‹ Histoire des conquêtes et de l'administration de la Compagnie anglaise au BengaleChapitre 13 sur 21 · GO · texte numérisé non relu

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Murshedabad ; enfin, le 7 février 1757, il fut obligé de signer un traité par lequel, en ratifiant

la Compagnie anglaise , il lui accordait en outre plusieurs domaines et de nouvelles immunités. Ce traité, ainsi que les particularités qui en furent la suite, sont rapportés tout au long dans l'Appendice de M. Bolts, n 08 4 et 2.

Ce traité est le premier qu'ait jamais fait la Compagnie anglaise avec les nababs du Bengale. Il fut confirmé solennellement par les serments les plus forts. Sujah-al-Dowlah jura de l'observer par Dieu et Mahomet, sur le Coran; et lord Clive fit la même promesse sur l'Évangile , par Dieu et Jésus-Christ.

La nécessité dans la politique enfreint tous les serments et tous les traités. La Compagnie anglaise, quatre mois après la convention, résolut de chasser Sujah-al-Dowlah de sa nababie, et de la donner à un autre (1).

M. Dupleix, gouverneur de Pondichéry, qui le premier a montré la supériorité de la discipline européenne sur les habitants de l'Inde, après ses victoires sur la côte de Coromandel, avait inventé le trafic des nababies. La Compagnie profita d'un

(1) Les Anglais apprirent dans ce temps que la guerre était déclarée dans la Grande-Bretagne contre la France, et ils découvrirent que les Français négociaient secrètement avec le nabab Sujah - àl - Dowlah. On décida dans l'Inde que , sans égard pour la neutralité qu'on avait proposée aux Français , on attaquerait leurs établissements du Bengale. *A peine ce projet fut-il formé, que les soldats de la Compagnie vinrent à bout de l exécuter. Une escadre , commandée par les amiraux Warton et Pocock et par lord Clive, investit Chandernagor le 23 mars i757. Elle s'en empara après une canonnade de quelques heures, et la ville et les fortifications furent rasées de fond en comble.

toutes les anciennes possessions

si bel exemple. Mir Jafficr Ally Khawn, qui avait épousé la sœur d'Allawerdy, avait fait éclater contre Sujah-al-Dowlah des sentiments de haine , et les Anglais le choisirent pour leur nouveau nabab (1).

Sujah-al-Dowlah, trahi par Mir Jaffier, son parent et son sujet , fut battu dans la plaine de Plassey > le 23 juin 1758. Son armée de cinquante mille fantassins et de vingt mille cavaliers , avec cinquante pièces de gros canon, fut mise en déroute par une poignée de soldats que commandait lord Clive , et le nabab lui-même fut obligé de se déguiser pour prendre la fuite (2). Ses troupes firent si peu de résistance , que les Anglais eurent seulement soixante-dix hommes tués ou blessés.

D'après cette victoire , et les conditions qu'on avait stipulées d'avance avec Mir Jaffier, il fut installé, le 20 juin 1757, nabab du Bengale, par lord Clive. Mir Jaffier fit un nouveau traité avec la Compagnie anglaise, qui fut confirmé, comme à l'ordinaire, par les serments des parties contractantes (3). Il ratifia toutes les anciennes concessions et privilèges, ainsi que le traité fait avec son prédécesseur; il accorda en outre de nouvelles possessions à la Compagnie

(1) Letter of Scrafton upon the caracter of Mir Jeffier, p. 44, et Scrafton's Reflections, p. 75.

(2) Scrajton's Reflections , p. 85.

(3) Par cette révolution, lord Clive obtint le titre (Tomrah de Mir Jaffier, à qui il avait donné la Nababie. Voyez Letter of lord Clive to the proprictors of east India stock, p. 35. En vertu de sa nouvelle dignité, lord Clive était supposé entretenir sept mille hommes de cavalerie. Le nabab lui lit pour cela une pension de trente mille livres sterling.

anglaise , et dos sommes immenses d'argent pour la défrayer des dépenses de la guerre (1).

Sur ces entrefaites , Sujah-al-Dowlah fut découvert dans sa fuite, et saisi à Ragemahl. Le frère de Mir Jaffier l'envoya garrotté à Murshedabad, le 4 juillet, et le nouveau nabab le fit assassiner dans sa prison.

Les victoires multipliées et récentes que les Anglais venaient de remporter contre Sujah-al- Dowlah , les Français et les Hollandais (2) , leur avaient acquis tant de réputation, et avaient tellement répandu la terreur dans le pays , qu'ils pouvaient facilement, s'ils l'avaient voulu, marcher sur Delhi pour s'emparer de l'empire.

Les révolutions étaient devenues un objet de commerce, ou au moins un fonds qui fournissait

(1) Voyez ce traité tout au long, ainsi que les conquêtes subséquentes, dans l'Appendice de M. Bolts, n°* 3, 4, 5, 6 et 7.

(2) Les Hollandais du Bengale, voyant comment, au milieu de l'anarchie du pays, la supériorité de la discipline européenne avaitrendu les B'rançais et les Anglais maîtres des Mogols et des nababs, et les avantages qu'ils en avaient tirés, résolurent à leur tour de tenter la fortune de la même manière. Ce projet fut formé d'abord par l'établissement de Chinsurah, dans le Bengale; le gouvernement de Batavia l'adopta. D'après un plan très-bien concerté, mais qu'ils exécutèrent fort mal, ils composèrent une armée de troupes européennes et malayes. Sept vaisseaux les débarquèrent dans le Bengale vers la fin de 1759. Les Hollandais furent vaincus par les Anglais dans toutes leurs entreprises. Enfln, défaits dans tous les combats, ils furent obligés de rembarquer leurs troupes et de signer avec les Anglais et leur nabab un accommodement qui leur était trèsdésavantageux. On peut voir les détails de cette affaire dans les mémoires des Compagnies anglaise et hollandaise, imprimés en 4762, à Londres, chez J. Brotkierton Cornhill.

aux besoins de la Compagnie et de ses employés. On jugea bientôt que Mir Jaffler était incapable de tenir les rênes du gouvernement qu'on lui avait confié. Les finances de la Compagnie étaient en mauvais état; quelques autres circonstances ou nécessités politiques déterminèrent le gouverneur et le conseil de Calcutta à faire un changement, et à vendre la nababie du Bengale pour avoir de l'argent (1).

Mir Jaffler fut déposé sans aucun soulèvement, et sans que cette révolution coûtât la vie à un seul homme. Les Anglais , après avoir fait , au nom de Dieu , un nouveau traité avec Mir Cossim Ally Khawn , qui avait épousé sa sœur, le créèrent nabab du Bengale ; Mir Jaffler, son beau-père, fut amené à Calcutta, où la Compagnie lui payait une pension chaque mois pour sa subsistance.

La Compagnie anglaise ne faisait aucun traité sans acquérir de nouvelles possessions. Il serait trop long de détailler toutes les stipulations qui étaient en sa faveur dans celui-ci, datié du 27 septembre 1760, ainsi que dans tous les autres.

Nous dirons seulement que Mir Cossim Ally Khawn , afin de la défrayer des dépenses de la guerre et de payer l'entretien de ses soldats , lui accorda les terres de Burdwan, Midnipore et Chittigong, qui produisaient annuellement un revenu net de six cent mille livres sterling. Le dixième article de cette convention est remarquable. On y lit : On ne permettra pas au grand Mogol Ally Gohar de mettre le pied dans le pays (2).

(1) Vansittart's Narrative, vol. I.

(2) On peut voir la copie du traité et des sunnuds dans l'Appendice de M. Bolts , m» 8 et 9.

Le nabab Mir Gossim fit bientôt connaître aux Anglais qu'ils s'étaient trompés dans la bonne opinion qu'ils avaient conçue de lui. Il aspirait à l'indépendance , ce qui n'était point du tout compatible avec les intérêts de la Compagnie. Il était d'ailleurs turbulent et incommode. A peine jouissait-il de sa dignité depuis trois ans , qu'on crut qu'il était expédient de le chasser. Ce projet n'était pas aussi facile à exécuter que du temps de son prédécesseur. On lui déclara la guerre le 7 juillet 1763 (1). Les Anglais prétendaient réinstaller à sa place Mir Jaffier : ils firent avec lui un traité par lequel ils partageaient d'avance les dépouilles de leur adversaire. Les partisans de Mir Jaffier se mirent en campagne avec les troupes de la Compagnie.

L'armée de Mir Cossim, bien payée et bien disciplinée, combattit avec beaucoup d'intrépidité. Si ses commandants n'avaient pas manqué de courage, ou si lui-même en avait eu assez pour animer ses soldats par sa présence au milieu du champ de bataille , il est plus que probable que la Compagnie aurait perdu dans cette journée toutes ses possessions du Bengale. Le succès de la guerre fut longtemps incertain. Les Anglais, réduits à l'extrémité , mirent en habit d'uniforme et rangèrent sous le drapeau tous les écrivains et les jeunes employés au service de la Compagnie. Heureusement, après une campagne de cinq mois, la victoire, longtemps douteuse, se décida en leur faveur.

Mir Cossim prit la fuite , et fut poursuivi par les vainqueurs de place en place, jusqu'à ce qu'enfin, entièrement chassé de ses domaines, il

(i) Vansîttarrs Narrative, vol. I.

fut obligé de se réfugier chez le nabab voisin, Sujah-al-Dowlah. Mir Jaffier Ally Khawn fut rétabli dans son gouvernement.

Il n'est pas besoin de faire remarquer que les Anglais acquirent, par le traité, de nouveaux territoires et de nouveaux privilèges. C'était le premier but de chaque révolution; et comme ils étaient toujours les plus forts , ils obtenaient tout ce qu'ils pouvaient désirer (1). On imagine bien que le nabab fut mis dans la dépendance la plus entière du gouverneur et du conseil de Calcutta; par le septième article du traité, un officier anglais devait toujours demeurer auprès de lui , sous le nom de résident de la Compagnie , afin de veiller sur toutes ses opérations, de les réprimer, et de faire exécuter tout ce qu'ordonneraient le gouverneur et le conseil.

Mir Jaffier ne posséda pas longtemps la nababie qu'on lui avait donnée pour la seconde fois. Il mourut le 5 février 1765. Le gouverneur et le conseil de Calcutta , voulant assurer de plus en plus leur souveraineté dans le pays et rendre à l'avenir les nababs plus dépendants encore qu'ils ne l'étaient alors , firent de nouveaux arrangements pour l'administration de toutes les affaires à Murshedabad. Quatre membres du conseil de Calcutta furent envoyés en députation dans cette capitale de la province, avec ordre de ne pas créer un nouveau nabab sans qu'il eût auparavant signé tout ce qu'on exigeait de lui. Najim-al-Dowlah, fils ainé de Mir Jaffier, fut . choisi pour ce fantôme de nabab : c'était un jeune

(l) Le traité est du 10 juillet 1763, et la convention qui le suivit, du 16 septembre 1764. Ils sont rapportés tout au long dans l'Appendice de Bolts, no» 10 et 11.

homme de dix-huit ans. On ne lui permit pas de conserver les ministres de son père : la Compagnie los soupçonnait d'avoir distrait une grande partie des revenus et de n'être pas favorables à ses vues. On poussa la tyrannie encore plus loin ; le premier ministre fut saisi et envoyé prisonnier à Calcutta, et Najim-al-Dowlah fut forcé de nommer les ministres et les collecteurs des revenus qu'on lui désigna. Pendant ces altercations, il y eut un interrègne de plusieurs semaines (1). Enfin, Najim-al-Dowlah fut réduit à l'alternative d'accéder à tous les arrangements qu'on lui proposait, ou de renoncer au gouvernement de son père. Il faut convenir que l'administration qu'on établit pour percevoir les revenus était très-judicieuse. Les collecteurs volaient auparavant jusqu'à un million et demi sterling par an ; et les nouveaux règlements prévenaient quelquesuns des abus. En empêchant les vols des officiers des finances , il restait plus d'argent au nabab , et par conséquent à la Compagnie. Le traité luimême prouve bien la servitude entière de Najimal-Dowlah ; il y est privé du commandement de son armée, et de la nomination de ses ministres, et des autres officiers de son gouvernement (2). Tous les lecteurs qui voudront connaître plei-

(1) On antidata le traité. On suppose qu'il avait été signé le 25 février 1765, jour de rarrivee des députés à Murshedabad. Il est cependant sûr que les contestations avaient duré beaucoup de temps. J. Johnstone's Letter to the proprietors of India Stock. 1766, pag. 17.

(2) Les employés supérieurs qui conduisaient toutes ces révolutions , obtenaient de chaque nouveau nabab de grandes sommes d'argent. Parmi les immenses fortunes acquises par ces moyens , celle de lord Clive est la plus prodigieuse. On sait qu'en arrivant du Ben-

nement une négociation si extraordinaire et si importante, doivent parcourir ce traité (1).

Quelque temps après la signature du traité (2), lord Clive et son comité particulier, nommé par la cour des directeurs, arrivèrent à Calcutta avec plein pouvoir d'administrer les affaires de la Compagnie comme il leur plairait. Le Bengale était tranquille alors ; les ennemis des Anglais avaient été subjugués; les conventions faites avec l'empereur Ally Gohar et le rajah de Bulwant Sing étaient avantageuses à la Compagnie. Cependant, ils voulurent détruire tout ce qui avait été établi. Nous avons parlé dans le chapitre IV de leur nouveau plan, et de la manière dont ils traitèrent le grand Mogol ; il nous reste à rapporter ici ce que ce plan contenait de relatif au nabab. Lord Clive et son comité annulèrent la nomination qu'avaient faite le gouverneur et le conseil de Calcutta; et, supposant que Najimal-Dowlah ne possédait point la nababie du Bengale, ils firent avec lui un nouveau traité différent de l'ancien. Naiim-al-Dowlah ne fit pas plus de résistance qu'Ally Gohar. Il est vrai qu elle aurait été fort inutile , et qu'il risquait de perdre le peu qu'on voulait lui donner. Il rendit paisiblement sa nababie aux Anglais, qui s'en emparèrent sous le titre de dewans. On ne lui laissa que le nom d'une dignité dont il était privé dans le fait. On lui accorda, une somme annuelle de

gale, il débarqua en Angleterre avec plus de cent-trente millions de France. Lorsqu'en 1757, il plaça sur le trône du Bengale Jaffier Ally Khawn, il obtint une pension de trente mille livres sterling par an, outre des présents considérables.

(1) Voyez T Appendice de M. Doits, page 22.

(2) Lord Clive arriva à Calcutta le 3 mai 1765.

cinquante-trois lacks quatre-vingt-six raille roupies sicca, c'est-à-dire d'environ six cent soixante-treize mille deux cent soixante-six livres sterling. Sur cette somme, il devait payer à l'empereur trois cent vingt-cinq mille huit livres sterling par an, pour le titre de dewan des revenus de sa nababie , qu'il accordait à la Compagnie. Ally Gohar accepta ces conditions, et les Anglais répondirent pour le nabab Najim-al- Dowlah du paiement de ce tribut. Les nouveaux traités eux-mêmes prouvent évidemment combien ces négociations illusoires étaient absurdes (1).

Afin de mieux exposer dans quel état se trouvent les nababs du Bengale par rapport à la Compagnie anglaise, nous allons citer les propres termes de lord Clive , tirés d'une lettre à la cour des directeurs, au sujet de Najim-al-Dowlah, dont nous parlons ici (2).

« Les princes de FHindoustan , en voyant les « excès où nous nous sommes portés ces années « dernières y n'imaginent pas que nous soyons « capables de modération. 11 n'est pas possible « d'espérer de nous les attacher par d'autres mo- « tifs que ceux de la crainte. Mir Jaffier Cossim « Ally, nabab du Bengale, et Mahomed Ally , « nabab d'Arcot , le meilleur Musulman que je « connaisse , ont assez manifesté le désir de ren- « verser l'autorité des Anglais. Ils ne négligeront a aucune occasion favorable pour nous détruire « entièrement, quoique les suites de ce projet ot doivent leur être très-fatales , si nous tenons

(1) Voyez l'Appendice de M. Bolts, n° 18 et suivants jusqu'à 23.

(2) Authentic Papers, p. 29. Lettre de Calcutta, le 3 septembre 1755.

« notre armée complète. Le joug de l'autorité « impatiente les Européens ; mais les habitants « de l'Inde, réduits au désespoir, sont si passionor nés contre ceux qui les gouvernent, qu'ils a n'envisagent que le moment actuel, et ex- « posent tout au hasard d'une simple bataille, a Notre jeune nabab est le fils d'une prostituée ; a il a peu de talents ; on n'y a point suppléé par « son éducation, qui a été très-mauvaise. Malgré « son ignorance et sa faiblesse , si on l'abandon- « nait à lui-même et aux courtisans flatteurs qui « l'environnent , il suivrait les traces de ses préce décesseurs. Nous ne pouvons nous fier que sur « nos propres forces. Si vous prétendez conserver « les possessions et les avantages que vous avez « acquis, vous devez mettre en vos mains le cornai mandement de l'armée et la perception des « revenus , lorsqu'il paraîtra vouloir être maître « de l'un et de l'autre. Soyez sûr qu'il se pro- « pose de vous réduire à votre état primitif de <c dépendance dans lequel vous ne pouvez plus « rentrer désormais sans cesser d'exister. »

Ljt Compagnie anglaise, par la • convention

nabab Najim-al-Dowlah, cinquante-trois lacks de roupies sicca par an sur les revenus du Bengale. Deux ou trois mois après , cette somme fut réduite à quarante-deux lacks (1) ; mais il mourut tout à coup le 8 mai 1766, quinze mois après son élévation au trône.

(i) Voyez la lettre de lord Clive à la cour des directeurs. Authentic Paper s , pag. 27, et la lettre de M. Sikes au comité de Calcutta, dans l'Appendice de M. Bolts, n° 39. Nous avons déjà dit que sur ce revenu laissé au nabab , il devait en payer presque la moitié à l'empereur.

faite en juillet 1765, devait

Mir Kanevah ou Sevf-al-Dowlah fut choisi par la Compagnie pour lui succéder. 11 n'avait que quinze ans. On ne lui accorda plus pour revenu que trente-six lacks de roupies. 11 n'en jouit pas longtemps , car il mourut de mort subite (1), comme son frère, le 10 mars 1770.

Il eut pour successeur un autre frère, âgé d'environ treize ans, nommé Mobarek-al-Dowlah. C'est une chose assez curieuse de voir comment, à chaque élection du nabab , les employés de la Compagnie diminuaient les revenus de son gouvernement. On avait accordé trente-six lacks de roupies par an à son prédécesseur ; mais on stipula qu'on ne lui en paierait plus que trentedeux; et même cette dernière somme fut réduite par la cour des directeurs, la même année 1770, à seize. L'emploi du ministre Mahomed Reza Khawn, qui valait neuf lacks de roupies, fut réduit à cinq.

Le nabab actuel (1772) Mobareck- al -Dowlah, quoique enfant , a déjà un très-nombreux sérail , ce qui ne lui procurera pas une longue vie. Au reste, nous ne prétendons pas prédire à quel temps, ni de quelle manière Mobareck mourra.

C'est le seul rejeton de la famille de Mir Jaffier. En considérant comment ses autres frères ont été maltraités, ou mis à mort en très-peu de temps, il est raisonnable d'imaginer que la race des nababs, dans le Bengale, approche de sa fin. Probablement Mobareck n'aura pas de descendants , et il sera peut-être le dernier possesseur de la nababie. On reconnaîtra, dans un très -petit

(1) Ces mots sont soulignés dans l'ouvrage original comme tous ceux que nous imprimons en lettres italiques.

nombre d'années, la vérité de toutes ces conjectures. Lorsqu'elles seront accomplies, les Anglais ne manqueront pas de se déclarer ouvertement souverains d'un pays qu'ils gouvernent déjà sous un fantôme de nabab ; mais le temps pourra bien amener des révolutions qui renverseront tous ces beaux projets.

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