‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 74 sur 403 · VACANCE DU SIÈGE DE CONSÏANTINOPLE · texte numérisé non relu

VACANCE DU SIÈGE DE CONSÏANTINOPLE

rait en faire un reproche à saint Epiphanc ? Les évêques orthoj xes réunis à Antiochc ont pu eux aussi agir de bonne foi, et 1 jjiême que Ton ne rejette pas les écrits de saint Epiphane sous rétexte qu'il s'est laissé aveugler à l'endroit de saint Jean Chrysostome de même ne doit-on pas rejeter les canons du concile d* Antiochc, sous prétexte que la majorité orthodoxe de ce concile s'est laissée induire en erreur par les eusébiens et a prononcé une condamnation injustifiée. Enfin il faut se souvenir que, tout en appelant les canons du concile d*Antioche canones snnctorum patrum et qu'en disant que le deuxième symbole de ce concile a été publié par une eon^regata sanctoriim synodusy nul n'a songé à canoniser tous les membres de ce concile. Dans l'Eglise primitive, l'épithète de saint était un simple titre honorifique ; il faut s'en souvenir quand on veut faire concorder des textes en apparence contradictoires.

57. VsLcance du siège de Constantinopîe, Athanase en Occident, Préparation du concile de Sardique.

Eusèbe deNicomédie ou de Constantinopîe ^ mourut presque aussitôt après le concile in encœniis ^. Les orthodoxes choisirent pour évêque Paul, jadis exilé par les ariens. Ceux-ci soulevés par Théognis de Nicée et Théodore d'Héraclée qui se trouvaient alors à Constantinopîe, se réunirent dans une autre église et élurent Macédonius. Toute la ville prit parti pour l'un ou pour l'autre et on se livra de véritables batailles qui coûtèrent la vie à plusieurs personnes. L'empereur Constance, en résidence à Antioche, apprenant ces désordres, ordonna que Paul fût de nouveau chassé ; mais le peuple s'y opposa et, dans la lutte, Hermogénès fut massacré, sa maison brûlée, son corps traîné dans les rues.

1. Eusèbe avait occupé successivement, au grand scandale des contemporains, es Sieges cpiscopaux de Béryte, de Nicomédie et de Constantinopîe ; sur ce ermep il ug fij^ qy^ passer deux années à peine. (H, L.)

-*• Date incertaine : Rode, Geschichte der Re action Kaiser Julians gegen die cftnsthche Kirche^ in-8, Jena, 1877, p. 26, note 24 ; G-watkin, Studies of aria- ^ffty 1882, p. XXIII ; Goyau, ChronoL de V empire romain, p. 439, adoptent la ^«te: premiers mois de 342; Tillemont, Mém. hist, ecclés., juillet-août 341; flefele, septembre 341 , Loofs, 341 ; X. Le Bachelct, seconde moitié de 341 ou Premiers mois de 342. (H. L )

L'empereur accourut à Constantînople ; il voulait prendre supIq peuple une terrible revanche, mais les habitants de la ville vinrent à lui en pleurant et en gémissant, en sorte que l'empereur ne les punit que légèrement; néanmoins il chassa Paul et refusa son approba, tion à l'élection de Macédonius, parce que celui-ci avait paru accep, ter cette élection sans attendre l'assentiment de l'empereur, et avait ; ainsi donné lieu à tous ces tristes incidents ^. Quelque temps après, Tèvêque Paul ayant essayé de rentrer à Constantînople, Tempereup ij^ Constance le fit saisir par Philippe, préfet du prétoire, et con^ duire en exil à Thessalonique, mais cette mesure amena un nouveau soulèvement populaire dans lequel plus de trois cents personnes trouvèrent la mort ^,

A Tépoque des dernières sessions du concile d'Antioche, les eusébiens avaient essayé de gagner à leur cause Constant, l'empereur d'Occident. En apprenant la déposition de saint Athanase, celui-ci avait écrit à son frère Constance pour lui demander des détails sur tous ces événements. Aussi les Pères d'Antioche lui députèrent-ih dans les Gaules les évoques Narcisse, Maris, Théodore et Marc, poi^ teurs du quatrième symbole d'Antioche. Constant les renvoya sans les avoir reçus -^ ; et l'un des évêques les plus distingués de la Gaule, ["532] Maximin de Trêves, refusa de communiquer avec eux *, Pendant ce temps Athanase passa plus de trois ans à Rome ^, ne pouvant

1. Socrate, Hist, ecclea,, 1. U, o. xii, xm, P. G.j t. livii, col. 208 sq. ; Sozomène, Hi^t, eccles,^ K Hï, c, vu, P, G,^ t. ixvii, col. 1049.

2. Socrato, Hist. eccles.y 1. II, c. xvi, P, G., t. lxvii, col. 213 s(j.

3. S. Athanase^ De synodis, c. xxv^ P. G,, t. xxvi, col. 725; Socrate, Hist eccles. 1. II, c. xvin, P, G., t. lxvii, col. 221 ; Sozomène, Hist. eccles.^ 1. lH, c. X, P. G., t. Lxvii, col. 1057.

4. 3« Hilaire, Fragmentum UI^ p. xxvii, P, L., t. x^ col. 67^.

5. S. Athanase, Apologia ad Constantium, c. iv, P. G, y t. xxv, col. 600. Pendant ce séjour à Home saint Athanase connut et s'attira la protection d'Eutropium, tante de Terapereur Constance| Apolo^. ad Const,^ c-^^? -P« ^m t.xî^v, col. 604. Saint Athanase avait amené avec lui deux moines égyptiens qui révélèrent à l'Occident la vie monastique, cf. S. Jérôme, Epist., cxxvii, 5, P* ^i t. XXII j col. 1090 j Grutzmacher, Pachomius und das älteste Klosterleben. Mi^ Beitrag zur M onschge schichte ^ Freiburg im Br,, 1896, p. 56. C. Martha, JÈtud^^ morales sur l'antiquité, in-12, Paris, 1896, p. 237, a exprimé admirablement la carrière d'Athanase, c auquel on ne peut comparer aucun homme pour \i persévérance infatigable, l'invincible opiniâtreté, la lucidité de la foi et qu^» sans jamais hésiter ni fléchir, a porté dans les cours aussi bien que dans 1<^^ déserts son orthodoxie intraitable et toujours militante. 9 (H. L.)

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