‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 32 sur 403 · BAPTÊME BT MORT DB CONSTANTIN · texte numérisé non relu

BAPTÊME BT MORT DB CONSTANTIN

die et peu après aux sources chaudes de Drépanum, qu'il avait appelé Hélénopolis en l'honneur de sa mère. Ce fut dans cette ville que Constantin reçut, comme catéchumène, Fimposition des mains. D 'Hélénopolis, Constantin se fit transporter dans la villa d^Ancyrona, située dans un faubourg de Nicomédie, et il y convoqua un certain nombre d'évêques pour assister à la cérémonie de son baptême. Jusqu'alors Constantin, suivant l'usage ou plutôt l'abus de son époque, avait différé de le recevoir : il avait donné pour raison de ces délais, qu'il désirait le recevoir dans le Jourdain ^. Les évêques firent les diverses cérémonies, et Constantin reçut le sacrement avec une piété très vive ; il ne revêtit plus la pourpre à partir de ce moment, [481] et se prépara à la mort. Saint Jérôme dit dans sa Chronique qu'Eusèbe de Nicomédie lui donna le baptême, et cette assertion paraît fondée, car Constantin se trouvant dans le diocèse d'Eusèbe, il était convenable que celui-ci administrât le sacrement. Mais la réflexion que saint Jérôme fait à ce propos, à savoir que Constantin prouva par là qu'il partageait les idées des ariens, est insoutenable. Depuis son retour de l'exil, les sentiments ariens d'Eusèbe étaient ignorés de Constantin qui s'en tenait à la profession de foi orthodoxe de l'évêque en qui il voyait l'artisan de la paix dans l' Église 2. L'exil d'Athanase et la réintégration d'Arius à la communion ecclésiastique ne prouvent pas que Constantin ait eu des sentiments hétérodoxes ^. Constantin demanda toujours à Arius et à ses amis

1. Eusèbe, J)e vita Constantini^ L IV, c. lvii, P, G.^ t. xx, coL 1216.

2. Excuser Constantin à ce prix c'est plaider l'irresponsabilité. Il paraît vraisemblable que le premier empereur chrétien n'a jamais été vraiment chrétien, ce qui, d'ailleurs, l'intéressait peut-être assez peu. Après avoir retardé le plus possible ce baptême qui lui eut imposé des obligations dont il entendait bien s'exonérer, il se résignait à le recevoir à l'heure où il sentait que tout allait finir pour lui. Chrétien^ in extremis ^ il fut chrétien de foi arienne c'est-à-dire incorporé officiellement à la secte que l'Eglise chrétienne combattait avec l'énergie qu'on apporte à repousser loin de soi un germe de mort. La formule baptismale employée par Eusèbe était-elle valide ? Nous ignorons cette formule. Sur cette question nous renvoyons à la dissertation du Dictionn. d'archéol. chrét, et de liturgia^ t. I, col 2818, relativement à ia rebaptisation des ariens reçus dans l'Église catholique. Il faut tenir compte des doxologies hérétiques qui laissent pressentir une formule baptismale plus ou moins parallèle. (H. L.)

3. X. Le Bachelet, dans le Dictionn, de théologie catholique^ 1903, t. i, col. 1807, estime que « rien n'autorise à dire que Constantin abandonna la foi de Nicée; tant qu'il vécut, personne n'osa l'attaquer en face, et quand il bannit saint Athanase et d'autres évêques, ce ne fut pas pour avoir soutenu cette foi, mais parce qu'il crut voir en eux des obstacles ^ sa politique de paix religieuse,

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une profession de foi orthodoxe, conforme à celle de Nicée, à la-

ou parce qu'on les lui représenta comme coupables à divers titres », Conslantin ne pouvait abandonner la foi de Nicée parce qu'elle constituait à ses yeux une mesure de police d'une importance capitale pour le maintien de la paix religieuse; quant à accorder à cette foi l'assentimentde sa conscience, onne s'aperçoit pas qu'il y ait jamais songé. Il était persuadé, ou faisait semblant de l'être, qu'il était chrétien autant qu'homme au monde, a Vous ne nierez point, écrivait-il en 335 aux e^êques assemblés à Tyr, que je sois un fidèle serviteur de Dieu > et la preuve qu'il en donne est colle que tous les païens comprenaient et concevaient : « puisque c'est grâce au cuite que je lui rends que la paix règne sur la terre. :i Or le culte que rendait Constantin non baptisé consistait à quitter l'église au moment de la célébration de la liturgie, La bibliographie relative à Constantin est considérable, nous n'avons à rappeler ici que ce qui concerne son clirîstianisme et sa politique religieuse. Deux travaux récents et inégalement intéressant:» relatifs à la vision dite du labarum ont paru dans la Revue du clergé français ^ Canet, Le Labarum, 1898, t. xiii, p. 1-22, et J. Turmel, La vision de Constantin^ 1906, t. xlviii, p. 518-526 ; cette dernière dissertation est de tous points remarquable, tandis qu'il n'y a ^uère à prendre dans F. G. Ail a ri a, Dell' apparizione délia croce all' imper a tore CostantinOj in- 8, Alba, 1887 ; J. Ch, Wolf, Disputatio de visione ciucis Consiantino Magna in cselo ohlatss, in- 4, Witteburgi, 1706 ; G. Toderini, La Costantiniana apparizione délia croce difesa contra G. A, Fahricio, in- 4, Veneria, 1773 ; J. J. Weidener, Dissertatio de Constantino Magno signo ctucis Christi in nuhihus visa ad chriS' liants mu m inaugurata, in -4, Rostocliiî, 1703 ; N. Baring, Dissertât, epistolica de crucis signo a Constantino Magno conspecto, in-8, Hannover«, 1645; J. F. Borchniann, Dissertatio historico-criiica de labaro Constantini Magni^ in-4, Hafniae, 1700 ; J.-B. du Voisin, Dissertation critique sur la vision de Constantin, în-12, Paris, 1774, T, M. Mamachi, De Cruce Constantino visa et de evangelica chrono taxi, in-4, Floren tiae, 1738 ; D G. Moller, Dissert, de labaro ConstantinianOt in-4, Altori'. 1696 ; M. Jacuz,io, S^ntagma quo ad parentis magno Constantino crucis histona coniplexa est universa, in-4,Romae, 1755; Cl.- X. GirauU, Dissertât, hist. et critique sur le heu où la croix miraculeuse f^pparut à Constantin et à son armée^ dans le Magasin encyclopédique y 1810 ; L. de Saint- Victor, Apparition de la croix à V empereur Constantin , dans Analecta juris pontificiy 1873, t. mi, p. 389-401 ; enfin il faut faite une place à part à la curieuse dissertation de J. A. Fabricius, Dissenatio de cruce Constantini Magni, qua prohatur eani fuisse phœnomenon in h a Ion e sola ri quo Dens usus sit ad Constantini Magni an im um promovendum^ in-4, Hamburgi, 1706 Kn ce qui concerne la lèpre de Const.intiu, il suffit d'indiquer F ïh. Wilhof y Dissertatio hibtorica de fie ta Constantini Magni lepra, in-4, Lingen, 1767 ; A. II ou tin La controverse de l'apostohciié des Églises de France au XÏX^ siècle^ in-8, Paris, 1901, p. 33. Le baptême de Constantin a fait l'objet d'un nombre considérable de dissertations et de divagations: J. Busseus, Disputatio theologica de baptismo Constantini Magni, in-4, Moguntiae, 1589; J. Castelli, Intorno al battesimo di Costantmo imper. ^ dissertaz.^ dans La Scienza e la fede, Napoli, 1870. t, XI, p. 201-219 ; R. Polus, De baptismo C, M. imper,, ia-4, Romae, 1562 ; in-8, Dilingae, 1562 ; in-4, Venetiisj 1563 ; in-fol., Lovanii, 1567 ; E, Dalhus,

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