Epist,^ XXV- XXVI
nion '*. Une aide d'autant plus précieuse qu elle était moins attendue fut cell que l'Eglise de Rome, revenue à une appréciation équitable de la situatio prêta à l'évéque de Garthage 2. Ce fut ainsi que l'épiscopat africain et l' clergé romain purent combiner une action commune et décider pour l'an née suivante la convocation d'un concile à Garthage.
Année 251. — Une accalmie dans la persécution s'était produite peu« dant les derniers mois de l'année 250 ; néanmoins la situation demeurait menaçante et, au commencement de l'année 251, l'évéque de Garthage écrivait à ses fidèles : a Ce qui augmente mon chagrin et me cause une douleur plus grande, c'est que malgré cette inquiétude et cette nécessité je ne puis me rendre en personne auprès de vous. En raison des menaces et des embûches des perfides, nous voulons éviter que notre arrivée n'excite là-bas un plus grand tumulte. L'évéque, qui doit en toutes choses veiller sur la paix et la tranquillité, ne doit pas risquer de paraître avoir lui-même fourni matière au désordre et déchaîné de nouveau la persécution 3. » L^ persécution cessa complètement au printemps de cette année, peu de mois avant la mort de Dèce. Aussitôt l'Eglise de Rome, profitant de l'accalmie, donna un successeur à Fabien, elle élut le pape Corneille (mars 251), et l'évéque de Garthage, dans une lettre adressée à son peuple, annonça qu'il comptait rentrer dans la ville « avant le jour de Pâques » 4, mais il ne revint que quelques jours après la fête ^. Son premier soin allait être de rassembler le concile dont il avait promis la convocation aussitôt après son retour.
Un peu avant Pâques, Gyprien, du lieu de son exil, avait excommunié Félicissimus 6, laïque riche et influent qui soutenait la faction hostile à l'évéque, faction dirigée par les cinq prêtres dont nous avons parlé à propos de l'élection de Cyprîen à l'épiscopat '^. Félicissimus n'avait été qu'un instrument d'opposition entre les mains deNovatus 8, triste personnage qui s'embarqua pour l'Italie dès le début de l'année 251, laissant la direction du parti des mécontents à Félicissimus qui accumula les maladresses de toute sorte et fit tant qu'il attira sur lui et les siens l'excommunication 9. Sur ces entrefaites, après une absence de quinze ou