Ibid., p
4. Les archives de Provins ronforment encore des règlements fort anciens : celui des boulangers, 1169, dos chapeliers, 129f, etc. M. Bourquelot, auteur d'une bonne Histoire de Provins, 2 vol. in-S», 1838-39 et d'une Etude sur les foires de Champagne, 3 vol. in-4«. 1865, a publié, dans lo 3« tome, IV« sérit», p. 53 de la Bibliothèque de l'École des Chartes, dos d«>ruraonts sur le métier des drapiers de Châlons.
L'histoire des villes de Brie et de Champagne est fréquemment traversée par des crises intérieures qui rappellent les grèves et les émeutes de Tépoque moderne. En 1280, les ouvriers drapiers de Provins, furieux de voir augmenter les heures de travail, se soulèvent et massacrent le maire. A Châlons, les événements n'eurent pas un caractère aussi tragique ; pouitant le roi dut intervenir par lettres patentes, en 1328, pour forcer les ouvriers à travailler la matinée et l'aprèsdinée. A Reims, un jugement arbitral de 1292 interdit les bans et alliances, tant entre ouvriers tisserands contre les maîtres qu'entre maîtres contre les ouvriers.
La juridiction compétente pour connaître des litiges des métiers est diversement organisée. A Châlons, les plaids sont de la compétence du sénéchal de la Cour remplacé, vers 1300, par le bailli de Tévêque. A Reims, fonctionne pour les drapiers une véritable justice arbitrale. Les contestations individuelles sont soumises aux huit maîtres gardes du métier de draperie qui s'adjoignent deux tisserands. Une clause spéciale permet aux maîtres de récuser comme délégué des tisserands l'ancien drapier redevenu simple ouvrier ^ Les litiges collectifs entre maîtres et ouvriers étaient déférés au seigneur souyerain.
Les métiers de Reims sont anciens. Une charte de 1255 énumère déjà seize métiers auxquels des places sont réservées dans la cérémonie du couronnement * ; les gens de métier formaient une milice bourgeoise.
A Troyes, les métiers furent d'abord placés sous rautorité des grands officiers des comtes de Champagne : les tapissiers, et bûchers relevaient du grand chambrier, les selliers du connétable, les boulangers du panetier'. Il en fut ainsi jusqu'à la réunion de la Champagne à la couronne (1336). Les métiers
1. Collection des documents inédits. Archives administratives de Reims, t. I'', a« partie, p. 1071.