‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 371 sur 403 · H. Leclercq, UEspagne chrétienne, 1905, p · texte numérisé non relu

H. Leclercq, UEspagne chrétienne, 1905, p

des autres membres s'explique aisément si on considère, d'après les chiffres du concile d'Arles, que Tépiscopat ne jouissait plus d'une représentation proportionnée à sa dignité eminente. Sur le nombre total de 85 membres les évêques ne comptaient que pour 33; une semblable disproportion n'était pas admissible. Le rôle prépondérant joué à Antioche par le prêtre Malchion et à Nicée par le diacre Athanase qui portèrent, Tun et lautre, le poids de la dispute théologique aura pu en outre alarmer les évêques en leur faisant sentir en quelque manière leur insuffisance, puisqu'ils étaient contraints de remettre à autrui la cause de l'orthodoxie. Ce n'étaient pas, au reste, les seules fois qu'ils avaient eu à dévorer une humiliation de cette nature. Sous le règne de Gordien III (238-244), Origène avait succédé aux évêques d'Arabie impuissants à convaincre de son erreur leur collègue Berylle, de Bostra. Après des discussions répétées ceux-ci n'avaient rien obtenu : Origène intervint, et au cours d'une discussion publique parvint à tirer au clair les erreurs de Berylle qui les reconnut loyalement et y renonça. Sous le règne de Philippe l'Arabe (244-249) un conflit s'éleva dans la même province entre la doctrine de la résurrection et celle de l'immortalité de Tâme. On réunit un concile, Origène parla et, une fois de plus, il eut la satisfaction et l'honneur de convaincre les dissidents. C'étaient là d*éminents services qui, de même que l'enthousiasme du peuple d'Israël pour David victorieux, provoquaient la jalousie des princes des Eglises à l'égard de leurs inférieurs. Saint Grégoire de Nazianze allait jusqu'à attribuer au seul diacre Athanase Textinction complète de l'arianisme dans le concile de Nicée. Ce sont là de légères exagérations qui peuvent avoir contribué à incliner les Pères de Nicée à exalter l'importance des évêques dans les conciles provinciaux. Cette explication n'est pas aussi gratuite qu'on pourrait être tenté de le croire. Le même canon 5* de Nicée nous permet de dire avec assurance que l'épiscopat n'était pas alors tout à fait exempt de quelques misères inhérentes à la nature humaine. Il se trouvait dans ses rangs des hommes vindicatifs qui ne craignaient pas de lancer l'excommunication sur leurs adversaires sans motifs suffisants ; aussi, les Pères de Nicée se trouvaient-ils dans l'obligation d'instituer une enquête après chaque excommunication pour s'assurer que l'évêque n'avait pas fulminé sa sentence « par élroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine »,

L'essai de réaction peut s'expliquer d'une certaine façon. L'enquête prescrite par les Pères de Nicée touchant l'opportunité des sentences d'excommunication fulminées par les évêques devait se faire ou, du moins, aboutir devant le concile provincial que, pour cette raison, on convoquerait désormais deux fois par an. Comme il s'agissait d'y mettre à nu certaines plaies du corps épiscopal on s'explique assez bien que celui-ci, soucieux

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