‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 389 sur 403 · Lîibbe, ConciL, t. ii, col · texte numérisé non relu

Lîibbe, ConciL, t. ii, col

I. TÉMOIGNAGES. — Lc souci de faire rejaillir sur des dispositions disciplinaires quelque chose de Taulorité qui s'allachail aunomdes apôlres adonné naissance à une lit Icra Iure abondante d'écrits apocryphes dont nous allons étudier un des documents les plus fameux et les plus influents. On donne, en effet, le nom de «canons apostoliques» à un recueil de semences rédigées sous forme de canons et conservés en grec au nombre de 84(ou85). Il n'est pas douteux que dès une époque ancienne, vers le temps de la paix de l'Eglise, on se préoccupa de mettre en avant le souvenir des apôtres afin de donner plus d'importance à certaines décisions délicates. Dans la lettre des évêques égyptiens Hésychius, Pakhôme, Théodore et Philéas à Mélèce d'Alexandrie, écrite vers Tan 303, on lit : Lex est patrum et propatrum, quam nec ipse ignoras ^ constituta secunduni dwiniim et ecclesiasticum ordinemfnamcuncta proDei placito et zelo meliorum ab ipsis est constitutum etfijcum) : In aJienis parœciis non licere alicui episcoponun ordinationes celebrare 1. Cette prescription se lit dans le 28'' canon et voici, en effet, ceque les auteurs de la lettre nous apprennent : Quœ lex bene nimis magna est et cum sapientia adini^enta.,. Tu autem nihil herum conslderans nec futura conte m plans, nec beatorum patrum no s tr or um et a Christo susceptorum per successiones legem ^ neque magni episcopi ac patris nos tri Pétri honorem ex quo cuncti per spem quam h ab émus in Domino Jesu Christo ^ pendemus, nec nostris incarcerationibus et tentationibus et quotidianis ac multiplicati s opprobriis, nec oppressionibus et angustiis apud omnes placatus , omnia pari^ ter ei^ertere ausus est. A quelques années de là, avant 325, le patriarche Alexandre d'Alexandrie s'irrite de voir certains évêques admettre à leur communion ceux que luî-mêmeaexcommuniésetil déclare qu'une telle conduite est en contradiction avec la règle apostolique : xfù {jltqts ànodToXtxbv xavôva ToOxo (TuY/wpetv, allusion aux canons apostoliques 12, 13 et 16 2. Saint Athanase qualifie à peu près dans les mêmes termes, l'intrusion de Georges de Cappadoce sur le siège épiscopal, en violation des canons 29 et 39 3, La même tendance se rencontre à Gonstantinople vers la même

1. Scip Maffei, Fragmentum histor. eccles, antenic.y dans Opuscula écoles.^ part. 2, p. 254,

2. Théodoret, Hist, eccles, ^ 1. I, c. m, -P. G , t. lxxxii, col. S92.

3. S. Athanase, Epist. ad orthodoxos: toC-co Ôè ixx).r,(jta(TTixoyç Ôeff^Aoïç noLç.aXvan,

époque. Gonslantin prodigua au canon 14 les appellations honorifiques :

TOJ ûcTtCKTroXixoj xavovo;;, toj àîC"/cXi^<Tia(Trtîcou ÖeafxoO, xr[i; ànoavoXixr^q TrapaSoffgü); ^,

En 381, les Pères du concile de Gonslanlinople placent les canons 14 et 15 parmi les plus anciennes lois ecclésiastiques ^, et en 394, le concile présidé par Nectaire attribue aux Apôlres le canon 74 : xaoùi)? xal oi à7ro<TTo- Xtxol xavovsç StwpiWvTo 3. On constate ainsi la naissance et raffermissement d'une tradition qui, à la fin du vii® siècle, aboutira à l'affirmation formelle. Le concile Quini-sexte, tenu en 692, s'exprime ainsi : « Le saint concile décide que les 85 canons, reçus et confirmés par les saints et bienheureux Pères avant nous, qui nous ont été transmis sous le nom des saints et vénérables apôtres, doivent demeurer à jamais fermes et immuables *. »

Malgré ces affirmations, on constate un courant d'opposition àl'apostolicité et cette résistance semble localisée en Occident. Le décret attribué au pape Gélase déclare apocryphe le recueil qui s'intitule a Canons des apôtres ». Liber, qui appellatur « Canones Apostolorum » apocryphus 5, Denys le Petit, premier traducteur des canons et leur introducteur dans l'Eglise latine, ne paraît pas plus rassuré sur leur authenticité. Il les présente sous le titre de Canones qui diciintur Apostolorum quibus plurimi consensum non prœhuere facilcm 6, tout en reconnaissant qu'on ne laissait pas d'en faire usage dans les diocèses pour la rédaction de la discipline locale : quamvis poste a quœdam constituta pontißcum ex ipsis canonibus assumpta esse vidcantur '^.

Dans rÉglise syrienne, Ebedjésus (-j- 1318) retire aux Apôtres la pater-

1. Eusèbe, De vita Constantiniy 1. III, c. lxi, p. C, t. xx, col. 1133, 2 Théodoiet, Hist, eccles., 1. V, c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1212.

Page 1