LES EDSÉBIENS NE PRENNENT AUCUNE PART AU CONCILE
juges au-dessus des juges et avaient mis les eusébiens eux-mêmes en accusation.
On voit que les eusébiens refusaient au concile le droit de reviser les condamnations portées par les conciles de Tyr et d'Antioche. Au cours de ces discussions, les cinq évêques eusébiens jadis commissaires enquêteurs dans la Maréotide, proposèrent la nomination par moitié chez les orthodoxes et chez les eusébiens d'une commission qui se rendrait sur les lieux souillés par les sacrilèges d'Athanase, et si l'enquête prouvait que l'accusation des cinq évêques était 550] fausse, ils étaient prêts à se soumettre au jugement qui serait porté contre eux; mais si leurs accusations étaient fondées, on chasserait les cinq députés du parti des orthodoxes, ain^i que les partisans et les défenseurs d'Athanase et de Marcel. Les eusébiens ajoutent qu'Osius, Protogénès et leurs amis repoussèrent leur proposition et cherchèrent à les terrifier en leur parlant de la volonté et des édîts de Tempereur et tentèrent de les amener par la crainte à prendre part au concile. Alors les eusébiens avaient résolu de rentrer dans leurs pays et de faire connaître à la chrétienté, avant de quitter Sardique ^, tout ce qui s'était passé. Sur ce dernier point ils affirmaient une chose contraire à la vérité, car ce ne fut pas de Sardique, mais de Philippopolis, qu'ils envoyèrent leur lettre circulaire. Nous compléterons le récit des eusébiens par celui des orthodoxes.
Ceux-ci souhaitaient vivement la présence des eusébiens au concile; aussi les y invitèrent-ils à diverses reprises, par écrit et de vive voix; ils leur représentèrent les soupçons graves que leur abstention ferait peser sur eux ; on s'imaginerait qu'ils n'avaient aucune preuve de leurs accusations contre saint Äthan ase, ils passeraient pour calomniateurs, et le concile se verrait contraint de les déclarer tels ^. On leur répéta qu'Athanase et ses amis se faisaient forts de réfuter toute accusation et de convaincre leurs adversaires de calomnie ^. Osius fit aux eusébiens de particulières avances, qu'il rappelle dans une lettre à Constance : « Lorsque les ennemis d'Athanase vinrent me trouver dans l'église où je me tenais ordinairement, je les priai d'exposer leurs preuves contre Athanase, leur promettant toute sûreté et une justice impartiale. Je dis que, s'ils répu-
1. S. Hilaire, Fragmentum III, n. 14, P, L., t. x, col. 667 ; Hardouiii, ColL conc, t. I, col. 675 sq.; Mansi, Concil, ampliss, coll., t. m, coL 131-134.
2. S. Athanase, Apolog, c, arian.^ c. xxxvi, P, C, t. xxv, col. 308.
3. S. Athanase, Hist. arian, ad monack.^ c. lxxvi, et Apoî. c. arian.^ c. XLv, P. G*y t. XXV, col. 328, 785.
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HVRE IV
gnaîent à s'expliquer devant tout le concile, ils devaient au moinj s'ouvrir à moi. J'ajoutai que si Athanase était reconnu coupable, i] serait exclu par tous. S'il est reconnu innocent, que vous soyez coq. vaincus de calomnie, et que vous refusiez tout rapport avec lul,j( le déterminerai à m'accompagner en Espagne. Athanase, ajoute Ogîus, accepta sans hésiter ces conditions; mais les eusé biens, dontant de la bonté de leur cause, déclinèrent ces propositions ^.
Athanase rapporte de son côté que « les eusébiens avaient préféré dans les circonstances présentes (c'est-à-dire au moment devoirlj reprise de l'affaire et l'abrogation des décrets de Tyr et d'Antioche quitter Sardique plutôt que d'être publiquement convaincus de calom. nie. L'appui de Pempeyeur Constance les assurait qu'une sentenccd« déposition, fût-elle prononcée contre eux, ne serait jamais ratifiée^. Pour couvrir leur départ d'un prétexte, ils prévinrent le parti ortho» doxe, par Eusthate, prêtre de Sardique, que la nouvelle de la victoire de l'empereur sur les Perses les forçait à lui aller porter m\ le champ leurs félicitations. Sans être dupe de cette supercherie, Osius leur répondit : « Si vous ne venez pas, si vous ne vous lavez pas des accusations de calomnie qui pèsent sur vous, si vous m montre? pas la fausseté de ce dont on vous accuse, sachez que 1« concile vous condamnera comme coupables et déclarera innocenti Athanase et ses compagnons. » Les eusébiens firent la sourde oreille et quittèrent Sardique pendant la nuit ^.
62, Travaux du conçue de Sardique,
Le procès contre Athanase et ses compagnons aurait pu paraître terminé par la fuite des eusébiens, mais le concile voulut aller jusqu'au bout. Animé du désir de rendre un jugement impartial et Je ne laisser aux eusébiens aucun prétexte de continuer leurs intrigues, il décréta la revision entière de l'affaire et de tout ce qui avait et« dit pour ou contre Athanase *. L'enquête prouva les calomnies des
1. S. Athanase , Eist (trian, ad monachf, c iç^iv, i?. G,, ti xxv, col. 74i
2. S. Athanase, Ifist. arian, admonach,, c, ?:v, p, Ç., t, xxv, col. 709.
3. S. Hilaire, Fragmentum il, p. 16, P, Z., t, x, col. &%3 j S. Athanaic, Mi arian, ad monaçhosy c. xvi, P. 6^., t, xxv, col 1%%.
4. Hardouin, op, cit., t. i, col. 666 ; Maasî, pp^ cit^^ t. ii^ ço). 62,