Revue de Vhist, des relig,^ 1900, p. 252 sq
la substitution dans lu seconde du nom de Paul de Samosate au nooi de Photin qui se lit dans la première^ et cette glose ainsi ramenée à un texte unique nous était déjà connue par les versions grecques et latines. La seconde partie n'est pas dans de meilleures conditions. Le symbole retouché le catalogue des anathèmes, les lettres dMîlpiphane et de Paulin d'Antioche, la glose légendaire relative aux 319 Pères sont autant de pièces étrangères aux monuments originaux du concile de 325. Quant aux sentences morales qui figurent dans cette partie, nous ne pouvons les joindre à celles qui, sous le nom de (c Gnomes », composent la troisième partie. Ce n'est pas en pareil style que les conciles légifèrent.
Le règlement disciplinaire n'offre rien non plus de commun avec Tceuvre législative de.Nicée» L'original grec de ce règlement a été publié par
Mgr Batiffol, sous le titre suivant :Tou h àyt'oiç Tuarpoç yjjjlûv 'Aôavatrtou àp)(ie7tt-
xXYjptxoOç TsxalXatxojç ^. Montfaucon avait jugé ce traité de basse époque, mais les raisons philologiques qu'il donne pour établir son opinion doivent être écartées. L'étude critique approfondie à laquelle Mgr Batiffol s'est livré sur ce texte lui a permis de s'arrêter aux conclusions suivantes. Il existe deux remaniements du Syntagma, l'un grec, l'autre copte, plus étroitement apparentés entre eux que chacun d'eux séparément avec l'original. Dans les deux remaniements, l'attribution à saint Athanase a été remplacée par l'attribution aux 318 Pères du concile de Nicée qui sont censés avoir édicté ce petit Manuel de morale. Du rapprochement de plusieurs passages des deux remaniements, on croit légitime de conclure que leur prototype à tous deux, Y, ne dépend pas du texte du Syntagma pas plus que le Syntagma ne dépend de lui, mais tous deux dépendent d'un archétype X. Soit le schéma suivant :
Syntagma
Remaniement copte. Remaniement grec.
Si l'on rapproche le texte du Syntagma des chapitres xxi-xxv de l'épilogue du traité de saint Épîphane Contra hœreses, épilogue intitulé : Trept wt'ffretDç xaOoXoiXY^ç xat à7ro(7ToXix7^ç *ExxXY)o-îaç 2^ on constate que saint lî-pi" phane est tributaire du Syntagma doctrinœ, en 37^-317. Or les règles disciplinaires que le Syntagma donne aux jxovàÇovTsç répondent très exactement à la discipline ecclésiastique de l'époque immédiatement postconstantinienne, tellement qu'on peut soutenir que le troisième quart
1. P. Batiffol, Studia patristica, in-S, Paris, 1889, p. 119-160 : Le syntagma doctrinsß dit de saint Athanase,