‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 106 sur 214 · Op. cit.f p · texte numérisé non relu

Op. cit.f p

3. Sur loft orfèvres de Strasbourg, cf. Curiosités d'Alsace. 1861, p. SOI, et nur les imprimeura, Revue d'Alsace^ 1883, Nouvcllo Héric, t. 13, p. 389.

3. A Hi'ricourt, le compagnon ôtrangor devait justifler d'un approntistuigo et payer un rartnl do vin. Cf. llevue d'Alsace, 1883, p. 41.

4. Lot* ouvriom étaient rétribués d'npr<''»s un tarif ofHriel. Sur les salaires ot la condition sociale de l'artisan alsarien d'autrefois cf. le remarquable ouvrage de M. l'abbé Hanavkr « Études économiques sur l'Alsace ».

u genre : ceux des boulangers assurent à chaque compagnon alade un lit à Thôpital et entrent dans les détails les plus înutieux\ Il est souvent question des réunions fraternelles

ù l'on buvait ensemble la bière du pays. Quant au chômage

olontaire de la part de l'ouvrier ou lundi bleu, on l'interdit, aïs la grève des boulangers de Colmar en 1361 et d'autres

xemples prouvent que ces prohibitions étaient souvent

iolées.

7e Section. -— Corporations du nord de la France

fpICARDIK, ARTOIS, FLANDRK]

Picardie. — Bien que rinfloence de la civilisation romaine

ait été moindre au nord de la Gaule qu'au midi, certaines

villes colonisées par les vainqueurs avaient adopté leura

mœurs et \ewn institutions. Amiens par exemple [Samaro-

briva Ambianoruni) était devenu le centre d'un commerce

important et possédait de nombreux temples, un palais, une

manufacture d'armes ; des collèges d'artisans se constituèrent

dans cette ville au temps de la domination romaine ; il est

douteux, il est vrai, que ces institutions aient survécu à

rinvasion franque. Mais les traditions des anciens collèges

roniains ne s'étaient pas, semble-t-il, complètement perdues.

La plus ancienne corporation amiénoise n'est autre en effet

que celle des marchands de l'eau et se rattache évidemment

â Tan tique collège des nautcs de la Somme.

Dès la fin du Xlll* et les premières années du XIV® siècle, les métiers d'Amiens reçurent des statuts qui nous ont été conservés. En 1268 les fruitiers, en 1286 les tonneliers, en

1. « A son arrivée le malade se confessera et recevra le Saint Sacr(*mont. Il aura nn lit bien propre qu'on renouvellera selon les oxig^cnces de la maladie. On lui servira à chaque repas un cruchon de vin, du pain en suffîitancc, une bonne cruelle do soupe, autant de viande, d'œufs, do poisson qu'à un antre malade. >

1282, 1317, 1327 les bouchers, en 1311 les pelletiers voient réglementer leur profession V Les chartes de ces métiers attestent d*ailleurs l'existence d'une organisation déjà ancienne qu'elles ne font que sanctionner.

Les traits principaux des métiers amiénois sont les suivants. Ils sont placés sous la dépendance exclusive de la municipalité, qui préside à leur organisation et à leur police. Chacun d'eux forme une bannière dont les chefs ou maîeurs sont parfois désignés par Téchevinage, parfois élus par leurs pairs *. D'autres officiers appelés eswards ou gardes du métier assistent les maîeurs. Nommés eux aussi par rérhevinage ou par les maîtres ils sont chargés de rechercher les infractions aux statuts ; les délinquants sont déférés à la justice de l'évêque ou de l'échevinage. Par exception, les deux maîeurs et les eswards des bouchers sont assistés d'un conseil de vingt prud'hommes qui juge les délits professionnels, sous réserve du droit de révision dévolu au maire de la ville (art. 24 des statuts de 1317). Cette juridiction fut abolie et le conseil réduit à un pouvoir consultatif en 1327 *.

Les statuts des métiers d'Amiens étaient conçus dans un esprit assez libéral ; il suffit à tout boucher venu du dehors de justifier par une lettre de son seigneur qu'il est prud'homme et loyal pour être admis à exercer ce commerce.

Les règlements intérieurs sont minutieux. Il existe un poids et des balances publiques où tout se pèse sous le contrôle d'agents assermentés ; diverses clauses ont pour but d'assurer la loyauté des marchés ; ainsi les chaussetiers doivent tourner leurs étaux vers le jour le meilleur, afin de rendre la tromperie plus difficile.

Les heures de travail sont nettement limitées : elles commencent avec la cloche qui sonne le jour au beffroi et se ter-

,1. Collection den Documenta inédits. Monuments de l'Histoire du Titrs-Ktatt t. 1, p. 235, 242, 253, 348 et s.

Page 1