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CONCLUSION

Belaûve à la différence de la synthèse dans les sciences naturelles, dans les beaux-arts et dans les lettres.

509. La synthèse pratiquée dans les beaux-arts et les lettres diffère de celle qui l'est dans les sciences

282 LA PIHLOSOPHIE NATURELLE.

naturelles en ce que, dans le premier cas, elle ne comprend qu'un certain nombre d'attributs choisis parmi ceux d'un ensemble que des objets concrets ont présenté à l'artiste, au lettré, tandis que, dans Iç second cas, la synthèse n'a point à choisir, parce que loin d'exclure, le but des sciences naturelles qui y recourent est de connaître toutes les propriétés et tous les attributs avec leurs rapports mutuels, que l'analyse a séparés d'un objet, d'un être concret , afin qu'en réunissant ces propriétés et ces attributs, elles reconstituent cet objet, cet être.

Mais, dans l'état actuel des sciences naturelles, il n'existe pas un seul objet, pas un seul être, dont nous connaissions toutes les propriétés, tous les attributs, conséquemment ^vssuxit synthèse scientifique ne peut aujourd'hui être considérée comme reproduisant complètement Xobjet ou Xétre qu'elle concerne ; toute synthèse scientifique est donc incomplète.

510. Le g^énie scientifique ne crée pas, il découvre ce qui auparavant avait été caché ; mais son œuvre, loin d'avoir le caractère de Yabsolu^ du fini, prête à de nouvelles découvertes, et plus le nombre en est g'rand, plus la découverte orig'inelle dont celles-là sont des conséquences a de g'randeur dans l'opinion du monde savant.

511. La synthèse du lettré et de l'artiste est tout autre : sans doute les abstractions , les faits, les propriétés, les attributs, mis en œuvre par elle, sont au fond identiques à ceux du ressort de la synthèse scientifique, mais elle n'en réunit qu'un certain nombre pour en former un tout que Ton peut qualifier de création, lorsque ce tout a vraiment le caractère du génie de l'art, ou du génie littéraire.

IHfférence des cmvres de l'artiste et du lettré avec Posmyre du savant.

312. Il est facile maintenant de caractériser l'œuvre de l'artiste ou du lettré et l'œuvre du savant.

Celle-ci est d'autant plus belle , plus considérable et plus grande, qu'elle est riche en conséquences ; que les savants, successeurs de l'auteur de l'œuvre, rétendent davantage en ouvrant des voies aboutissant à de nouveaux horizons. En définitive, la grandeur de l'œuvre scientifique se manifeste surtout lorsque l'esprit qui la contemple en suit les développements sans apercevoir de bornes qui la limitent!

515. L'œuvre de l'artiste ou du lettré a le caractère de V absolu, du fini; on ne peut sans l'altérer rien

284 LA PIirLOSOPHrE NATURELLE.

y' ajouter, rien en retrancher; et comment en serait-il autrement? quand nous savons qu'elle se compose do qualités, d'attributs réunis par la synthèse, après un choix qui a exclu un certain nombre d'autres qualités, d'autres attributs.

514. Telle est donc la différence existant entre les œuvres de l'Académie des beaux-arts et de l'Académie française d'une part, et d'une autre part les œuvres de l'Académie des sciences, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et de l'Académie des sciences morales et politiques. Les unes ont pour caractère V absolu, le fini, et les autres le progrès, Y infini!

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