P. de Lagarde, op. cit,^ p. 62 sq
11. S. Augustin, Z>e Äa/?<iÄ/no contra donatiastas^iA, c. xviii ; I. 11^ c» ' *^' i>. Z., t. XL, col. 124, 125 ; Contr. Crescon, donat, 1. II, c. xxxi sq. ; 1. HI, c- ^ sq. ; P. />., t. XL, col. h%^.Epist,y xciii, 10 ; P L,^ t. xxx, coL 340.
CHnONOLOGIE DES CONCILES DE CARTHAGB 1117
(aire, ne voulant pas renier saint G3'prien et ne pouvant pas l'approuver sur ce point ^. Saint Augustin employa toute la subtilité de son esprit dans un traité : Sur le baptême conire les donatlstcs 2, afin de démontrer que les donatistes ne pouvaient tirer avantage de leur accord avec saint Gyprien et ses contemporains, car les catholiques ne s*écartaient pas d'eux mais se rangeaient actuellement àunethèse imposée parles circonstances, n'ayant pas de valeur absolue et ne préjugeant rien contre la doctrine future de l'Église 3. Il entreprenait ensuite l'examen des lettres de saint Gyprien à Jubaianus, à Quintus, aux Numides, à Pompéius * et donnait en deux livres entiers le commentaire des Sentcntise ^.
L'état d'esprit de l'épiscopat africain tel qu'il nous est révélé par les Sentent lie eplscoporum est celui de la résistance passive. Sans mettre en question la nécessité de se conformer en matière doctrinale à l'Eglise principale siégeant à Rome, sans contester la prééminence du pontife assis actuellement sur ce siège, l'épiscopat africain entendait conserver un usage local différent de l'usage romain. Les menaces du pape Etienne n'avaient ébranlé ni désagrégé le corps compact de l'épiscopat africain résolument groupé autour de saint Gyprien. Un désir sincère de concorde subsistait dans les cœurs ^, tellement que saint Gyprien, malmené comme on l'a vu, trouvait dans sa forte volonté le moyen de se dominer et d'adresser à son peuple, frappé dans son respect affectueux pour le grand évêque, le traité intitulé : De bono patientiœ '^,
Le concile des 87 n'était pas pour engager le pape Etienne dans la voie des concessions et on ne sait ce que serait devenue cette situation si elle s'était prolongée. L'irritation était vive et elle se communiquait de proche en proche. Le diacre Rogatianus rapportait de son voyage dans l' Asie- Mineure une lettre de saint Firmilien, évêque de Gésarée, adressée à saint Gyprien, d'une sévérité terrible pour le pape Etienne qu'il apostrophait en ces termes ^ : c< Combien de querelles et de discusions tu as soulevées dans les Eglises du monde entier ! Et quel grand péché tu as commis, quand tu t'es séparé de tant de troupeaux ! G'est toi-même, en effet, que tuas retranché de l'Eglise, ne t'y trompe pas : car celui-là est vraiment schismatique, qui, en s'écartantde la communion de l'unité ecclésiastique, s'est fait apostat. Tu crois que tous peuvent être excommuniés par toi ;
1. S Augustin, De baptismo contra donatistaSy 1. Il, c. i sq.. P, X., t. xu, col. 125; Contra Crescon, donat.y 1. II, c, xxxi sq., P, £., t. xl, col, 489.
2. De baptismo contra donatistas libri VII^ P, Z., t. xliii, col. 107 sq.