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Les deux ei^emples précédents, analysés

(i) M*** Laugier, depuis M»* Babinet, et M"* Diifresne, depuis M"* Dumont.

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comme je viens de le faire, me semblent donc démontrer commm/ une musique très-simple et des paroles qui n'ont rien de remarquable , en s' associant à nos souvenirs, en deviennent pour ainsi dire inséparables et contribuent à les conserver dans notre mémoire, à cause des idées agréables qui s'y rattachent.

Si le dernier exemple que j'ai cité explique la raison de plusieurs des effets complexes de la scène, lorsque l'esprit reçoit des impressions par le concours de la vue et de l'ouïe doublement frappée par les sons du musicien et les paroles du poëte, je n'en conclurai pas que l'effet des grands opéras tragiques doit nécessairement l'emporter sur celui des tragédies simplement déclamées. Loin de là; mais pour être compris, je dois envisager le drame relativement à la nature de son sujet et relativement à la disposition où se trouve 1 spectateur pour en être affecté.

49. La musique s'appliquant heureusement aux sentiments religieux, aux sentiments tendres de l'amour, à des marches, des danses, des exercices, à des actes, en un mot, comportant certains mouvements, il est aisé de reconnaître les sujets tragiques auxquels elle conviendra. D'un autre côté, dans l'obligation où se trouve le musicien de sacrifier à des principes de répétition, et j'oserai dire à des^ymétries de sons, telle action dramatique qui, ne com-

portant pas d'accessoires, doit aller rapidement a son dénoûment, loin de g^agner à l'alliance de la musique^ y perdra de son inté|»êt, parce que la marche en sera ralentie, l'énergie de la parole affaiblie, et les mots sublimes que le disdogue pourra renfermer ne frapperont pas l'esprit comme ils l'auraient fait en y arrivant par la simple déclamation. Tel est du moins l'effet d'un sujet essentiellement tragique, qu'il s'appelle les Horaces, Rodogune, Athalie ou Mérope. Mais dans AihaUe, la scène des prophéties montre toute la g'randeur des effets auxquels s'élève la poésie la plus sublime, parlant, non pas en mJhm temps que la musique, mais alternant son langage avec les accords de celle-ci, ou en d'autres termes recourant à des impressioîis de succession et non de simultanéité 1

50. En disant que tout ce qu'il y a de plus élevé, de plus sublime dans la tragédie, s'abaisse en s'alliant à la musique, qui alors est bien certainement un accessoire à l'œuvre du poète, je reconnais les motifs d'après lesquels plusieurs catégt)ries de personnes préfèrent la tragédie chantée à la tragédie simplement déclamée : les unes par l'étude approfondie qu'elles ont faite de la musique ; les autres par le goût qu'elles ont pour elle, par leur habitude d'en

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parler, d'en développer les beautés à leur manière, ne craigpnant pas de contradictions graves, parce que les sons musicaux dénués du sens précis de la parole, se prêtent, en raison de ce vague même, à toutes les interprétations qu'on veut leur donner. Enfin il est des personnes pour qui le chant du musicien ajoute toujours au charme de la parole qu'il accompagne, en raison d'une disposition d'après laquelle beaucoup de gens trouvent trop simples les plus belles lignes de l'architecture monumentale, trop unies les surfaces grandioses qu'elle offre à la vue, trop simples et trop peu nombreux les accessoires distribués avec discrétion sur un monument par le génie, à la condition expresse qu'ils ne nuiront jamais à Tefifet de l'ensemble.

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