PEUVENT PARAITRE INDÉPENDANTES
D'UME HISTOIRE DES CONNAISSANCES CfflMIQUES.
325. Il est impossible à mon sens quç Tauteur d'une histoire des connaissances chimiques ne rat<^; tache pas à cette science des idées qu'on pourrait en croire indépendant^ , parce que des écrivains qui n'étaient pas cbjUnistes en ont parlé les premiers, ou que Vatterntion des philosophes commença à se fixer sur elles à une époque où la chimie n'existait point
"VOLCOfèx^oifkme science.
326. Parmi ces idées, je citerai celles qui oflbcernentia nature des corps, la formation de ceux qu'on envisageait alors comme complexes ; la force prise dans les molécules ; la destruction apparente de la
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matière, ou sa transformation, ou, ce qui revient au même, la circulation des éléments dans des corps affectant les formes les plus variées. Les anciens philosophes, en se livrant à Texamen de ces idées, ne craignaient pas d'aborder des questions qui exigeaient la lumière des sciences physico-chimiques pour être traitées avec quelque chance de succès : aussi durent-ils échouer, malgré la force de leur intelligence et leur esprit observateur, lorsqu'ils voulurent distinguer les éléments de la matière, assigner une composition essentielle aux corps complexes, parler de la formation de la terre, expliquer la combustion, en un mot traiter de» phénomènes passagers ou permanents du ressort des actions chimiques. Mais si Técueil contre lequel leurs efforts se brisèrent ne pouvait être franchi avec les moyens dont ils disposaient, ils montrèrent jusqu'à l'évidence qu'ils sentaient le boioin de compr^dre dans la philosophie l'étude du moade extérieur, et, sous l'influence de ce sentiment, plusieurs grandes harmonies de la nature n'échappèrent point à leur observation , quoiqu'ils les représentassài^Bt®'^ ^^^ images de la poésie, au lieu de les décrire dans le 'langage précis de la science.
527. Les notions dont je veux parler concernent les hommes et les choses.
ll^DÈI^E^NDANTES DXNE IIISTOilŒ DE LA GHIMiE. 299
Les hommes se ressemblent assez par Torganisalion pour qu'ils reçoivent un grand nombre d'impressions semblables de la part de choses du monde extérieur où ils vivent, mais avec ces impressions semblables ils en reooi ven td'autresqui n'affectentpas tous les individus de la même manière. C'est ce double résultat de similitude d'impressions dans la g-énéralilé des hommes^ et de différence d'impressions suivant les individus, qui me détermine à considérer Thomme à divers points de vue, propres, selon raoi, à montrer la cause de faits généraux des sociétés humaines et l'origine d'opinions trop négliê:ées peut-être de quelques esprits sérieux auxquels elles ne semblent pas dignes de captiver l'attention du savant, et dès lors ne pas justifier la peine du critique qui se propose de remonter jusqu'à elles pour expliquer des faits que l'esprit de l'homme présente à toutes les époques de son histoire.
328. En étudiant l'organisation de l'homme comme individu doué de cinq sens qui le mettent en relation avec le monde extérieur, en le considérant comme être pensant doué, de la sociabilité, on se Pend raison de la perfectibilité de l'individu et de l'espèce, en même temps que l'analyse des diverses facultés composant son intelligence explique comment, la raison faisant défaut, ce même homme, le
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seul être de la création vraiment perfectible, est le jouet d'illusions de toutes sortes. La conscience de la réalité lui échappe et il est tombé au-dessous de rinstinct départi à la brute par la Providence. Sans le trouble de la pensée de Thomme que la raison a cessé de g'uider, on ne s'expliquerait point l'abaissement où le place la soif qu'il a de connaître l'avenir par la divination^ et son ég-oïsme lorsqu'il sacrifie tout à l'espérance de posséder la richesse au moyen de la transmutation métallique, et de s'assurer une long'ue vie à l'aide d'une panacée universelle propre à le guérir de ses maladies.
529. Voilà mes motifs pour consacrer ce livre de l'introduction à une histoire des connaissances chimiques, aux sujets traités dans les cinq chapitres suivants.