‹ Histoire des connaissances chimiquesChapitre 70 sur 117 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

315. Je ferai une dernière réflexion sur celle distribution des connaissances humaines du ressort âe la philosophie naturelle que j'ai prise comme /ait, telle que l'ont représentée parle lang^g'e l'ensemble des hommes qui y ont pris part.

Je l'ai considérée comme l'expression de la faiblesse de l'esprit humain, procédant avec la double faculté qu'il a d'abord d'analyser et de réunir ensuite par la synthèse ce qu'il a séparé d'un ensemble, d'un tout ; et j 'ai montré la nécessité, à cause de cette fai-

blesse même, de contrôler les rémltats de F analyse par la '^l/fithèse, et les produits de celle-ci par f analyse.

Dans l'impuissance où se trouve la méthode a posteriori, telle qu'elle a été généralement envisag^ée, el telle que je la définis par la qualification d'expérimentale, dans rimpuissance, dis-je, où elle se trouve (le définir la matière ou les corps, autrement que par des propriétés, des attributs, j'appelle abstractions ces [n^opriétés, ces attributs, parce que la condition de les bien reconnaître est de séparer par Tintellig'ence chacune de Ces propriétés, chacun de ces attributs, du concret auquel il appartient^ afin de l'étudier isolément, et, quand il est possible, comparativement avec la même propriété, le même attribut, appartenant à plusieurs autres objets concrets.

En définitive, par la raison que ces abstractions parfaitement définies sont les seules connaissances que nous ayons des corps, je les nomme des faits.

516. La définition que je donne du mot fait, une fois admise, ne rend-elle pas un compte aussi clair que ûdèle des relations mutuelles des connaissances humaines, en faisant justice des classifications absolument arbitraires, soit que distinguant trois facultés de rintellig^ence, la mémoire, la raison et Vima- (jitîation, on la représente par trois branches-mères d'un arbre portant pour fruits : \ histoire^ la philoso-

28(i LA PHILOSOPHIE NATLTIELLE.

phie et la poésie, soit qu'on imagine, sous prétexte de rationalisme, des circonscriptions de science différentes de celles qui existent? Ne repousse-t-elle pas encore comme inexactes les relations des sciences représentées par les baguettes d'un faisceau que réunit un lien extérieur, ou par Tirnage d'un cercle formé des neuf muses se donnant la main ? Car ces images allégoriques ne représentent-elles pas des rapports grossiers de simple juxtaposition tout à fait éloignés de la vérité, au lieu de ces rapports d'intime umon^à' anastomose, d'iniussuscêption, puis-je ainsi dire, qui relient entre elles toutes les connaissances humaines, de sorte qu'en définitive ce sont les mêmes idées que mettent en œuvre le savant, le lettré et l'artiste !

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