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Une explication devient nécessaire

Si vous prétendez rester dans la science, il ne faut ni équivoque ni pétition de principes (392)^ ni invoquer une nature intelligente (391), ni supposer la matière douée de forces différentes de celles que nous lui attribuons ; il importe en un mot de rester dans le connu : à ces conditions seulement la discussion est sérieuse.

Quand la nature produisait spontanément les plantes, les animaux et l'homme, elle avait une puissance, dites-vqus, qu'elle a perdue depuis.

Voilà ce que je ne conçois pas , ni au point de vue de la composition chimique des corps vivants A), ni au point de vue de leurs facultés instinctives et intellectuelles B).

A) Si je me représente sans difficulté des épo<^es où les forces de la matière, au point de vue de la constitution chimique du g'iobe, agissaient dans

l'atmosphère et dans Técorce terrestre avec plus d'intensité qu'aujourd'hui, de sorte que de vastes chaînes de montagnes étaient soulevées , et que de g^nds cataclysmes, en creusant de profondes vallées, chang^eaient le relief des plaines, je ne me représente plus l'influence de cette pmssance pour développer la vie; car la composition chimique des êtres vivants ne souffre ni une grande chaleur ni une forte électricité; elle cède môme à ces forces en se simplifiant dans sa composition. Les composés produits sous l'influence de la vie sont plus complexes généralement que les composés de la nature inorganique; leur stabilité est moindre et leur formation fort lente. Dans cet état de choses, il faudrait donc expliquer comment cette nature serait assez puissante pour engendrer la vie, tout en étant cependant incapable d'altérer la composition chimique des produits vivants.

Si on alléguait que cette nature puissante n'a pas créé les espèces actuelles, mais les espèces antédiluviennes que l'on prétendrait avoir été plus fortement constituées au point de vue chimique que les autres , je rappellerais la ropiarque que je fis il y a quelques années, c'est que les conditions où vivaient les espèces antédiluviennes devaient avoir les plus grands rapports avec les conditions du monde actuel, à en juger par les formes de ces espèces, parla composition des

OS que nous trouvons à Tétat fossile, et par Thabitude de leur vie sur la terre et dans les eaux douces ou salées; car évidemment leur constitution vitale était subordonnée à /'eau, et celle-ci devait être constamment liquide dans Tintérieur de leurs organes, et les principes plastiques ne pouvaient subir trèsprobablement une température de 75' sans se solidifier. Une vie permanente, en ce cas, n'étail donc possible qu'au-dessus de zéro et au-dessous de 75\

B) Au point de vue des facultés instinctives et intelligentes.

Si le recours à une nature plus puissante que la nature actuelle pour expliquer les générations spontanées des êtres vivants suscite des objections plutôt qu elle n'appuie l'opinion pour laqifèUe on l'invoque, à plus forte raison n'a-tr-elle aucune sig*nifîcation quand on considère les instincts et les facultés intellectuelles. Sur quoi se fonde une telle opinion, à quelle analogie recourt-on pour que les forces de la nature brute engendrent et Y instinct de l'anima, faculté dont tous les actes dénotent la science la plus profonde comme la plus prévoyante, Qt l'intelligence de l'homme douée du sens moral ? Certes une étude approfondie de l'instinct des animaux, au lieu de conduire l'homme à l'athéisme, ne lui inspire-t-elle pas la pensée que, comme la brute, il pourrait bien

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avoir reçu quelques notions dont il ne démêle pas lorigpine ?

b) ly homme {^9&).

401. Je viens de montrer ce que \ affirmation de F athée a de contraire à Tesprit de la méthode a posteriori expérimentale et à la probabilité de la vétité scienti^ fiçue.

Après avoir parlé comme savant, une réflexion sera permise à l'homme comme complément de ma pensée ; des écrits à l'adresse des gens du monde, où Ton s'appme de la science pour affaiblir, sinon détruire, le smtiment religieux y me la suscite. Je vois tout ce que lasociété peut perdre en les lisant , et je ne vois pas ce qu'elle peut y gagner. Certes les conditions de rhumanité, dans tous les rangs de la société, ne sont pas si heureuses pour qu'on veuille les affaiblir encore! Or je demande à ceux qui ont fait une étude sérieuse du cœur humain, s'ils lui connaissent un sentiment plus cher que V espérance! Eh bien, vous qui prétendez écrire pour le bonheur des hommes en les éclairant des lumières de la vérité, afin de détruire ce que vous traitez de préjugés, attendez, pour que j'applaudisse à vos efforts, que vous ayez découvert quelque chose de meilleur que V espérance pouf consoler une mère de la mort de son fils.

soutenir un malheureux en proie à la misère ou à la douleur, calmer celui qui a failli et qui se repent, pour adoucir enfin les dernières heures du criminel frappé par la justice des hommes !

Du pyrrhonisme.

402. En parlant dnpyrrhonisme, je n'ai pas en vue beaucoup de gens qui en font profession dans le monde sans que leur opinion soit toujours sincère, je considère surtout la disposition que portent dans quelques sciences ou dans la philosophie un certain nombre d'esprits honnêtes , sérieux et timides. ■

Avec nos connaissances bornées, ma foi en la méthode A POSTERIORI expérimentale, et mon éloignement de ce qui est a priori, dogmatique, sans bonne raison m contrôle, je conçois fort bien comment les esprits dont je parle arrivent au doute, au pyrrhonisme, et j'ai hâte de dire que je ne les crois pas susceptibles d'être athées, parce que, selon moi, on ne le devient qu'avec une tendance à Y a priori ou au dogmatisme, et en fermant les yeux sur un ensemble de faits absolument contraires au matérialisme.

Lorsque je m'intéresserai à un jeune esprit disposé au doute, je lui conseillerai de sortir le plus promptement possible de cet état en se familiarisant avec des travaux de philosophie naturelle où l'ob-

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servation, le raisonnement et Texpérience ont heureusement concoijru à résoudre des questions du domaine de cette philosophie; l'étude de ces travaux l'encouragera sansdoute^eten réfléchissant, à l'aide qu'il trouvera dans la méthode, il sentira que s'il faut une certaine réserve pour admettre les choses nouvelles, un peu de crédibilité et à' imagination sont favorables aux travaux scientifiques, à la condition, bien entendu, de recourir plus tard à la froide raison quand il s'agira de tirer des conclusions définitives. A l'égard de tout esprit sain , quelque peu vig^oureux, le doute est toujours pénible. Heureusement que le champ de nos connaissances est assez vaste pour trouver promptement des sujets du domaine de la philosophie naturelle dont l'étude conduit sans de g^rands efforts à des résultats de quelque certitude; et, pour dire toute ma pensée, je ne pense pas que passé une certaine limite, l'esprit de doute, lors même qu'il est éclairé d'études scientifiques réelles, soit favorable à la découverte des vérités du domaine de la philosophie naturelle.

403. Les questions que je viens d'élever contre les allégations de l'athée n'ont été ni traitées ni posées même, et cependant, avant d'énoncer des affirmations en faveur de l'opinion que je viens de combattre, n'aurait-il pas fallu s'expliquer sur les difficultés soulevées?

404. En résumé, avec notre science, si imparfaite encore, comment osez-vous trancher la question capitale de l'homme? Parce que tous neco/zcevez pas Dieu, vous le niez ! Mais Tespace existe, vous le reconnaissez! Est-il limité ou sans limites? J'avoue mon humilité, incapable que je suis de le concevoir, ni avec des limites ni sans limites. Eh bien, si, à votre exemple, je niais l'espace, que diriez- vous de ma conclusion?

405. Le tableau suivant montre assez bien les trois gtoupes dont je parle dans le christianisme, le judaïsme et le mahomélisme.

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