CONCILE d'aLEXANDRIE EN
mais la découverte des lettres festales de saint Athanase a prouvé la fausseté de cette chronologie. La treizième de ces lettres, celle qui concerne le carême et la Pâque de 341, et qui, par conséquent, a été écrite au commencement de cette année, est déjà datée de Rome '*. C'est la preuve qu'Athanases y était réfugié dès le carême de 340, ou peut-être encore dès celui de 339. L'avant-propos des lettres festales donne cette date de 339, et dans la lettre pascale de cette même année saint Athanase parle des persécutions que les eusébiens préparent contre lui ^. Mais, en acceptant cette date de 339, il devient difficile de s'expliquer comment Constance a pu changer si brusquement de sentiment à l'endroit de saint Athanase, puisqu'il l'aurait alors persécuté quelques mois à peine après l'avoir renvoyé à Alexandrie ^. L'avant-propos des lettres festales n'est pas de saint Athanase, mais d'un auteur anonyme postérieur * et qui n'est pas toujours très 4961 ^^^ ^^ ses dates ^. Un document d'une égale valeur historique, VHistoria acephala éditée par Maffei en 1738, donne la date de 340 ^. VHistoria acephala s'accorde avec l' avant-propos pour placer au 21 octobre 346 le retour de saint Athanase de son second exil, mais elle fixe la durée de son exil k six ans. Elle place donc à la Pâque de 340 la fuite de saint Athanase, car de la Pâque de 339 jusqu'à l'automne de 346 il y aurait plus de sept années d'écoulées.
Nous appuyant donc sur l'autorité de la treizième lettre de saint Athanase, nous pouvons regarder comme certain que l'arrivée de Grégoire le força k quitter sa ville épiscopale au plus tard lors du carême de 340; mais il faut interpréter autrement qu'on ne l'a fait jusqu'ici ces paroles du pape Jules, son contemporain : « Athanase, dit Jules, fut déposé k Antioche par les eusébiens ; le Cappadocien fut, contre toutes les règles, sacré évêque et envoyé k Alexandrie avec une escorte militaire "'.a Ce que nous avons dit prouve que le