Edition remaniée de la collection du melkite Joseph
5. Le ms. n. 84 ne fait pas suivre Ancyre par Néo-Césarée qui précède immédiatement Gangres.
6. Ces deux conciles manquent mais la table indique leur présence.
7. E. Révillout, Le concile de Nicée d'après les textes coptes et les diverses collections canoniques, in-8, Paris, 1881, p. 73.
les conciles de Nicée, Ancyre, Néo-Gésarée, Gangres,Antioche, Laodicée et Gonstantinople. En ce qui concernait Nicée, outre les canons, on y rencontrait le symbole, lalistedes évoques et plusieurs lettres apocryphes attribués à Constantin. Venaient ensuite les trois conciles syriens: Ancyre, Néo-Césarée, Gangres, contenant les mêmes éléments quela version latine, les noms des évêques souscripteurs à chaque concile et la lettre du synode de Gangres aux arméniens. Avant Ancyre et avant Néo-Césarée on lit la mention suivante : « Ce concile est antérieur à Nicée ; mais celui-ci a été mis auparavant à cause de son importance. »
En achevant ce rapide coup d^œil, rappelons que les divers manuscrits des collections arabes ont pour unique point de départ la collection des melkites de Syrie, collection représentée éminemment pas le ms, de la Bibl. nationale, anc. fonds arabe, n, 118. « Ce manuscrit se divise en deux parties distinctes. La première contient à l'état fragmentaire, en grec, un Synodicon vêtus, offrant de grandes anologies avec celui qu'a publié J. A. Fab ricins dans sa Bihliotheca grneca^ édit. Harles, t.xn, p, 185, et qui semble remonter à Tépoque des collections qui précédèrent directement celle de Photius. Chacun des conciles y occupe en quelques lignes une petite notice à part ayant un numéro spécial. D'abord viennent les conciles particuliers désignés sous cet ordre : l*"" Ancyre ; 2* Carthage sous Cyprien ; puis une lacune qui remplace les deux conciles de Néo-Gésarée et de Gangres ; 5* Antioche ; 6* Laodicée ; nouvelle lacune probablement plus longue qui contenait le dernier concile particulier de Sardique, dont nous avons la notice plus loin dans le corps du manuscrit, et les premiers conciles généraux (de Nicée et de Constantinople) répondant à un nouveau numérotage. Enfin, sous le n° 3 se rapportant à ce second numérotage, vient le concile d'Éphèse, sous le n** 4 celui de Chalcédoine, sous le n* 5 celui de Constantinople, sous le n^ 6 le synode in Trullo et sous le n« 7 le deuxième de Nicée.
« La seconde partie renferme au contraire une véritable collection de calons dans un ordre analogue à celui de la Prisca, et ne distinguant pas encore les conciles généraux des conciles particuliers. On y rencontre ; V" Ancyre ; 2* Néo-Gésarée ; 3** Nicée ; 4^ Gangres ; 5^ Antioche ; 6'' Laodicée ; 7* Sardique ; 8* Constantinople ; 9^ Éphèse ; 10* Chalcédoine.
« Ces deux œuvres n'avaient, on le voit, aucun rapport véritable j mais on voulut bon gré mal gré rapprocher le Synodicon de la collection et les mettre d'accord. Or, comme une lacune avait, dès cette époque, fait disparaître la notice de Néo-Césarée, et comme le Synodicon &oxmaLiX en second lieu Carthage après Ancyre, on identifia Carthage et Néo-Césarée. Cette assimilation ne s'opéra du reste que dans le texte arabe et contredit formellement le texte grec qu'il traduit.
a Pour tout le reste, la comparaison fut facile et on put répéter en tête de presque tous ces conciles la notice grecque qui leur correspondait dans
le Synodicon. C'est ainsi que nous possédons dans le corps même du jöanuscrit les notices grecques de Gangres, de Sardique, de Nicée et de Constanlinople qui manquentau commencement du ms. 118, Néo-Césarée geul semble donc avoir déjà fait défaut dans l'original que consulta l'éditeur primitif du ms. no 118.
II. Interpretatio GiECiLiANi. — Gécilîen, évêque de Garlhage, fut présent aux délibérations du concile de Nicée d'où il rapporta en Afrique une version des canons. Cette version nous a été conservée dans les recueils suivants :
Ms. de Freisingen (aujourd'hui à Munich, lat. 62k3) ; ix« siècle (début) ; fol. 67*.
Ms. de Vienne 2i4i (sylloge dile de Paschase Quesnel) ; ix« siècle (début ?) ; fol. 108*.
Ms. de Wurzbourg (ancienne Bibl. du Chapitre) Mp. th. f. 1^6; ix« siècle; (fol 70*).
Ms. de Vérone (Bibl. du Chapitre) LX, 58 ; vue siècle ; fol. 37*.
Ms. du Vatican 1319 ; xii« siècle ; fol. 24t'.
Cette version conservée à Carthage fut produite au concile de 419. On se rappelle que l'incident soulevé par un prêtre de Sicca, Apiarius, avait ramené la question controversée des appels en cour de Rome 'l. Les légats du pape au concile de Carthage invoquèrent en faveur des revendications romaines les canons de Nicée. Lecture faite de ces canons il se trouva qu'ils n'avaient rien de commun avec les canons de Nicée, c'étaient simplement les canons 5* et 14* de Sardique. La découverte était vexante et mettait l'Eglise de Rome en fâcheuse posture. La méprise s'expliquait cependant. L'exemplaire romain des canons de Nicée portait, sans distinction aucune, à la suite de ceux-ci, les canons de Sardique. L'incurie était patente, sans doute, mais la bonne foi pouvait demeurer sauve. Néanmoins l'émoi fut grand à Carthage. L'épiscopat africain ignorait les canons de Sardique et invoquait désespérément l'antique exemplaire apporté par l'évêque Gécilien, avec ses vingt canons. L'erreur ne risquait pas d'être découverte puisqu'on ne possédait pas les textes qui eussent permis de corriger sur Theure la citation erronée de la lettre romaine. On proposa de recourir au texte grec des canons de Nicée tel que le conservaient les principales Églises de l'Orient puisque la version apportée par Cécilien et conservée depuis lors à Carthage pouvait paraître suspecte. La version de Gécilien fut néanmoins lue et insérée dans les actes du concile de 419 2,