‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 305 sur 403 · Epist.y XLi, 2; xlh · texte numérisé non relu

Epist.y XLi, 2; xlh

9. BatifFol, Études d'kist, et de théoL positive^ 1904, p. 112.

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CHRONOLOGIE DES CONCILKS DE GARTHAGE 1097

jes iiidulgeats, prêts à toutes les concessions en vue de réintégrer les jjpostatsau plus vite ; celle des puritains qui se refusait systématiquement atout pardon; entre les deux, les politiques qui ajournaient la décision jßais imposaient, en attendant, une sévère pénitence. Les lapsi constatant ce dissentiment en abusaient et, forts de leur multitude, voulaient traiter Je puissance à puissance ; ils se refusaient à toute pénitence, réclamaient le pardon sans conditions ^. Cela se passait en pleine persécution.

Généralement repoussés par les évêques, les lapsi s'adressaient, comme nous l'avons dit, aux confesseurs de la foi 2. Saint Irénée et saint Cyprien accordaient aux confesseurs un certain pouvoir pénitentiel, simple pouvoir d'intercession par la prière auprès de Dieu, intervention dont l'efficacité dépend des mérites des confesseurs. Cette notion était alors mal définie et mal connue, principalement des fidèles, très disposés à grandir démesurément le rôle et l'autorité de ceux qu'ils voyaient agoniser dans les prisons pour le nom du Christ. Rebutés par leurs évêques, les /ajos/ se portèrent en foule vers l'issue qui s'offrait à eux, ils commencèrent à circonvenir les confesseurs pour obtenir d'eux la réintégration dansTÉglise. Parmi ces confesseurs se trouvaient des héros, des saints, ce qui ne les empêchait pas de demeurer grossiers et stupides, comme ils en donnèrent la preuve. Plusieurs avaient confessé la foi et vaincu les tourments par fanfaronnade et obstination plutôt que par l'effet d'une sainteté et d'une charité véritables. « La considération universelle dont jouissaient les martyrs, les honneurs qu'on leur rendait après leur mort, la vénération extrême, la sollicitude, les soins matériels, dont on entourait les confesseurs emprisonnés, tout cela était fait pour tourner des têtes peu solides. Ces braves gens avaient une tendance à se croire fort au-dessus des autres chrétiens, h se considérer comme de grandes autorités religieuses, h. se poser au besoin en rivaux des chefs spirituels régulièrement institués 3. » Les confesseurs accueillirent donc toutes les requêtes avec empressement et se laissèrent prendre misérablement aux flatteries et aux suggestions de Torgueil ; ils délivrèrent sans contrôle des billets d'indulgence, libelli, qui impliquaient un pardon complet, sans condition. Saint Cyprien s'avance jusqu'à dire qu'il y eut des jours où les confesseurs distribuèrent plusieurs millions de billets *. Non seulelöeniil les accordaient sans examen, mais ils pardonnaient en bloc. Loin de formuler un vœu, ils imposaient un ordre. Ils écrivaient: « Un tel est réconcilié avec tous les siens s. » Le principal distributeur d'indulgences «tait un certain Lucianus, emprisonné à Carthage avec le martyr Paulus,

1' De lapsis^ 30 ; Epist,^ xv, 3 ; xvi, 1.

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