‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 304 sur 403 · Epist,y IX · texte numérisé non relu

Epist,y IX

*. Epist,y V, VI, vil, x-xix.

sa vie contre les suspicions qu'avait fait naître ^ sa retraite. Genenrl il maintenait sa ligne de conduite. Au début de Tété de 250, il déclarait pas vouloir rentrer encore '^ sentant que son retour serait l'occasion H' réveil de haine et d'une recrudescence de persécution. Gyprien demeur ' quoique absent, en contact permanent avec son Eglise qu'il administr ' aussi scrupuleusement que lorsqu'il résidait en personne : « j»^. • absent de corps, dit-il, mais ni mon esprit, ni mes actes, ni mes conseil n'ont manqué aux fidèles. Suivant les préceptes du Seigneur j'ai veilla sur mes frères en tout ce que j'ai pu, dans la mesure de mes faibles for ces 3. » La correspondance atteste la vérité de ces paroles *. Pour l'admî nistration de son Église il s'en rapporta, durant les premiers mois de son absence, à l'assemblée des prêtres et des diacres ^, principalement à Rogatianus, son homme de confiance 6. Mais pour des raisons que nous ignorons, les ordres de l'évêque l'estaient lettre morte ; il s'en aperçut et confia dès lors le gouvernement de l'Eglise de Carthage à une commission spéciale composée de deux évêques, Calédonius et Herculanus, et de deux prêtres, Rogatianus et Numidicus '^^ et il se servit d'eux désormais pour transmettre ses instructions ou ses ordres ^. La situation intérieure de l'Eglise de Carthage était particulièrement inquiétante ; une crise très grave venait de s'y ouvrir inopinément. On était mis brusquement en présence de ce fait inouï que la plus grande partie des fidèles, coupable d'un péché « irrrcmisible », était maintenant hors de l'Eglise^ et un second fait se produisit concurremment qui fut que les martyres ouconfessores (deux mots alors synonymes), usant d'une prérogative dont on constate l'existence à Lyon avec saint Irénée, à Rome avec Gallixle, à Césarée avec Origène, à Garlhage avec Tertullien, les confesseurs de la foi prirent sur eux de remettre en masse leur apostasie aux lapsi. Ceux-ci avaient bien vite regretté leur faute et une partie d'entre eux sollicitait avec instance sa réintégration. La discipline s'opposait à ce quun péché si grave fût remis avec tant de précipitation ; en outre, les circonstances qu'on traversait, la dispersion du clergé, la difficulté des assemblées rendaient une satisfaction presque impossible. Mais il se trouvait dans les Eglises des esprits impatients qui prirent ouvertement parti pour les /a/?si repentants. Bientôt on compta presque partout deux factions; celle

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