OR1SSA
Sinde....... 91.816,810. 286,927,10.0-
Dowlatabad.. 1,034,945,100. 3,234,203. 9.0.
Malva 403,901,658. 1,262,192. 13. 6-
Berat 614,025,000. 1,918,828. 2. 6.
Kandish 448,630,000. 1,401,969. 0. 6.
Bedr 372,974,370. 1,165,345. 0. 0.
Hvderabad... 1,113,360,000. 3,479,250. 0. 0.
Visapour 1,078,305,000. 3,369,703. 2. 6.
Dams (a) 12,071,876,840 /. st. 37,724,615. 577 .
Tous ceux qui ont quelque connaissance de l'Hindoustan conviendront que, si la somme cidessus entrait dans le trésor de l'empereur à Delhi , on peut supposer avec beaucoup de modération que les fermiers en payaient une au
du Mogol Shahseleem, fils et successeur du grand Akbar, étaient estimés, en 1610, cinquante raillions sterling. Sir Thomas Roë, un autre ambassadeur du roi Jacques, a Delhi, confirma cette estimation. Mais on ne fait pas rénumération des provinces qui étaient possédées alors par Tempereur. Purchas's Pugrimes. London, 1625.
(a) Les revenus des terres se comptent à la cour de Delhi par dams. M. Fraser dit qu'il y en a quarante dans chaque roupie sicca. La roupie sicca vaut deux scheling six sols anglais.
* La livre sterling valait, a l'époque où écrivait Rolts, vingt-deux livres dix sols de France.
moins deux fois plus grande, dont les collecteurs enlevaient la moitié, soit par friponnerie, soit pour les frais de perception (i).
J.-Z. Holwell, ancien gouverneur du Bengale, assure que les terres payaient à l'empereur un revenu qui n'était que la quatrième partie de leur produit. En supposant qu'elles en payaient la moitié, il serait encore prouvé que, en 1707, les terres de l'Hindoustan appartenant en propriété à l'empereur, rapportaient annuellement plus de soixante-quinze millions quatre cent mille livres sterling (un milliard six cent quatre- vingtquinze millions de francs).
Il ne sera pas étranger à notre objet de rapporter d'autres témoignages qui attestent combien l'empire mogol avait anciennement de splendeur et de richesses (2).
Lorsque Nadir Schah envahit Delhi, en 1739, il prit le trône de l'empereur, le trésor et les meubles les plus précieux de son palais. Çe trône, connu dans l'Hindoustan sous le nom de Tuktéetaoos ou Trône du Paon (3), était estimé dix crores de roupies, c'est-à-dire environ douze millions et demi sterling, et on évalue à soixante -dix ou quatre-vingts millions tout le butin qu'enleva 1 usurpateur. Les pertes que firent en cette occasion la capitale de Delhi et ses habitants sont portées à une somme si prodigieuse, qu'il ne se-
(1) Voyez plus bas le chapitre qui traite des revenus et de la manière de les percevoir dans Tlnde.
(2) Voyez Dow's Hindostan, première édition, p. 26 de l'Appendice; Orme's Hindostan, p. 23 de la dissertation, et les Lettres édifiantes, édit. de Paris, 1741, vol. 25, p. 444 , 452.
(3) Nous aimons à croire que sous ce nom les Hindous cachaient une allégorie d'un grand sens.
rait pas possible de se fier à tous ces calculs, s'ils n'étaient attestés par des personnes dignes de foi oui vivent dans l'Hindoustan, et par M. Fraser, dans sa traduction du Mirza Zuman de Delhi, ou Journal particulier des événements qui arrivèrent dans ces temps de troubles.
Il serait inutile de nous arrêter plus longtemps à montrer combien l'empire mogol était florissant et riche, même à une époque aussi voisine de nous que celle dont on vient de parler. Si le lecteur est curieux de lire des détails plus particuliers sur la grandeur et la magnificence de la cour de Delhi, lors de son ancienne prospérité, il peut consulter le voyageur Bernier, qui a été témoin oculaire de ce qu'il raconte de la cour d'Aureng:-Zeb (1).
Un écrivain ingénieux , qui a été plusieurs années au service de la Compagnie anglaise et gouverneur du Bengale, et oui, par conséquent, était instruit de ce qui regarae l'Hindoustan , nous fait une peinture très-séduisante de l'administration de la justice, sous le gouvernement des Hindous, et parlant de la province de Bissenpore, située à l'ouest de celle de Burdwan, et qui appartient à un rajah, qui a maintenu l'ancienne indépendance de son pays , M. Holwell nous dit : « On ne retrouve plus que dans ce district les « vestiges de l'ancien gouvernement, qui était si « sage et si bienfaisant. C'est là qu'il paraît dans « toute sa beauté, et qu'on aperçoit la régula- « rité des anciennes mœurs. L'administration « est équitable et douce; les souverains sem- « blent moins gouverner leurs sujets que leurs « enfants. La propriété et la liberté des hommes « sont inviolables. On n'y entend parler d'aucun
(i) Fr. Bernier. Voyage: Paris, 1710, 2 vol. in-12.
< vol public ou particulier. Le gouvernement a prend un soin immédiat du voyageur et de <c son équipage, dès qu'il entre sur les terres de a cette province. On lui donne gratuitement des « gardes qui sont chargés de le conduire de place « en place, et qui répondent de la personne et « des effets qu'on leur confie. »
Nous ne devons pas dissimuler, cependant, qu'en admettant k i sagesse de l'ancien gouvernement des Hindous , plusieurs personnes d'Angleterre, qui ont résidé longtemps dans l'Inde, conviennent qu'elles n'ont trouvé nulle part la pureté et l'intégrité de mœurs dont parle M. Holwell, mais il n'en est pas moins prouvé par des monuments incontestables que les habitants de l'Inde ont été autrefois aussi sages et aussi heureux qu'aucun peuple de la terre. Cette félicité s'était perpétuée jusques dans les derniers temps de l'empire mogol. Un auteur moderne (i), écrivant sur cette matière, nous dit : a Que les lois a de l'Hindoustan, qui avaient été sagement éta- « blies comme des barrières contre l'oppression , a furent en vigueur jusqu'à l'invasion de Nadir « Schah. Avant cette époque, il n'y avait peut- <c être pas dans le monde un gouvernement « mieux administré. L'agriculture, les manu- « factures et le commerce étaient plus florissants a qu'on ne peut l'imaginer. Excepté ceux qui a étaient dangereux par leurs richesses ou par « leur puissance, personne ne sentait la verge a de l'oppression. Les commerçants n'avaient « nulle part autant de liberté et de secours de a la part du gouvernement, qui leur accordait « une protection spéciale. »
(1) Luke Scrafton's Reflections on the governement of indostan. London, Kearsley, 1770, pag. 24 et suiv.
L'Hindoustan, pendant la durée de l'empire mogol , n'avait pas un corps de lois comme nos peuples d'Europe. Tout leur code civil et religieux consistait en quelques livres composés par des savants et des prêtres, où Ton avait rassemblé les différents usages et coutumes fondés sur la raison et le Coran , qui s'observaient dans le pays depuis un temps immémorial. Nous avons déjà dit que les mahométans étaient les fondateurs de rempire mogol ; comme législateurs, ils avaient donné leurs usages pour servir de règles aux peuples conquis. Cependant, dans toutes les causes qui n'étaient pas majeures ou criminelles, dans les cas qui intéressaient seulement les Hindous , et surtout dans les affaires de leurs castes, qu'ils regardent comme très -importantes, le gouvernement mahométan laissait ordinairement aux brahmes le soin de décider la contestation suivant leurs Shastros (i) ou anciennes Écritures, qui ne sont connues que d'eux seuls. Après que les brahmes avaient prononcé, la partie condamnée payait une amende au gouvernement.
Les Hindous sont si opiniàtrément attachés à leurs anciennes coutumes, que les nouveaux souverains avaient été obligés de recourir à cet expédient. D'un côté, il était impossible aux mahométans de se conformer aux usages des Hindous ; de l'autre, les Hindous, suivant une constitution civile et religieuse très-différente de celle des mahométans, ne pouvaient pas adopter leurs mœurs et leurs usages, ni même recevoir ces conquérants dans leurs tribus. Nous ne connaissons pas les mesures qu'on employa pour dimi-
(i) Shastros, livres religieux des brahmes. On emploie aussi ce mot pour désigner toute sorte de livre.
nuer la confusion et le désordre que devait naturellement introduire le mélange de deux peuples qui avaient des systèmes politiques et religieux si peu conformes; mais, à en juger par l'expérience, il est sûr que les mœurs de ces deux nations devaient s'altérer et se corrompre.
Pendant la durée de Fempire mogol, les offices et la forme du gouvernement de Delhi ont toujours été les mêmes qu'en Perse, comme le prouvent les noms dont on se servait pour les désigner. Les aventuriers persans, accueillis favorablement dans llnde, venaient s'y réfugier, et ils ne contribuèrent pas peu à conserver cette conformité. Ceux qui voudront savoir quelle fut la forme du gouvernement établi dans FInde par les Mogols, peuvent lire dans le chevalier Chardin (1) l'état de celui de Perse, qui avait servi de modèle aux usurpateurs mahométans.
La nature a donné à plusieurs pays de l'Hindoustan de très-grands avantages pour le commerce. Le Bengale, par-dessus toutes les autres provinces , semble avoir été le plus favorisé. Cette soubabie de l'empire, que le Mogol Aureng-Zeb appelait emphatiquement le paradis des nations, produit en abondance et presque sans culture tout ce qui sert à la vie et au bien-être du genre humain. Il n'est aucun pays mieux arrosé ; des ruisseaux et de grandes rivières, en outre du grand et du petit Gange , y forment des canaux qui rendent la navigation intérieure de ce pays très-étendue et très-commode pour toutes les opérations de commerce (2). Cette facilité de ré-
(1) Chardin. Voyages en Perse. 1735. 4 vol. in 4°.
(2) Les Indiens du Bengale faisaient autrefois quelque
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rable y et elle n'avait d'autre ressource que ses manufactures. Ainsi, comme le dit Scrafton, avant que la Compagnie anglaise s'établit dans ce pays, des milliers de marchands du reste de l'Hindoustan et de toutes les parties de l'Asie arrivaient par caravanes, et n'apportaient guère que de l'argent comptant ou des billets en échange des étoffes qu'ils venaient acheter. Nous expliquerons plus bas les causes et les effets de la décadence du commerce dans le Bengale.