Parisiis, 1852, t. i, p
4. Mémoire sur les fragments du premier concile de Nicée conservés dans la version copte, dans les Mémoires de VAcad. des inscript, et belles-lettres y 1853, t. XIX, 2« partie, p. 203-265.
5. Ë. Révillout, Ze concile de Nicée d'après les textes coptes, i'e série de documents: Exposition de foi, Gnomes du samt Concile (papyrus du musée <^e Turin), dans le Journal asiatique, 1873, série VII, t. i, p. 210-288 ; Le con- «lie de Nicée y d'après les textes coptes et les dwerses collections canoniques, 2^ série de documents, suivis d'une dissertation critique sur V œuvre du concile pfomulgateur d'Alexandrie et ses conséquences historiques^ dans le Journal
du document copte et même à lui fixer une date certaine. Les récentes quisitîons de la Bibliothèque nationale y ont amené quelques fragme inconnus du manuscrit de Zoèga, parmi lesquels le feuillet final du vol me avec le colophon. On y lit, de la main du scribe ou de quelque le leur, la dédicace de ce « Canon » au monastère du patriarche Sévère ' Rifeh^ près de Siout, à la date de 393, ère des martyrs, soit l'année 677 après Jésus-Christ. La reconstitution du volume à l'aide de ces diver éléments a été tentée par M. W. E. Crum ; voici les résultats auxquels il est arrivé ^.
P. 1-8 Récit en manière d'introduction au concile de Nicée.
P. 19-26 f 27-30. Les signatures et les Canons. P. 31-46 perdues.
P. 47-64 Exposé doctrinal. — Syntagrna Doctrinae. P. 65-68 perdues 2.
P. 69-84 Lettre de l'archevêque Rufin. Les « Gnomes ». P. 85-100 perdues 3.
P. 101-102 Canons 4-8 du concile d'Ancyre. P. 103-150 perdues *.
P. 151-168 Symbole de Nicée. 9 {sic). Décret du concile d'Éphèsere* latif à rîndépendance de l'Église de Chypre (Labbe, ConcîL, t. iv, col. 1469). — 10 (sic). La wit^tç confessée à Ancyre par Agathonicus évoque de Tarse en Gilicie (l'évêque présent à ce synode était Lupus). Dia* logue entre Agathonicus et Justin le Samaritain relativement à la Résurrection.
P. 169-184 perdues,
P. 185-194 Réponses d'Agathonicus sur certains dubia. Aiatà^etcde Pierre d'Alexandrie.
P. 195-198 perdues.
asiatique, 1875, série VII, t. v, p. 5-77, 209-266, 501-564; t. vi, p. 473-560; tirage à part de ces deux articles avec une couverture portant le millésime 1881, Le papyrus de Turin a été édité par F. Rossi, Papiri coptiy dans Memorie délia reale Accademia délie scienze di TorinOj série II, t. xxxvi, part. 2, 1885, p. 120 sq. (copte) ; p. 170 sq. (trad. italienne). Le papyrus de Turin, à en juger par la reproduction fort imparfaite donnée par Rossi, remonte environ au TU» siècle.
1» W. E, Crum, The Tvwtiai ofthe synod of Nicœa, dans Journal ofiheological Studiesy 1901, t. ii, p. 122. Cf. Lenormant, dans les Mém. de VAcad,x t. XIX, 2© part. p. 222-225.
2* Cette lacune devait contenir la fin du Syntagma.
3. Celte lacune aura contenu la fin des « gnomes » et les canons 1-4 d Ancyre.
4, Fin des canons d'Ancyre et canons de quelques autres conciles proTi"ftiauK.
p. 199-202 Continuation des Aiaxàlet;; AiriYrjf/aT« sur des questions relatives au baptême. Golophon.
L'étude des fragments coptes ne permet aucun doute sur l'origine de ce texte qui est une traduction du grec.
On a vu dans la reconstitution du ms. Borgia que les dix-huit premières pages manquent et la dix-neuvième débute par la fin du symbole de Nicée. A la suite se lisent deux remarques ou gloses dont l'une était déjà connue par les versions latines i. Viennent alors, avec divers ren- I geignements, le catalogue des prélats orientaux présents au concile, répartis par provinces. La liste s'interrompt à la Pamphylie par suite de la mutilation du manuscrit.
Le deuxième fragment s'ouvre au milieu d'une transcription du symbole de Nicée, non plus cité, comme le premier fragment, mais fondu dans une rédaction continue. On y trouve, relativement au Saint-Esprit, l'addition suivante : «Nous croyons au Saint-Esprit, vivificateur qui procès de du Père 2. » On attribue communément cette addition au second con- I eile général, premierde Gonstantinople. Ce symbole, acéphale dans notre deuxième fragment, est heureusement complété par le papyrus de Turin qui présente à peu près la même rédaction pour les parties communes et ajoute ce titre : « Concile de Nicée. Symbole exact qui a été établi par le saint concile. — Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, etc. » Ce symbole n'est pas identique à celui de Nicée, autant que son litre voudrait le faire croire. Il est terminé par une profession de foi également plus développée que celle qui se lit à la suite du symbole dans le premier fragment ^. Les autres fragments contiennent : i^ une longue série d'exhortations morales ;2o trois lettres : une de Paulin d'Antioche, une de saint Épiphane, une d'un certain archevêque Rufin qui n'est pas autrement connu ; 3^ une glose dans laquelle on raconte que les Pères de Nicée étaient au nombre de 318 quand ils étaient assis et de 319 quand ils étaient debout; c'était le Saint-Esprit qui faisait le 319* membre du concile *.
1. Gélase de Cyzique, Hist, concil. Nie, L II, c. xxvi, dans Mansi, op. cit
t. II, col. 880 ; dans HardouiD, Conc* coll., 1. 1, col. 421, donne le texte original.
2. Formule empruntée littéralement à l'Evangile : Jean, xv, 26 . Spiritum ventatis qui a Pâtre procedit ; Jean, vi, 63 : Spiritus est quivivificat
3. Dans le premier fragment, la réfutation de Öabellius n'occupe que quatre lignes et le nom de Photin est simplement transcrit ; dans le deuxième Fragment, la condamnation de Sabellius contient environ huit lignes et l'auteur entame une exposition des erreurs de Photin dont il ne reste que trois lignes. La doctrine de rincarnation est présentée en quelques lignes et le Fragment 8e termine par la condamnation de l'anthropomorphisme.
4. L'aspect légendaire de celte glose ne doit pas constituer une prévention <îontre son antiquité. Le deuxième fragment copte contient une exposition de la ^oi nicéenne qu^il fait suivre de ces mots : c C'est ce concile qui a eu lieu par l'dccord des évêques unis en une seule confession et formant une réunion de
Le ras, Borgia et le papyrus de Turia font suivre les pièces relatives ' Nicée d'un recueil de sentences morales intitulé ; « Sentences du saint concile ; » quoi qu'en dise le titre, le recueil n'a aucun rapport avec 1 concile. En résumé, la collection copte comprend: !<> un recueil contenant le symbole et deux gloses, les signatures épiscopales et les canons disciplinaires ; 2° un autre recueil contenant le symbole retouché, la confeg. sion de foi en forme d'anathèmes, un premier groupe de sentences, trois lettres épiscopales, la glose sur les 319 Pères ; 3** un recueil ne contenant exclusivement que des sentences ou « gnomes y>. Cette troisième partie est entièrement indépendante de ce qui précède ^.
La liste des souscriptions épiscopales appelle quelques observations. Laissant entièrement en dehors la question de critique que fait naître l'étude et la comparaison des listes publiées par MM. Gelzer, Hilgenfeld et Guntz d'une part, et M. G. IL Turner d'autre part, pour nous en tenir à la liste copte, nous adopterons l'opinion de M. Révillout et de Mgr P. Batiffol sur l'origine alexandrine de l'original de la liste des souscriptions de Nicée ^. Cette liste qu'on peut rapporter, jusqu'à la détermina-
plus de trois cent dix^huit cvêques, qui s'étaient rassemblés de toute la terre, > Zoég«, CataloguSy p. 246. L'assertion relative au nombre supérieur à 318 est expliquée dans une note transcrite dans le troisième fragment : « Quant à ce qui a été dit, que les évêques élaient au nombre de plus de trois cent dix-huit, voici ce que des grands du palais ont racooté aux frères quand ceux-ci sont »liés à la Cour. « Nous avons entendu dire qu'au temps du concile, quand tous les év'éques étaient assis sur leurs trônes, en les comptant, on en trouvait trois cent dix-hail. . ; mais quand ils se levaient et se tenaient debout, on en complail alors trois cent dix-neuf, c'est-à-dire un de pins. C'est pourquoi on ne pouvait venir à bout de fixer le chiffre complet, ni de savoir le nom de celui qui venait en plus du premier compte; mais quand on arrivait à lui, il prenait la figure de scm voisin. A la fin, quelques-uns comprirent que c'éiait le Saint-Esprit qui faisait le trois cent dix-neuvième, et qui aidait ainsi les évêques à établir la vérilable foi. C'est pour cela qu'on s*est servi de cette expression jE>/tt5 de trois cent dix-huit. » Zoco^a, o/?. cit., p. 247. Ch. Lenormant, Questions historiques (v^'-ix« siècle), t. m, p. 125, note 2, a utilisé ingénieusement cette léiçende et monlré qu' « elle permet d'établir la tranbition entre les formes de délibération du sénat romain, particulièrement le mode d'acclamation qu'on y employait dans les occasions solennelles, et les usages partaltement semblables des concile«-, dont on suit la trace au moinsjusquà la fin du i\« siècle. C'était debout seulement que les Pères du Concile rendaient leurs décrets. »
1. M, E. Révillout croit devoir détacher également de la collection principal« la glose relative aux 319 Pères; Mgr Duchesne estime que celte séparation c qui ne paraît fondée que sur l'aspect légendaire de la glose »♦ n'est pa suffisamment justifiée. L, Duchesne, dans le Bulletin critique, 1882, t. i, p. 330-385.
2. P. Batiffol, dans la Reme de ikistoire des religions, 1900, p. 248-252.
tion de sa date certaine, à l'année 302 ou dans la période avoisinante, nous apprend qu'une quarantaine d'années après le concile on en était réduit, dans une Église particulière, à restituer un pareil document avec diverses chances d'erreurs et d'anachronismes Une semblable restitution était « en ce qui concerne Tordre des souscriptions, purement mnémotechnique et ne nous donne certainement pas la place que les signatures occupaient dans la liste antique, déjà perdue à cette époque y i. On ne doit donc pas attribuer à cette restitution une valeur qui n'appartiendrait qu'au document officiel et primitif, s'il nous avait été conservé. Il est à supposer que la liste copte que nous possédons a été composée au moyen d'une collation de textes par des notaires qui n'avaient pas les originaux sous les yeux. C'est donc une approximation érudite plutôt qu'une statistique. Gh. Lenormant dépassait notablement les bornes permises de l'hyperbole historique, quand il affirmait que « le témoignage unanime des contemporains, que confirmerait au besoin le document qui nous occupe, atteste qu'il y avait trois cent dix-huit évêques présents ^ à Nicée. Ce témoignage n'est ni unanime ni fourni par des contemporains ^. En réalité, les listes les plus complètes donnent 218 ou 220 noms, chiffres qu'on peut élever, avec quelques renseignements glanés çà et là, à 232 ou 237 et Eusèbe de Césarée parle, en chiffres ronds, de 250 Pères *. Le catalogue pourrait d'ailleurs contenir non seulement les noms des évêques qui ont souscrit au concile, mais les noms des évêques présents. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut appliquer la rencontre, parmi les évêques de Lybie, du nom de Secundus de Ptolémais qui refusa toujours de souscrire au symbole de Nicée ^. D'autre part l'historien Socrate nous apprend que cette liste des Pères nicéens faisait partie de la collection canonique appelée « Synodique de saint Athanase » qui est sensiblement postérieure à la réunion du concile d'Alexandrie de 362 6.
1. E. Révillout, Le concile de Nicée, d'après les textes coptes et les diverses collections canoniques^ 1899, t. ii, p. 300.
2. Mém, de VAcad. des inscript. et OelL-lettr,, t. xix, 2« part, p 208.
3. .Saint Jérôme, saint Hilaire de Poitiers, Rufîii, et les autres appartiennent tous à la première ou à la deuxième génération postérieures à Nicée.
4. Eusèbe, De vita Const,, 1. III, c. ix, P. G., l. xx, col. 1064; le même chiffre chez Eustathe d'Antioche, cité par Théodoret, Jïist eccles., 1. I, c. vn, P. G,t t. Lxxxn, col.
5. Dans les listes grecques et latines Secundus est rangé, comme évêque de Ptoiémais, parmi les prélats égyptiens ; il n'est pas douteux cependant qu'il s'agisse bien ici de Ptolémais dans la Cyrénaïque ; cf. Lenormant, op, cit,j t. xrx, 2e part. p. 261-262, note A.
6. Sur le « Synodique de saint Alhanase », cf. Fr. Geppert, Die Quellen des Kirchenhistorikers So erat es Scholasticus^ in -8, Leipzig, 1898. Mgr BatifFol estime que le m Synodique » n*a aucun rapport avec le concile de 362 et arec s^int Athanase ; il accepte cependant son origine alexandrine.
Il ne paraît donc plus possible aujourd'hui d'attribuer au concile de 362 la composition du « Synodique », mais rien ne s'oppose absolument à ce que le Synodique ait intercalé parmi les documents qui le composaient une liste in extenso des Pères présents à Nicée. Le but de cette liste est clairement exposé dans une glose qu'on possède en termes presque identiques dans les textes grec, copte et latin ^. En voici la traduction d'après le texte latin 2 : « Telle est la foi que les Pères ont exposée : d*abord contre Arius, qui disait dans son blasphème que le Fils de Dieu a été créé; ensuite contre toutes les hérésies qui s'élèvent et s'insurgent à rencontre de la foi catholique et de l'Eglise apostolique : hérésies condamnées, avec leurs auteurs, par trois cent dix-huit évêques assemblés à Nicée dont les noms, avec l'indication de leurs provinces et de leurs cités, sont rapportés ci-dessous. Il faut observer néanmoins que les zélés serviteurs de Dieu qui les ont rassemblés ont pris plus de soin de transcrire ceux des évoques de l'Orient, les Occidentaux n'ayant pas eu les mêmes débats à l'occasion des hérésies ^. » Ainsi s'expliquerait la disproportion énorme entre la représentation de l'épiscopat oriental et celle de l'épiscopat occidental qui ne paraît pouvoir revendiquer que douze ou quatorze membres tout au plus. Ce n'est pas tout. Un des manuscrits latins contenant la glose qu'on vient de lire ajoute ces mots : Hinc est quod numerus nomi-num cccxvill minime constat ; ce qui semble devoir se traduire ainsi : C C'est pour cela que le total 318 ne se trouve pas d'accord avec la liste des évêques. » Nous n'irons pas jusqu'à dire avec Ch. Lenormanl: « Quoi qu'il en soit, c'est un fait désormais acquis que les Occidentaux, par un motif très honorable pour eux au point de vue de l'orthodoxie, avaient été omis de la liste des évêques rassemblés à Nicée 4. » Le texte latin ne dit pas tant que cela ; mais il donne simplement à entendre qu'on