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RAPPORTS DES BEAUX-ARTS AVEC L'HOMME

INTRODUCTION

4. Si l'abstraction est la base de toutes les connaissances positives qui constituent les sciences, et si, commej'ai cherché à le prouver, ce qu'elles nomment des faits ne sont que des abstractions précises parfaitement définies, il n'est pas moins important pour la connaissance de Thomme de démontrer que les beaux-arts n'offrent au sens auquel chacun d'eux s'adresse que des abstractions, quand même ils nous présentent un objet, un portrait, par exemple, qui semble réunir toutes les propriétés, toutes les qualités, tous les attributs visibles d'un modèle concret,

5. Mais chacun des beaux-arts ne produit tout l'effet dont il est susceptible qu'autant que des idées relatives au passé ou à l'avenir s'associent à l'impression que nous en recevons. Dans le premier cas, à l'impression du présent s'associent des sou-

venirs d'autant plus capables de nous émouvoir, que les choses qu'ils retracent sont absolument passées, que jamais nous ne les verrons se reproduire; dans le second cas, à l'impression du présent s'associe ridée d'un avenir susceptible de revêtir toutes les formes, de prendre toutes les couleurs, d'offrir enfin toutes les harmonies que l'imagination se plaît à créer, lorsqu'elle s'engag^e dans un espace sans borne, qu'elle s'abandonne à une durée sans fin , en d'autres termes, lorsqu'elle se perd dans l'infini de l'espace et du temps. C'est principalement à ce dernier point de vue que l'impression de l'art venant à s'associer à la pensée religieuse, donne à celui qui l'éprouve l'idée la plus élevée de l'art humain, par la sublimité même de la pensée dont son œuvre est l'occasion.

6. Au principe de l'association des idées, si fécond en conséquences pour celui qui remonte à l'origine des effets des beaux-arts afin •d'apercevoir l'intimité de leurs rapports avec nous-mêmes, doit se joindre dans l'esprit de quiconque veut se rendre compte delà spécialité de chacun d'eux, la prise en considération de ce qui est simultané ou bien successif, parce que des faits qui tombent immédiatement sous nos sens ou des phénomènes subordonnés à cette distinction découlent, lorsqu'ils ont

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été nettement définis, des caractères précis propres à grouper les effets des diverses sortes de beauxarts.

7. Le tableau suivant résume fidèlement mes idées sur les rapports des beaux-arts avec nousmêmes, lorsque nous les envisag^eons au point de vue de la simultanéité ou de la successivité de leurs effets.

Beaux-arts parlant

Sculpture.

Peinture. \ Effets simultanés.

A)Auxyeiw. j^^.^^^^„^

Effets simultanés plus grands que les effets successifs.

Ja/dinique.

B) A Touîe I Musique.

Effets simultanés moindres que les effets successifs.

,. . . ( Effets successifs que la mémoire

C) A l'esprit. I Poésie. ^

( peut se représenter simultanés.

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