LE CONCILE d'aNTIOCHE
«Nous ne sommes pas sectateurs d'Ariiis : comment suivrions- no a s un prêtre, étant évêques ? Nous n'avons d'autre foi que celle qui nous a été transmise par la tradition. Après avoir examiné et recherché sa foi (d'Arius), nous Tavons reçu plutôt que nous ne favons suivi. Vous le verrez parce que nous allons dire. Nous avons appris dès le commencement à croire en un seul Dieu, souverain créateur et conservateur du monde intelligible et sensible ; et en son Fils unique qui existe de toute éternité et coexiste au père qui Tengendre ; par lequel tout le visible et Tinvisible a été fait, qui dans ces derniers temps est descendu selon le bon plaisir de son Père, qui s'est incarné dans le sein d'une Vierge et a rempli toute la volonté de son Père ; (nous croyons) qu'il a souffert, qu'il est ressuscité et qu'il est revenu au ciel où il est assis à la droite de son père, qu'il reviendra pour juger les vivants et les morts et qu'il reste roi et Dieu pour l'éternité. Nous croyons aussi au Saint-Esprit. Et, s'il faut l'ajouter, nous croyons également à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. »
[324] Ce symbole a un but apologétique : ses auteurs ont voulu se dégager de tout soupçon d'entente avec les ariens ; il doit être l'œuvre des eusébîens. Athanase rapporte qu'ils l'adressèrent à d'autres évêques par une lettre encyclique. Si nous n'étions contredît sur ce point que par la chronologie de Socrate et de Sozomène, nous aurions placé la rédaction de ce symbole tout au commencement du concile, car un tel document ne pouvait que gagner aux eusébiens la confiance de leurs collègues, et ils ont dû dès le début travailler à l'obtenir. Ce symbole est orthodoxe, malgré l'absence du mot ijxoouffwç, que les eusébiens accusaient d'être entaché de sabellianisme, ou bien de représenter l'essence divine comme divisée en trois parties.
Peu après, le concile émit un second symbole que l'on a donné à tort comme l'ouvrage du martyr Lucien ^. Saint Hilaire nous
1. Nous avons parlé avec assez de détail de Lucien d'Antioche (p. 347 sq., pour n'y pas revenir ici. Cetle deuxième formule se lit dans S. Alhannse, De s^nodisy c. xxni,' P. C, t. xxvi, col. 721 sq., et dans Socrate, Hist. eccles.^ 1. II, c, X, P. C, t. Lxvii, col. 201. Saint Hilaire en a donné une traduction laiine dans De synodis seu de fide orienlalium, c. xxix, P, A.., t. x, col. 502. Le texte grec d'Athanase avec les variautes de Socrate et les lectures d'Hîlaire se trouve dans A. E. Burn, An introduction to the Creeds and io tke Te i>ettm, in-8, London, 1899, p. 83-85; A. Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln ^ in-8, Breslau, 1899, p. 184, n. 154 ; Kattenbusch, Das apostolische Symbol, in-8, Leipzig, 1894, t, i, p. 255-259, 267, 268, note 52 ; 271,
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donne le motif qui amena la rédaction de ce nouveau symbole lofg^ qu'il dit : Cum in suspicionem çenisset unus ex episcopis ^ quod pra,
351, 379, noie 21 ; t. ii, p. 248, note 6; 261 sq., ?39, note 18 ; enfin on trouver, encore le texte dans Mansi^ op. cit,^ t ii, col. 1340-1342, et dans Walch, BHi symb. vet,^i^, 29 sq. Cette mena e formule reparaît dans un concile tenu en367en Carie. Hahn, op, cit,, p. 184, note 60, donne d'utiles détails sur cette formule au sujet de laquelle on doit tenir compte des opinions présentées par Burn^j Kattenbusch. La formule prendrait un intérêt parti cul iet* s'il était démonif^ qu'elle 'vient de Lucien d'Aiitioche, feelon raffirmaiion de Sd^omèhé, Hisi. ec cles.i 1. III, c. V, P, G, y t. Lxvn, coL 1044; mais la question reste douteuse comme le reconnaissent Hahn, op, cit,, p, 184, note 60, et Gwatkia, Studia^ p. 120-122. Ce second symbole était dirigé principalement contre les sabelliem. Il est très original dans sa partie centrale lorsqu'il multiplie les figures pcar arriver à exprimer la ressemblance du Fils avec le Père quant à la substance, Une telle particularité suffirait à justifiei' l'opinion que formule Guiüitietus,Äj komou^ianische Partei bis zum Tode des Konstant lüs^ in-8, Leipzig, 1900, p. 15, quahd il représente les divers symboles» du synode in encsenlis ôomme des tâtonnements vers une formule fixe. La deuxième profession de foi, quoi qu'eu puisse dire Hefele, est singulièrement équivoque. Cette phrase en particulier, « Le Kils n'a pas été créé comme les créatures ont été créées, » est moins anodilie qu'on le pense. Loin de s'appliquer à refuseï* au Fils lés é|)itliètes de: engendré, créé, devenu, le toncile lui applique le mot engendré, en conséquefite les rédacteurs de la formule n'admettent pas une parité absolue entre la génération du Fils et celle des autres êtres, ainsi donc sa création ne ressembl« pas non plus à celle des autres êtres. Comme on sait, par ailleurs, que la majorité du concile qui agréa la rédaction de la deuxième formule était opposée i l'arianisme strict, c'eöt ce qui rend sa manière de parler parfaitement équivoque. La Source de cette équivoque peut difficilement être déteflliinée slvft certitude. Une hypothèse plus ingénieuse que solide de Caspari, Alte undhek Quellen^ p, 33, 42, et de Harnack, dans Real-encyclopadie fur protest. Theol und Kirche f t. vm, p. 770, propose l'explication suivante : Les évêques orthodoxes ne voulaient pas de Tai'ianisme, mais seco&tentaieut d'une formule ayant pour base une profession de foi de Lucien, lequel, nous Tavonè Vu, ëtait le protdarien dont les ébrits et les doctrines avaient servi de fond et de point de l'alliement au groupe collucianiste d'où sortit Tarianisme. En admettant cette byp» thèse très gratuite, il semblebon de l'améliorer en supposant que d'autres influences intervinrent dans la rédaction de la profession de foi. D'après Philostorge, la conception du Fils comme àicapàXXaxxov e!xdva serait une altération de la par« doctrine lucianiste par le sophiste Astérius. Il serait aisé de montrer quel« idées et même les expressions caractéristiques delà deuxième profession de foi^^ trouvent dans les livres d'Eusèbe de Césarée contre Marcel d'Ancyre. En ré«' lité le choix des termes qui composent cette formule confirme ce que nous disioö* de la répugnance persistante dans certains milieux orthodoxes pour la tet^' nologie de Nicée et les nouveautés d'alors, comme était la consubstantialité.^ cette tendance réactionnaire se joignait la tendance subordinatienne qui troc'* ici pleine satisfaction dans la phrase où Ton parle du rang et de la ^^^^