‹ Histoire des connaissances chimiquesChapitre 15 sur 117 · Heureusement qu'en énonçant en jjoids les · texte numérisé non relu

Heureusement qu'en énonçant en jjoids les

proportions d'après lesquelles tous les corps s'unissent, on est conduit à une loi très-simple qui régit les combinaisons définies.

Tous les corps doués de propriétés antagomstes prononcées, ou dune affinité mutuelle un peu énergique ^ et même quelques-uns de ceux qui ri en ont qu'une faible y ne se combinent deux à deux qu'en un petit nombre de proportio7is, et ces proportions sont le produit dune multiplication par 1 \, 2, S, i, etc., de la phis petite quantité dun des corps, la quantité de l'autre corps restant la même.

Les recherches entreprises par Wenzel dans l'intention de connaître la composition des sels, les expériences de Proust sur les oxydes et les sulfures métalliques, si concluantes lorsqu'il s'agissait de montrer que ces corps sont tous de composition définie, ont, sans contredit, exercé la plus grande influence pour conduire à formuler cette loi à laquelle la chimie doit la rigueur mathématique qui se fait sentir dans la manière dont elle exprime les proportions auxquelles les combinaisons définies sont assujetties.

38. Cette rigueur mathématique apparaît également bien dans le mode dont elle énonce ces proportions par des quantités pondérales appelées soit équivalents chimiques on simplement équivalents, soit atomes.

La seule différence entre les deux modes d'expri-

34 NOTIONS CHIMIOUES.

mer les quantités pondéraks suivant lesquelles les corps se combinent, c'est que, dans le lang^ag^ des équivalents, les nom^r^^ peuvent être fractionnaires on de simples fractions, tandis que, dans le lang*agpe du système atomique, les nombres exprimant celui des atomes combinés sont toujours entiers. Mais, je le répète, les rapports des chiffres exprimant les équivalents aussi bien que les poids des atomes combinés sont les mêmes.

59. Gomment la chimie est-elle parvenue à atteindre le but dont je parle?

C'est en prenant comme terme de comparaison le poids d'un certain corps pour y ramener les poids des autres corps capables de se combiner au poids ou aux multiples du poids du premier corps.

La plupart des chimistes ont choisi l'oxygpène en convenant de prendre 100 parties pondérales pour son équivalent ou pour son atome.

Où trouve-t-on la différence eniveXes équivalents ei lesatomesl

C'est lorsqu'on a voulu ne pas confondre l'expression de la composition énoncée en volume des composés dont les principes sont susceptibles d'être réduits en g^, avec l'expression de la composition des mêmes composés énoncés en atomes.

Par exemple, en prenant l'équivalent de Toxyg^ène égal à 100, on a dît 12,50 étant la plus petite quantité d'hydrogpène susceptible de s'y unir, 12,50 sera l'équivalent de l'hydrogène.

Quand, au contraire, on a voulu confondre l'expression de la composition énoncée en volume avec l'expression, de la composition énoncée en atomes, on a dit 1 volume d'oxygène pesant 100, se combinant à 2 volumes d'hydrogène pesant 12,50, le poids de l'atome de l'oxigène sera égal à 100, et le poids de l'atome d'hydrogène sera égal à î^, c'est-à-dire à 6,25.

40. J'ai dit que la plupart des chimistes ont pris l'oxygène pour point de départ des équivalents et des atomes, et ce choix se conçoit facilement, vu la grandeur du rôle de l'oxygène dans les actions chimiques, quant au nombre de celles-ci, quant à l'influence qu'elles reçoivent de sa présence dans leurs propriétés, et quant à la prépondérance de l'oxygène comme agent chimique dont l'action n'est pas bornée à la nature inorganique, puisqu'elle s'étend encore à la matière vivante, de manière qu'à sa présence dans l'atmosphère et dans les eaux est liée Texistence des plantes et des animaux.

Cependant on ne peut taire que Dalton ait préféré r hydrogène à l'oxygène pour point de départ, parce que son équivalent ou son atome étant le moins pe-

sant de tous les équivalents ou atomes, il l'a pris comme égal à 1 . Le docteur Prout, en adoptant l'opinion deDalton, a prétendu en outre que lespoids équivalents ou les atomes de tous les autres corps sont représentés par des multiples simples de l'unité, poids de l'équivalent ou de l'atome de l'hydrogène.

L'équivalent de l'hydrogène étant

et son volume a

L'équivalent de l'oxygène est

et son volume i

L'équivalent du carbone est

L'équivalent de l'azote est

L'équivalent du calcium est

ao

L'équivalent du soufre est

L'équivalent de l'arsenic est

L'équivalent du phosphore est

L'équivalent du fer est

41. Si Ton voulait] confondre l'expression des compositions en volume avec" celle des compositions en atomes, il faudrait alors que

L'atome de l'hydrogène étant .... i

L'atome d'oxygène fût : . . i6

Etc.

B. Combinaisons indéfinies.

42. Les combinaisons sont dites se faire en proportions indéfinies , lorsque prenant une certaine quantité d'un corps, on voit qu'un autre corps s'y unit depuis la plus petite quantité imag^inable jusqu'à

une autre qui constitue la limite de la combinaison, limite qu'on appelle le terme de saturation.

Par exemple, prenez 100 grammes d'eau et 1 milligramme de sucre, celui-ci disparaît dans l'eau en s'y dissolvant, enfin l'eau ne cessera pas de dissoudre du sucre à froid jusqu'à ce que vous ayez atteint le terme de saturation.

Voilà l'exemple d'une combinaison indéfinie.

La. température a la plus grande influence sur la solubilité. Le plus souvent, elle aug-mente la quantité d'un corps solide qui se dissout dans un liquide.

Ainsi, à partir de 100^ on dit que l'eau dissout le sucre en toutes proportions.

43. Quoi qu'il en soit des nombreux cas où la solubilité des solides dans des liquides croît avec la température, on peut citer beaucoup de corps qui présentent le phénomène inverse.

Par exemple, l'hydrate de chaux, l'hydrate de magnésie et surtout le butirate de chaux, sont plus solubles à froid qu'à chaud.

44. Ce serait une erreur de penser que tout corps dissous dans un liquide s'y trouve nécessairement en proportion indéfinie, car dans beaucoup de cas où Ton a étudié avec précision les corps susceptibles de former des solutions, on a vu que le solide, avant

de se dissoudre s'unit en proportion définie avec une portion du liquide, de sorte qu'alors la solution présente un composé défini du solide et du liquide , lequel composé est dissous en proportion indéfinie dans la quantité de ce liquide en excès à la première.

Par exemple, Teau de chaux présente un hydrate de chaux défini représenté par un atome d'eau et un atome de chaux dissous en proportion indéfinie dans l'eau.

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