LE CONCILE d'antioche
ça sentiret *, Baron ius a vu dans cet unus Grégoire de Cappadoce, destiné au siège d'Alexandrie ; les bénédictins de Saint-Maur de leur côté, dans la note qu'ils ont écrite sur ce passage de saint Hilaire, pensent que le parti entier des évêques eusébiens était en suspicion. Ces deux sentiments sont également erronés^ car le second symbole n'est dirigé que contre les sabelliens, peut-être contre Marcel d'Ancyre, comme le font voir le troisième symbole, et une phrase dé saint Hilaire ^. Ce second symbole était ainsi conçu : « Conformément à là tradition évângélique^ nous croyons en un Dieu le Père tout-puis- 1525] santj l'auteur, le créateur et le conservateur de toutes choses, et en un Seigneur Jésus-Christ, son Fils unique engendré, Dieu par qui tout a été fait, engendré du Père avant tous les temps, Dieu de Dieu^ tout de tout, unique de Tunique, parfait de parfait, Roi de Roi, Seigneur du Seigneur, Verbe vivant, Sagesse vivante, vraie lumière, voie, vérité, résurrection, pasteur, porte, immuable et sans vicissitude, image adéquate de la Divinité, de la substance, de la volonté, de la puissance et de la gloire du Père, le premier-né de toute la création, qui au commencement était en Dieu, Verbe-Dieu, comme s'exprime l'Evangile ; le Verbe était Dieu ; par qui tout a été fait et en qui tout subsiste ; qui aux derniers temps est descendu d'en haut est né d'une Vierge selon les Ecritures ; qui est devenu homme et médiateur entre Dieu et l'homme, Tapôtre de notre foi et Fauteur de la vie, ainsi qu'il le dit lui-même : Je suis descendu du ciel^ non pas pour faire ma volonté y niais pour faire celle de celui qui m'a en-voyé ^^ qui a souffert pour nouîs et est ressuscité le troisième jour ; qui est retourné au ciel, et est assis à la droite du Père, d'où il viendra avec majesté et puissance pour juger les vivants et les morts ; et au Saint-Esprit qui nous a été donné pour la consolation, la sanctification et la perfection des fidèles, ainsi que l'ordonna Notre- Seigneur Jésus-Christ, quand il a dit à ses disciples : Allez et enseignez tous les peuples y et baptisez-les au nom du Père^ du Fils, et du Saint-Esprit, c'est-à-dire du Père qui est véritablement Père,
pi^oprës à chacune de& personnes divines. Enfin le terme â'kj-pOsiasé était alors pour les ariens et pour un grand nombre d'orientaux, synonyme de substance, ce qui fait que l'expression t^ fièv TjnoŒTOtaec Tp^a tvj 8e <Tuti.çovta sv restait |)leine d'équivoques. Saint Hilaire, De synodis^ c. xxxa-xxxiii, P, Z., t. x, col. 504- 506j n'y voulait voir qu'une réaction contre le sabellianisme. (H. L.)
1, S, Hilaire, De synodis, c. xxviii, P, t., t. x, col. 502.
2, Voir à ce sujet Zahn, Marcellus von Aricjra, p. 73.
3, S. Hilaire, De Synodis , c. xxxii, t. x, col. 504;
4, Jean,, VI, 38.
728 LIVRE II r, CHAPITRE I
du Fils qui est véritablement Fils, et du Saint-Esprit qui est vérl, tablement le Saint-Esprit. Et ces noms ne sont pas placés là sang raison et par hasard : ils signifient clairement le rang et la gloire de Thypostase propre, ceux qui sont nommés, et font voir qu'ils sont trois par l'hypostase et un par Tunion. Telle est notre foi^ celle que nous avons depuis le commencement et que nous aurons jusqu'à la fin sur Dieu et sur le Christ, et nous anathématisons toute erreur qui constitue une hérésie. Et si quelqu'un, en opposition avec renseignement manifeste et salutaire de l'Écriture, dit qu'il fut un temps ou une durée quelconque où le Fils n'était pas engendré, qu'il soit anathème ; et si quelqu'un appelle le Fils créature à la manière des créatures, ou engendré comme les autres engendrés, ou produit comme les autres sont produits, et s'il ne suit pas la tradition que les saintes Écritures nous ont conservée sur tous ces points, qu'il en. seigne ou prêche une doctrine différente de celle que nous avom reçue, qu'il soit anathème. Car nous croyons et nous suivons en toute vérité et toute droiture ce que les saintes Écritures, de même que les prophètes et les apôtres nous ont enseigné.»
Ce symbole ne renferme rien qui soit positivement hérétique, car lorsqu'il dit : « Le Fils n'a pas été créé comme les créatures, quelles qu'elles soient, ont été créées, » il ne veut pas, par ces paroles, ranger le Fils au nombre des créatures (sans cela il aurait dit : il n'a pas été créé comme les autres créatures) ; le contexte prouve que le concile veut seulement démontrer l'impossibilité d'appliquer au Fils ces expressions : engendré^ créé y dei^enu ^, On pourrait relever comme moins correctes ces paroles : « Si bien qu'étant (le Père, le Fils et l'Esprit) trois sous le rapport des hypostases, ils ne sont qu'un quant à l'union. » Saint Hilaire ^ a remarqué que ces expressions étaient moins correctes ^, il ne s'est cependant pas cru autorisé à porter contre ce symbole une accusation d'hétérodoxie et d'arianisnie ; il a plutôt cherché à démontrer que, malgré l'omission du mot ifjiooucio^, ce symbole était d'une orthodoxie irréprochable ^. Il ajoute avec beaucoup de justesse ^ que ce symbole se prononce avec une