Mansi, op. cit,, t. ii, col
3. Nous verrons ailleurs que l'addition du dernier canon est faite dans ce recueil d'après une collection des canons rédigée conformément à la vulgate de la version isidorienne.
4. Can. 2-27. Les pièces qui précèdent les canons forment le titre i*'.
gaint-Maur sous vingt numéros ^. Cette différence ne doit pas être imputée au ms. de Ghieti. Dans le recueil de Saint-Maur comme dans celui de Quesnel, les dix-neuf canons sont répétés par les rubriques en vingt-six articles. Lorsqu'un canon est scindé en plusieurs articles on ne trouve, dans l'un et l'autre recueil, qu'un numéro devant le premier de ces arti» clés et il manque devant les autres articles. Dans le relevé qui, dans le recueil du ms. de Saint-Maur, précède le texte des canons, les rubriques des divers articles d'un même canon sont ramenées à une seule 2. Le fait de ce numérotage variant d'un recueil à l'autre porte à croire que, à l'origine, les articles distincts n'élaient pas numérotés. Le recueil du ms. de Ghieti et celui de Quesnel diffèrent l'un de l'autre pour le numérotage 3, d'où il suit que le numérotage tel que nous le trouvons dans le recueil de Quesnel, ne lui appartient pas en propre, mais qu'il est spécial à la collection. On s'explique ainsi qu'à Ghalcédoine le légat Paschasinus n'ait pas cité le canon 6* d'après la manière de compter du recueil de Quesnel, mais d'après celle de l'original.
Quant au lieu d'origine et à l'antiquité de la version îsidorienne, on remarquera que, dans sa forme primitive, elle ne se rencontre que dans deux recueils d'origine italienne et l'un d'eux a fait partie des plus anciens recueils. De même la version vulgate a été conservée dans trois anciens recueils italiens entièrement indépendants les uns des autres. Il est bien évident que cette version s'est rencontrée de bonne heure en Italie, Il est très probable qu'elle a été plus anciennement répandue dans ce pays, puisque ce n'est que dans des recueils italiens qu'elle apparaît dans sa forme originale.
Le premier témoignage certain que nous ayons de l'utilisation de la version isidorienne est fourni par un concile tenu à Riez, en 439. Son 3* canon contient un passage du canon 8* de Nicée. La citation, sans être littérale, ne permet pas de mettre en doute l'utilisation de la version îsidorienne. En effet, les expressions ici employées de paroc/iiiB et chore' piscopi ne se rencontrent ensemble que dans cette seule version. Voici d'ailleurs le texte du canon de Riez : Qiiod ergo in quibusdam schismaticis magis quam hsereticis recipiendis Nîcaenum Concilium statuit a singulis per
1. Le canon 6e porte les numéros 6 et 7 ; les Ccinoas 10e el 11® sont ramenés à Un seul sous le n. 9 ; le canon 16« porte les numéros 16 et 17. Dans la mention du ms, de Hardy, Labbe donne le relevé sous vingt numéros et il fait «ntrer le canon 20« en ligne de compte.
2. Ce n'est pas le cas pour le relevé du ms, de Hardy. On n*y trouve que les rubriques relatives au premier article de chaque canoa pris isolément. Il est vrai qu'en marge de la version isidorienne (Mansi, op. cit.f t. ii, col. 685 sq • 0« a donné les rubriques des. articles suivants
3. Dans ie ms. de Ghieti le canon le«* est devenu 3e et 2** dans le recueil de Quesnel. Le dernier canon est chez l'un 28e chez l^jutre 27*.
territoria sua hoc cdam prœsens conventus in hoc statuit ab omnibus deher scrvari id est ut cnicumque de fratribus taie aliquid caritatis consilia dictas^erint liceat et unarn parochiarum suarum Eccelesiam céder e^ in qua am chorepiscopi nomine^ ut idem canon loquitur, aut peregrina^ ut aiunt, communione foveatur.
Malheureusement on ne saurait remonter à une date plus éloignée et particulièi'ement au sujet du concile de Tolède, tenu en l'an 400, dont les Pères décrétèrent dès le début de conformer leurs résolutions aux prescriptions du concile de Nicée ; on n'a aucune bonne raison de soutenir que ces évêques avaient sous les yeux la version isidorienne ^, Il n'est même pas probable que le concile de Lérida, de l'année 546, ait fait usage de cette version, il aura eu à sa disposition une version différente, celle que nous appelons Gallo-hispana, On n'a donc jusqu'ici nul indice de lutilisation en Espagne des canons nicéens dans la version isidorienne avant leur admission dans le recueil espagnol. Les plus anciennes collections contenant cette version sont italiennes : on n'a donc pas de raison de n'accepter pas l'Italie comme pays d'origine.
La rédaction, telle qu'elle fait partie des recueils gaulois, existait certainement dans sa forme la plus ancienne vers l'époque du concile de Ghalcédoine. On n'est pas en état de prouver que le passage cité du concile de Riez ait eu pour base la même rédaction ; mais il est probable que les conciles des Gaules ont fait usage de la rédaction qu'on rencontre dans les anciens recueils gaulois. Malgré cette circonstance, Maassen ne croit pas ce texte originaire de la Gaule ; il préfère l'attribuer à l'Italie et voici ses liaisons : 1^ Les sources de cette rédaction qui sont la version isidorienne et la version du manuscrit de Ghieti sont d'origine italienne ; 2» le légat Paschasinus était évêque de Lilybée, en Sicile. On peut donc admettre que cette version a été en usage en Italie ou en Sicile vers le milieu du V* siècle. Il est infiniment peu probable qu'elle ait été composée en Gaule d'après des sources italiennes ; il faudrait en ce cas lui faire refaire le voyage d'Italie et il est tout à la fois plus simple et plus conforme à l'histoire de supposer que celte version a été rédigée aux lieux mômes où on retrouve ses sources. C'est de là qu'elle sera passée en Gaule. Le second remaniement, par le moyen duquel la version a l'eçu la forme sous laquelle nous la rencontrons dans les collections, pourrait alors avoir eu lieu en France.
Aux indications de manuscrits de la version isidorienne données par Fr. Maassen, nous avons ajouté dans ce paragraphe quelques notes plus précises dues aux recherches de M, C. H. Turner. Cet érudit, outre les soui'ces manuscrites indiquées ci-dessus, a fait usage des textes suivants ;
Ms. de Paris, lai. 12097, m« s. ; foL 62\ Ms. de Munich, lat, 5508, ixe s. ; fol. 136^
1. Les Ballerini, De ant. coli, can.f part. II, c. ii, n. 14, inclinent à le croire.
Ms. de Toulouse, 36i, vu« s. ; fol. 56*. Ms. de Paris, lat. i2444, ix« s.
V. Interpretatio codicis Ingilrami. — Ce texte a été désigné par Maassen sous le nom de ras. de Chieli ou ms. des Théatins. M. Turner lui a donné le titre sous lequel nous l'inscrivons ici ; il le croit d'origine romaine ou italienne et l'assigne au iv* siècle. C'est à cette rédaction que le légat Paschasinus emprunta, en 451, le texte des canons 6 et 7.
Elle a été utilisée pour la rédaction de la version isidorienne contenue dans les recueils gaulois et doit être par conséquent antérieure au concile de Ghalcédoine. La soi-disant Interpretatio Prisca des canons de Nicée a été tirée de celle-ci et de V Interpretatio Ättici. Voici la tradition manuscrite :
M s. dTngilrami Teatini, Vaiic. Heg. 1991 ; ix s. ; fol. 39 h.
M. Turner a joint à cette rédaction un bref résumé d'après de nouveaux manuscrits ; il s'exprime à ce sujet en ces termes : Canonum nicœnorum exstant apud epitomen Hispanam compendia duo, quorum alter um conicio ah interpretatione pendere codicis Ingilrami (op, cit,, p. 113),
Cette version s'écarte sur plusieurs points de l'original. D'abord dans la répartition des canons. Les 2*^, 4*, 5*, 16* et 19' canons sont tous scindés en deux parties, le 6* canon en trois parties. Enfin le 20* canon manque. Les pièces qui précèdent les canons ayant reçu les numéros I et II, il suit que Fensemble se présente dans une suite de vingt-huit numéros. Le canon 18' de l'original se trouve placé entre le 13* et le 14*. Enfin la rédaction du canon 6*, au moins dans sa première partie, s'écarte notablement de l'original, ainsi qu'on l'a vu dans le texte donné plus haut. La présence de cette version * dans une collection italienne nous invite à en placer l'origine en Italie avec d'autant plus de vraisemblance qu'on n'a aucune raison de présenter et aucun argument pour soutenir une hypothèse différente.
VI. Interpretatio qvje dicitur Gallo-hispana. — Celle version des canons nicéens nous a été transmise intégralement par la collection du ms. de la Bibliothèque de Bourgogne, à Bi*uxelles. Cette version consiste essentiellement en une combinaison de deux rédactions qui sont ; Vinter^ prêtât io quœ dicitur gallica et la paraphrasis Ru fini, M. Turner la juge du V* siècle, antérieure au II* concile d'Arles, vers 455. Voici la tradition manuscrite :
Ms. de Bruxelles (bibh Bourgogne) 8780-8793 ; ix s. ; fol. 70 a. Paris lat, l(i5(i; ix-x s.
Reims 671 ; ix s, ; fol. 6 a, Cologne (bibl. capilulaire) XCI'^ viii s.
1. Publiée par les Ballerini^ dans S. Leonis, Opera^ t. ni, col. 567 sq.
Le manuscrit de Bruxelles porte (p, 238 b] la souscription suivante- Expîiciunt canones CCCXVIII episcoporum Nlceni, transcripti in urbe Rorria de exemplaribus sancti Innocenti episcopi, amen. M. Turner estime que cette souscription est exacte.
Outre les ms. Paris i454 et Reims 67/, le canon 3* se lit dans les mg Paris, lat. 38k2 a et Paris lat,, 38^1.
Maassen^ op, cit,, p. 910-914, a édité la version gallo-hispana d'après le ras. de Bruxelles et le ms. Paris lai, i454.
Les ms. Paris tat. 1^5^ et 38i2 a renferment, outre le précieux recueil de Quesnel, des pièces d'origine gauloise, le ms. Paris lat. 384i donne le canon 8* avant la collection Dionysio-Hadriana. La collection systématique du ms, d'Angers et du ms. d'Hérouville contiennent un fragment du canon 13*. Ces deux collections sont d'origine gauloise.
Le plus ancien vestige d'utilisation de cette version se trouve dans les Statuta Ecclesiae an tiqua * rédigés en Gaule après le I*^ concile de Vaison. tenu en 442, et avant le II* concile d*Arles, tenu en 506. L'étude approfondie à laquelle M. Malnory s'est livré à propos de ce recueil 2 lui a permis d*en attribuer la composition à saint Gésaire, évêque d'Arles, tout au début de son épiscopat, avant le concile d'Agde, c'est-à-dire entre 503 et 506. Le canon 18* de Nicée porte, entre autres prescriptions, un décret relatif aux diacres qui, désormais, recevront la communion après les évoques et les prêtres. Dans notre version, le grec qui porte : xàxeïvo 6è èyvwpiVOir), OTt f,ÔYj Ttvè; T<ov Staîtov6>v xal izpo tc5v £7ri(TXÖ7rtov ty)ç eùj^apio-Ttaç aîrrovTac ; est rendu très faussement de la manière suivante : Et illud compertum esse^ quod aliquanti diacones prœsentibus episcopis et presbyteris eucharistiam corporis populo tradant. Précisément ce passage si mal interprété a été de nouveau utilisé pour la rédaction du 58* canon des Statuta : Üt diaconus prêeèente presbytero eucharistiam corporis Christi populo , si nécessitas co^it y Jus sus eroget.
Le II* concile d'Arles a, lui aussi, fait usage de cette version. Le canon 18* de Nicée reparaît dans le canon 15* d'Arles ainsi conçu : In secretario diacono inter presbyteros seder e non liceat^ vel corpus Christi praesente presbytero tradere non praesumat. Quod si fecerit ab officio diaconat us abscedat. Et ce qui suit : quam prœsumptionem sancta synodus submovere ab Ecctesia jubet... Siquis çero obtemperare noluerit, deponatur etiam ab officio diaconii ^.
Hors des frontières de la Gaule, nous retrouvons cette version en Espagne. Les Pères du concile de Lérida, tenu en 546, en font usage.
1. Les Balleriiii dans S, Leonis, Opera, t. m, col. 653 sq. ; Maassen, op. cit., p. 382-394.
2. A. Mainory, Saint Césaire, évêque d'Arles, 503-5^6, in-8, Paris, 1894, p. 50.
3. Dans le canon 16 du même conçue d'Arles, Photinianos siwe paulinianisias etc., le mot pkotinianos est emprunté soit au canon 19 de Nicée d'après V Inier pretatio gallo'hispana ou bien d'après la Paraphrasis Eu fini.
La fin du canon 9^ porté par ce concile est empruntée presque littéralement au canon il* de Nicée d'après V Interpretatio gaîlo-hispana. Ce canon 9' prescrit de s'en tenir, à l'égard des prévaricateurs, aux décisions de Nicée ; or voici en regard du texte grec original de Nicée le texte de la Gallo-hispana et le texte du concile de Lérida :
CONCILB DE NIcéB VERSION GÀLLO-HISPANA CONCILE DE Ll^RIDA
Can. 11 : iizxk exvj UTTOTce- Can, 11: septem annis in- Can. 9 : septem annisin-
ffoOvxat* 8uo Se ëxY) x<ùpl^ ter caticumenos orent et ter cateckumenos oreni et
TtpoffçopSç xoivwvïjffovfft duo bus inter baptizatos duobus mter catholicos
T<j) Xaù) Twv Tçpocreux^^« ^^ postea moderacione et et postea moderaiione et
dementia episcopi fideli- dementia episcopi fideli-^
bus in oblacione et eucha- bus in oblatione et eucka-
ristia conimunicent, ristia communicent.
Sauf le changement de baptizatos en catholicos la conformité des deux textes est complète et elle est d'autant plus décisive que la différence entre la traduction et Toriginal est moins considérable.
Dans V interpretatio gallo-hispana la répartition des canons ne concorde pas entièrement avec l'original. Les 11' et 12« canons sont ici réunis en un seul canon, du 19* on en a fait deux. Le dernier canon, sur la génuflexion, manque. Le début du 6' est ainsi libellé : Et ut antiquus mos maneat [per] Mgyptam^ Liben^ Fentapolim^ [ut] Alexandrie episcopus habeat potestatem, sicut urbis Rome episcopus habet vicinas sibi provincias et Anthiociae totam Cœlem,
A la fin des canons de Sardique qui, on se le rappelle, sont en quelque sorte soudés aux canons de Nicée, on lit la clause que voici et que nous avons déjà transcrite au début de ce paragraphe : Expliciant canones CCCXVIII patrum Niceni transe ripti in urbe Borna de exemplaribus sancti Inno cent i episcopi. Amen. M. Turner admet l'exactitude de cette indication, tandis que Maassen pense qu'elle ne peut s'expliquer que de Sardique et que la version n'est pas celle dont s'est servi Innocent I**", version dont ses décrétales nous ont conservé quelques fragements.
VIL Interpretatio qjjje dicitur Gallica. — La tradition manuscrite de cette rédaction est représentée par ;
Ms. de Cologne (bibl. capilulaire) CCXII ; vue s. ; fol. 7 a, Paris lat. 3838 ; x« s. ; fol. 4 a.
Ce dernier ms. contient principalement la recension Dionysio-Hadrianea encadrée par un certain nombre de documents relatifs au droit canon. Immédiatement avant la susdite collection se lisent les canons de Nicée dans la version gauloise et les canons du V^ concile d'Arles, de Tannée 314.
Des canons isolés se trouvent encore dans les mss. suivants :
Ms. de Paris lat. i2444 1 ; ix s.
— Paris tat, i^5L
— VaAs lat, 38Û2 A,
— Bruxelles (bibl. Bourgogne) 8780-8793 ; ix« s.
Le ras. i2444 contient les canons 1, 2 bis^ 4, 8, 9, 16; les mss. 1454 et 38(t2 A contiennent le canon 6«; enfin le ms. de Bruxelles donne la fin du canon 5".
Les diverses combinaisons que nous trouvons de cette version sont toutes d'origine gauloise. Elle est à coup sûr une des plus importantes. M. Turner, qui vient d'en éditer pour la première fois le symbole, la fait remonter au iv' siècle. Interpretadonis quse Gallica vocatur, dit- il à son sujet, auctorem hominem fuisse priscum (quarti scilicet sœculi) ex eo potissimum patet quod res proprie christianas per vocabula singularia et ab lis quse communiter in us um vener unt valde discrepantia reprœsentat^ ; et il rapporte les exemples suivants : convendculumy conv entas, synodus^ jamais concilium ; constituerez jamais ordinäre; plebs, jamais ni populus ni laie us ; qui in cawone, jamais clericus ; qui in metropoli, jamais métropolitanus ; gratia ou oblatiOy jamais eucharistia ni sacramentum (ni, en ce sens, communio); a communione cvcludere, separare^ une fois excommunicare ; legi audientiam accommodare, jamais catechizari ; audiens, à côté de catechumenus ; correctio, pour conuersio ; dans le symbole, unicus au lieu de unigenitus^ corpus adque figurant hominis susccplt {incarnatus est et homo factus est), L*intérêt de celte rédaction est, on le voit considérable.
La version gauloise a été, ainsi que la précédente, utilisée par les Pères du II« concile d'Arles dont le canon 6** est une répétition presque littérale d'un passage du canon G® de Nicée dans ladite version. Voici les textes :
VKKSTON GAUL018E II« CONCILE d'aRIES
Call, 6 : Illad autem ante omnia Can. 6 : Jllud aulem ante omnia
clareatf quod si quis sine conscientia clareat eum^ qui sine conscientia me-
eius, qui in metropoli consistity cons- iropolitani constiiutus fuerit episco-
tituius fuerit episcopusy eum magna pus juxta mag n am synodum esse
synodal statuit non oportere esse episcopum non debere» episcopum.
On ne saurait déterminer avec précision de quelle rédaction ont fait usage les Pères du concile de Valence, tenu en 374,. qui mentionnent dans leur canon 3® les canons de Nicée s.
1. Parfois désigné sous le titre de Codex sylloges systematicse S, Germani de Pratis Parisiensis.