‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 83 sur 403 · DATE DU CONCILE DE SARDIQUE · texte numérisé non relu

DATE DU CONCILE DE SARDIQUE

La conduite indigne d^Etienne, évêque d'Antioche, ébranla la confiance de Tempereur dans le parti arien. Dans Tété de 344, il autorisa le retour à Alexandrie des clercs exilés de saint Athanase. Dix mois plus tard (en juin 345 *), mourut Grégoire, Tévêque intrus d'Alexandrie. Constance ne permit pas qu'on lui donnât de successeur; il envoya au contraire trois lettres à saint Athanase pour l'inviter à revenir dans sa ville épiscopale. Le siège d'Alexandrie resta inoccupé pendant plus d'un an, c'est-à-dire jusqu'au mois d'octobre 346 ^ ; ainsi saint Athanase rentra dans sa ville épiscopale.

Appuyés sur des monuments d'une valeur incontestable, sur les lettres festales et sur l'avant-propos, nous arrivons à un système chronologique en harmonie avec les données de l'histoire et acceptable dans toutes ses parties. L'objection émise ^contre la date 344 5371 peut maintenant se résoudre. II est exact qu'en 353 ou 354 le pape Libère a écrit que « huit ans auparavant les députés des eusébiens, Eudoxius et Martyrius (venus en Occident avec l'IxOejtç j^^axpiaTi^oc), n'avaient pas voulu à Milan anathématiser la doctrine arienne ». Mais ce concile de Milan se tint vers l'an 345 \ après et non avant le concile de Sardique. Nous sommes moins heureux au sujet d'une autre difficulté. Les eusébiens, réunis à Philippopolis, rappellent dans leur lettre synodale la déposition « dix-sept ans auparavant d'Asclépas de Gaza ». Cette déposition eut lieu dans un concile tenu

ranathème sur les principales erreurs des ariens, s'engage dans des explications un peu diffuses contre les ariens et les sabelliens, Marcel d'Ancyre et Photiij, enfin contre saint Athanase qui avait atlaqué cette proposition « que le Père avait engendré le Fils par sa volonté ». Ailleurs on Irouve cette proposition semi>arîenne, que « le Fi) s est semblable au Père en toutes choses ». Pour les détails, cf. S. Athanase, De synodis, c. xxvi, P, G., t. xxvi, col. 728. (H. L.)

1. Le 26 juin. Saint Athanase, Epist. keort, Ckron.^ P, G, y t. xxvi, coï, 1355, rapporte le fait à l'année 346. Sievers, Einleitung, p. 108, ne trouvant pas de place entre le 26 juin 346 et le 26 octobre 346 pour les trois lettres de Constance et les trois voyages d 'Athanase auprès de Constant, du pape Jules et de Constance, place la mort de Grégoire au 26 juin 345. Du 19 mars 339, date de 80D intronisation, au 26 juin 345, on a les six années d'épiscopat marquées par Théodoret, Hist. eccles., 1. II, c. m, P, G., t. lxxxvii, col. 996. (H. L.)

2. Le 21 octobre. Chronicon syriacum, P, G., t. xxvr, col. 1355. (H. L.)

3. Hefele, Contros^ersen in betr. der Synode von Sardika, dans Tub, tkeoL Quartals., 1852, t. xxxiv, p. 376.

4. Cette date flotte entre la fin de 344 et le commencement de 345. La date fin 346 commencement 347, adoptée par X. Le Bachelet, dans le Dict, de tkeol, catk.y 1. 1, col. 1817, vise un deuxième concile tenu à Milan, deux ans après celui dont nous parlons; ces deux assemblées sont souvent confondues. (H. L.)

à Antîoche ^. Si nous identifions ce concile d'Antioche avec celui de [331] qui déposa aussi Eustathe d'Antioche, nous arrivons à donner l'année [348] pour la célébration du concile de Philippopolis, et par conséquent aussi pour le concile de Sardique. On peut répondre à cette objection : a) qu'Asclépas de Gaza a été déposé trois ans avant ce concile d'Antioche de 330; ou bien b) que la traduction latine de la lettre synodale de Philippopolis (le texte original en est perdu) est fautive au sujet de ce chiffre de dix-sept. Dans tous les cas, cette lettre synodale ne saurait infirmer ce fait incontestable de la composition de la lettre pascale de 347 à Alexandrie, et par conséquent de l'antériorité du concile de Sardique.

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