‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 58 sur 403 · LE CONCILE d'aNTIOCHE · texte numérisé non relu

LE CONCILE d'aNTIOCHE

qui furent commises ^ ; Texpression (jisra ty;v jijvoSov laisse voir que saint Athanase a été déposé après le concile d'Antioche proprement dit et par une partie des membres qui le composaient. Mais le contexte prouve que le pape Jules avait en vue un autre concile ; et voici le véritable sens de la phrase : « Même en admettant qu 'Athanase eût été trouvé coupable dans le concile que vos ambassadeurs ont demandé, et que moi-même j'ai convoqué, on n'aurait pas dû », etc.

b) L'hypothèse que nous discutons est fondée sur ces mots de Palla- ' dius, rhistorien de saint Jean Chrysostome : « Le canon auquel en appelaient les adversaires de Jean était l'ouvrage de quarante évéques ariens. » Schelstrate se hâte de conclure qu'après le départ des évéques orthodoxes, quarante évéques ariens étaient restés à Antioche^ [510] avaient formé le conciliabule et composé ce canon. Mais comme ce canon est identique aux quatrième et douzième des vingt-cinq canons d'Antioche, il n'y a aucune raison pour le mettre sur le compte des ariens, et Thypothèse ne se soutient plus. Tillemont a même présumé gue Palladius, ou un de ses copistes, avait écrit -csacjapaxovia, au lieu de èvveVjxovTa, et que cette erreur avait amené Palladius à croire que tout le concile d'Antioche avait été arien ^.

Les frères Ballerini 3, s'inspirant des idées de Tillemont ^, ont abordé le problème qui nous occupe, et suivi un autre chemin que Schelstrate : leur solution a été acceptée par Mansi, dans ses notes sur l'Histoire ecclésiastique de Noël Alexandre ^.

Ils disent que les vingt-cinq canons ne sont pas du concile inencseniis, mais d'un concile antérieur tenu à Antioche en 332 (celui qui choisit Euphrone pour évêque d'Antioche après l'expulsion d'Eustathe) ; plus tard et par erreur on avait attribué ces vingt-cinq canons au synode in encœniis. Rien de plus naturel, que l'estime générale accordée avant que cette confusion eût lieu et pendant longtemps par ceux qui n'eurent pas connaissance de cette fausse interprétation.

Nous ne pouvons partager l'enthousiasme avec lequel Mansi a adopté cette hypothèse, P/ace/i^, dit-il^ et vehementer placent. D'abord

1. S. Âthauase, Apologia contra arianos^ c. xxx, P. (t., t. xxv, col. 29Â

2. Tillemont, Mém, hist, eccles., 1704, t. vi, p. 755, note 27.

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