Sentent, episc.y proœm
2, P. Monceaux, op. cit,, t. ii, p. 61 î « Chaque votant est désigné régulièrement pur «on nom propre et par le nom de l'évéché qu'il représente ; Tidenlifiçation eçt facile, sauf pour une vingtaine de localités dout remplacement est encore indéterminé ou l.i désignation incertaine. Dans Ja succession des votes, on ne constate point d'ordre systématique. Certains indices pourraient laire supposer d'abord, comme on l'a souvent répété, que les évêques expriment leur suffrage d'après une sorte de hiérarchie fondée sur Vâge ou l*ancieuneté de la consécratioii épiscopale. Ainsi les trois premiers opinants, Caèciliub de Biliha, Primus de Misgirpa, Poiycarpus d'Hadrumète^ sont aussi,
près Cyprien, les trois premiers signataires de la lettre synodale de 254. lais c'est là une simple rencontre, due peut-être à l'autorité personnelle dont Ouïssaient ces trois é\êques. En efïet, la comparaison méthodique des listes elatives aux divers conciles montre que, le plus souvent, les noms communs plusieurs documents ne se suivent pas dans le même ordre. Donc, l'on ne cenait compte, dans ces assemblées de Carthage, ni de l'ancieunelé, ni de l'âge ni même du pays d'origine ; les évêques numides étaient mêlés aux évêques de la Proconsulaire. Il «*y avait ni classement, ni hiérarchie, ni préséance, sauf pour Tévêque de Carthage. C'était sans doute l'ordre des places choisies pour la séance qui décidait de Tordre des suffrages. »^
d'opiner avec tel ou tel membfe de rassemblée ^, de sorte que, rapppQ. chés de ceux qui expriment leur avis en quelques mots, il ne reste qu'm, nombre restreint de votes motivés. Parmi ceux-ci nous rencontrons par. fois un morceau de quelques phrases. Plusieurs évêques tiennent à expli« quer leur façon de penser et semblent prêts à entamer un discours • iU ont l'esprit et la mémoire ornés de citations de l'Ecriture qu'ils ne deinandent qu'à faire admirer à leurs collègues. Parmi ces orateurs prêts à s'épancher nous nommerons : Gaecilius de Biltha 2, Félix d'Uthina 3, Yenanlius de Thinisa ^, Saturninus de Tucca s, Némésianus de Tubunge 6 Lucius de Castra Galbae "7, Grescens de Girta ^. En général, les évêques numides paraissent moins loquaces.
Tous n'abordent pas la question par le même côté, ne l'envisagent pas sous le même point de vue, mais tous, après avoir développé leur façon de considérer le problème, aboutissent à la même conclusion sans réserve quelconque. G 'est l'unanimité dans la plénitude de sa force»
Les Sententiœ episcoporum sont, jusqu'à ce jour, le premier document conciliaire authentique que nous connaissions. Sous sa forme sèche et abrupte, la doctrine capitale qu'il contient n'a pas été méconnue des contemporains et du haut moyen âge qui lui firent le rare honneur d une traduction grecque ^ et, honneur plus exceptionnel, d'une traduction syriaque, faite sur le texte grec, au vu* siècle^^. G 'est que les Sententiœ n'étaient pas, comme tant d'autres documents du passé, une simple pièce d'archives ; c'était plutôt une machine de guerre. Au concile d'Arles, tenu en 314, les donatistes eurent grand soin d'invoquer les Sententlse pour embarrasser les catholiques africains, leurs contradicteurs, maintenant ralliés à la tradition romaine et fort éloignés de la rebaptisation. Les donatistes n'avaient garde de négliger l'appoint que leur valait l'autorité de saint Gyprien et des conciles de Garthage présidés par lui ; aussi revenaient-ils toujours aux Sententiœ^^. Les catholiques africains ne savaient comment