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TROISIÈME RÉSULTAT

Des corps complexes se simplifient, mais en même temps un ou plusieurs des corps constituants contractent une combinaison, de sorte qu'il y a à la fois analyse et synthèse.

Ce cas est excessivement fréquent, et c'est le moment de parler de V affinité élective.

àS MOTIONS CHIMIQUES.

32. Les corps les plus disposés à s'unir à un même corps n'ont pas pour celui-ci une affinité ég^le, de sorte que telle combinaison de ce corps sera décomposée par un autre corps en vertu d'une supériorité d'affinité appelée élective ^ parce qu'il semble que le corps nouvellement entré en combinaison est choisi, ou préféré à celui qui est expulsé.

Chauffons par exemple un mélange à égales parties de sulfure de mercure et de limaille de fer pure dans une cornue munie d'un récipient à long» col , et nous verrons de la vapeur mercurielle se condenser en liquide dans le récipient, tandis que le fer fixera le soufre. Le soufre semble donc s'unir au fer de préférence au mercure, ce qu'on exprime en disant que, relativement à ce dernier métal, il y a affinité élective du soufre pour le fer.

Chauffons dans une cornue de verre munie d'un ballon 100 parties d'azotate de potasse avec 97 parties d'acide sulfurique hydraté d'une densité de 1,83, nous recueillerons dans le ballon de l'acide azotique hydraté, tandis qu'il restera du bisulfate de potasse dans la cornue. Alors on dira que l'acide sulfurique est préféré par la potasse à l'acide azotique en raison de cette affinité qucdifiée d'élective.

53. S'il est vrai qu'on désunit les principes d'un grand nombre décomposés par les forces physiques,

NOTIONS aiIMIOLES. 49

telles que la chaleur, la lumière, rélectricité, employées exclusivement, il est encore vrai qu'on opère un grand nombre de décompositions par voie de \ affinité élective; et Ton peut dire avec raison que c'est par elle qu'on fait des analyses, lorsque ses décompositions ne sont pas opérées exclusivement ' par les forces physiques.

Mais en professant cette opinion, j'insiste sur ce que je n'admets pas Y affinité élective comme absolue, ou, en d'autres termes, je me g^arde de dire que Y affinité élective sera constante pour un corps, quelles que soient les circonstances où ce corps ag'ira relativement à d'autres corps; c'est l'opinion contraire que je professe; changez les circonstances de température, de lumière, d'électricité, de pression, de proportions des corps en présence, et les résultats pourront être inverses.

5-i. Après ces exemples d'actions moléculaires variées rapportées à Y analyse et à la synthèse, il ne pourra paraître étonnant que plusieurs savants aient défini la chimie: la science de t analyse et de la synthèse; mais évidenmienton ne peut définir une science par les moyens dont elle se sert, par les opérations auxquelles elle a recours, aussi la définirai-je : la science ([id ramène la matière à des types définis chacun par l' ensemble de ses propriétés physiques, chimiques et oryanolep-

tiqiies, types que Fort appelle espèces chimiques (54, 55, 56). La preuve au reste du vice de la première définition, c'est que l'analyse et la synthèse se retrouvent dans toutes les connaissances humaines. Cette remarque faite, il importe d'insister sur ce qu'aucune science autre que la chimie ne montre aussi clairement qu'elle les conditions nécessaires à l'exactitude des faits à la recherche desquels on a eu recours à l'analyse et à la synthèse, par la raison que les résultais de PmuLlyse ciùmique, comme les produits de la synthèse chimique, sont des corps sensibles à nos sens et définis parfaitement par leurs propriétés; en un mot, ce sont des choses concrètes. Dès lors tous les chimistes s'accordent pour se représenter de la même manière les corps séparés par l'analyse et les corps unis par la synthèse, et de plus pour contrôler l'analyse par la synthèse et la synthèse par l'analyse. Cet accord est la conséquence de ce que les corps que l'analyse sépare ou que la synthèse unit, sont chacun dési^ gnés par un nom qui donne une même idée à tous les chimistes qui l'entendent prononcer. Or il s'en faut beaucoup que^ dans les sciences complexes, les éléments mis en œuvre par l'analyse et la synthèse propres à ces sciences, éveillent les mêmes idées chez les savants livrés à l'étude de ces sciences.

NOTIONS GBQilQUES. 51

TROISIÈME CIASSE.

Comiaissances relatives aux proportions suivant lesquelles les combinaisons ^effectuent en les rapportant au poids ou au volume des corps qui y prennent part. — Distinction des combinaisons définies et des combinaisons indé-

35. On distingue deux classes de combinaisons relativement aux proportions suivant lesquelles les corps s'unissent, les combinaisons définies et les combinaisons indéfinies.

A. Combinaisons définies.

36. On dit les combinaisons définies, lorsque les corps se combinent en certaines proportions qui sont évidemment assujetties à des nombres réglés par une loi. Prenons d'abord pour exemple des corps gazeux*

Qtiatid on tentera d'utiir du gaz oxygène avec du gaz hydrogène, soit en les chauffant, soit en les soumettant à Tétincelle électrique, etc., si la proportion respective des gaz permet Tutiion, celle-ci se fera toujours entre 1 volume d'oxygène et 2 volumes d'hydrogène; en outre, si on prend de l'eau liquide et qu'on la mette en présence de l'oxygène naissant^

on produira Teau oxygénée, qui est représentée en volume par 2 d'oxyg^ène et 2 d'hydrogène.

Voilà deux exemples de combinaisons définies ; mais ce qui ajoute beaucoup à l'intérêt du sujet, c'est que s'il existe une contraction de volume dans les g*àz qui se combinent, la contraction suit un rapport simple avec le volume de l'un d'eux. Ainsi 1 volume de gaz oxygène et 2 volumes de gaz hydrogèhe donnent 2 volumes de vapeur d'eau.

Ajoutons les exemples suivants :

volume d'azote et 3 vol. d*hydrogène = 2 vol. de gaz ammoniac.

— d'azote et 2^— d'oxygène a — d'acide azotique.

— d'azote et 2 — d*oxygène = 2 — d'acide hyppazotique.

— d'azote et 1 -i — d'oxygène es — d'acide azoteux. >— d'azote et 1 ~ d'oxygène = 2 — de deutoxyde d'azote.

— d'azote et - i — d'oxygène = i — de protoxyde d'azote.

On doit donc dire avec Gay-Lussac :

E?i telles proportions que les corps gazeux s'unissent, ils produisent des composés dont les volumes des éléments sont des multiples les uns des autres; et s'il y a une contraction de volume, cette contraction a un rapport simple avec le volume de Vun des gaz.

Le nombre des gaz étant borné relativement à l'ensemble des corps simples ou complexes que nous connaissons, on ne peut énoncer en volume qu'un petit nombre de composés définis.

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