‹ Histoire des constituants (volume 3)Chapitre 6 sur 20 · LU · texte numérisé non relu

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Là fomille, source du sang, est aussi la Mufce du gémè et la première eïplicaiion du caractère. Celle de Mirabeau était Étrusque. Elle avait gardé dan» tous ses membres, de génération en génération, la sève latine, l'orgueil patricien, la langue oratoire, Tépée héréditaire, l'imagination florentine, les passions civiles, le cœur haut, la main prompte des grandes races de l'Italie républicaine. Le nom primitif de cette fiunille était Arighetti» d'où la corruption d'une langue étrangère qui prononçait mal les noms propres avait Tait par id^réviation Riquetti.

Les Ajîghetti, exilés de Florence par les proscriptions des guerres plébéiennes et patriciennes de cette république dans le xu® siècle , avaient transporté leur noblesse et leur fortune dans les rochers de la Provence. Ui y avaient acheté des terres, construit des chftteaux, fait la guerre, exercé les hautes magistratures, conquis le droit de nationalité. Ils y avaient mêlé leur sang par des marie^[es aux familles les plus aristocratiques du pays. Leur nom de Riquetti, auquel ils avaient ajouté cdui de leur seigneurie de Mirabeau, dans les lagunes qui bordent la Durance, s'était illustré de siècle en siècle» tantôt dans les luttes populaires de Marseille, tantôt dans les expéditions navales de l'ordre de Malte, tantôt dans les guerres et à la cour de Louis XIY. Un

grand caractère de race héroïque» d'étrangeté de mœurs, de fougue» d'imagination et de supériorité d'intelligencoi marque de père en fils» jusqu*à l*aïeul de Mirabeau, tous les individus de cette famille. On y sent les compatriotes de Machiavel et du Dante» devenus Français dans leur vie commune» mais conservant dans la mémoire» dans Tamour» dans la guerre» dans lA politique» l'accent de leur première langue et le feu de leur premier soleil. En relisant les correspondances domestiques de cette maison» éa*ites dans le style rude» fort» fruste» colossal et pour aini^ dire cyclopéen de la vieille Étrurie, on est convaincu que l'éloquence de Mirabeau est moins à lui qu'à toute sa race. La nature végète ainsi pendant des siècles pour produire un homme; mais la sève complète qui éclate plus tard dans ces hommes se révèle de loin avec tous ses caractères dans les veines de ses aacâtres.

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