle il assurait faussement que tous les fidèles le demandaient pour évêque, Constantin avait ratifié son élection. Ce récit est aussi peu admissible que plusieurs autres transrais par Philostorge ^ ; comme, par exemple, quand il assure qu'Alexandre d'Alexandrie avait à son lit de mort rétracté Vo\>.ooùaio<;. En ce qui regarde Athanase, tous les bruits que les ariens ont fait courir au sujet de son élection furent déclarés faux

1. Sozomèoe, ffist. eccles., 1. II, c. xvii, P. G., t. lxvii, col. 976. La version de Sozomèae paraît hx plus acceptable de toutes celles qui ont été donaées de cette élection. Tout d'abord, on peut écarter saint Epipliane qui est certainement ddus l'erreur quand il donne Achillas pour successeur à Tévêque Alexandre. Hœres., lxix, n. 11, P, G,, t. xlii, col. 220. Ce qu'il dit de rélectîon d'un certain Théonas, mort au bout de trois mois, ne paraît guère plus assuré, malgré la garantie de E. Fialon, Saint Athanase^ in-8, Paris, 1877, p. 107 sq. Hxres.y lxviii, n. 7, P, G,, t. xlii, col. 195, On entrevoit sans peine la scission entre les orthodoxes d'une part, les ariens unis aux mélétiens d'autre part ; les orthodoxes brusquèrent l'événement, cédant à la pression morale du peuple, c'est ce qui donna lieu dans la suite aux deux versions ariennes d'une ordination clandestine et irrégulière, Soxomiène, loccit.'^ Philostorge, Hist, eccles,, 1. II, c. XI, i>. G., t. Lxv, col. 474. Devant cette opposition, les évêques égyptiens rédigèrent une déclaration formelle, attestant le choix unanime des ûdèles en faveur d'Athanase. S. Athanase, Apologia contra arianos^ n. 6, P. (?., t. xxv, col. 260. (H. L.)

2. Philostorge, Hist. eccJes.y 1. II, c. xr, P. G., t. lxv, col. 474.

3. Philostorge, Hist» eccîes.^ J. II, c. i, P, G,, t. lxv, col. 465.

638 LIVRE m, CHAPITRE I

par un grand concile égyptien, dans lequel les évêques électeurs d*Athanase déclarèrent solennellement qu'ils avaient été eux-mêmes, comme la province ecclésiastique tout entière, témoins de la demande unanime des fidèles; ceux-ci n'avaient pas consenti à sortir de f église avant que l'élection ne fût terminée, et Athanase avait été solennellement ordonné par plusieurs des évêques présents ^. L'avantpropos des lettres pascales d'Athanase indique que l'ordination [448] eut lieu le 14 payni, c est-à-dire le 8 juin 328. Voilà donc le grand adversaire de Thérésie arienne évéque de la ville qui avait vu naître cette hérésie.

A la même époque, un changement notable, et très important pour l'histoire de l'arîanisme, se produisit dans la manière de voir de Constantin. Au lieu de vouloir, comme auparavant, en finir avec l'arianisme, l'empereur se mit à favoriser, sinon la propagation des idées ariennes, du moins ceux qui en étaient les partisans et les principaux représentants. D'après Sozomène ^, cette métamorphose aurait eu pour auteur Constantia, sœur de Constantin et veuve de Licinius. Constantia aurait intercédé auprès de son frère en faveur des ariens, attestant d'après une révélation divine leur innocence et leur orthodoxie, Rufin ^ dit a peu près la même chose que Sozomène. Socrate * ajoute que « Constantia avait un chapelain arien dont il ne

1. S. Athanase» Apologia contra arianos^ n. 6, P, G., t. xxv, col. 260,

2. Sozomène, Hist, eccles , 1. III, c. xix, P. G., t. lxvii, col. 1097.

3. RuBn, HisU eccles , 1. I, c. xi, P, L.^ t. xxi, col. 482-483,

4. Socrate, Hist. eccles, y 1 I, c. xxv, P <?.,t. Lxvn, col. 148. H e fêle simplifie à l'excès une situation historique très complexe quaiid il réduit le changement de la politique impériale à l'influence d'un chapelain, Tjc concile de Nicée en se séparant laissait une opposition irréductible. La presque unanimité des Pères avait signé le symbole et moins de cinq années plus tard tout était remis en question. L'habileté d'Eusèbe de Nicomédie, l'obstination d'Arîus avaient amené ce résultat qui équivalait d'une certaine manière àla remise en question des points fixés en 325. Les agissements de quelques personnages, comme Je chapelain de Constantia, n'avaient fait qu'aider le parti renaissant dans sa reconstitution en lui ménageant les bienveillances «t les protections puissantes à défaut desquelles il risquait d'être écrasé -dès l'instant où il relèverait la tête. La réaction arienne prit immédiatement Taspect d'une coalition et c'est ce qui lui donna ses moyens de résistance et ses chances de succès. Ce qui est remarquable c'est que le parti ainsi reconstitué, tout en s 'acharnant contre l'ofjLooj^Ttoç, se garda néanmoins de reprendre les positions de l'arianisme primitif. Si contesté que fût Je symbole de Nicée, on ne laissa pas d'en tenir compte et c'est ce qui montre à quel point il avait engagé l'avenir La coalition euséhienne profita du revirement qu'elle avait dû contribuer à produire dans les idées de Constantin. Ce revirement pourrait bien avoir été amené par la constatation que

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