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La fiunille« source du sang» est aussi la source du génie et la première explicatioa du caractère* Celle de Mirabeau était Étrusque. Elle avait gardé dans tous ses membres, de génération en génération, la sève latine, l'orgueil patricien, la langue oratoire, Tépée héréditaire, rimagination florentine, les passions civiles, le cœur haut» la main prompte des grandes races de Tltalie républicaine* Le nem primitif de cette &mille était Arighettit d'où la corruption d'une langue étrangère qui prononçait mal les noms propres avait fait par abréviation Biquetti.
Les Arighetti, exilés de Florence par les proscriptions des guerres plébéiennes et patriciennes de cette république dans le xn® siècle , avaient transporté leur noblesse et leur fortune dans les rochers de la Provence. Us y avaient acheté des terres, construit des châteaux, fait la guerre, exercé les hautes magistratures, conquis le droit de nationalité. Ils y avaient mêlé leur sang par des mariages aux familles les plus aristocratiques du pays. Leur nom de Riquetti, auquel ils avaient ajouté celui de leur seigneurie de Mirabeau, dans les lagunes qui bordent la Durâ^ce, s'était illustré de siècle en ^le, tantôt dans les luttes populaires de Marseille, tantôt dans les expéditions navales de l'ordre de Malte, tantôt dans les guerres et à la cour de Louis XIY. Un
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grand caractère de race héroïque, d'étrangeté de mœurs, de fougue, d'imagination et de supériorité d'intelligence, marque de père en fils, jusqu'à l'aïeul de Mirabeau, tous les individus de cette famille. On y sent les compatriotes de Machiavel et du Dante, devenus Français dans leur vie commune, mais conservant dans la mémoire, dans l'amour, dans la guerre, dans la politique, l'accent de leur première langue et le feu de leur premier soleil. En relisant les correspondances dcnnestiques de cette maison, écrites dans le style rude, fort, fruste, colossal et pour ainsi dire cyclopéen de la vieille Étrurie, on est convaincu que l'éloquence de Mirabeau est moins à lui qu'à toute sa race. La nature v^te ainsi pendant des siècles pour produire un homme; mais la sève complète qui éclate plus tard dans ces hommes se révèle de loin avec tous ses caractères dans les veines de ses aocêtres.