Ibid., p
S. Ibid., p. 369 et 422.
minent à la cloche du soir; il est interdit de travailler le dimanche ou le samedi après vêpres * .
Les métiers ont des attributions municipales ; les maïeurs des bannières élisent le maire sur une liste de trois candidats dressée par le maire et les échevins sortant de charge; ils
élisent ensuite douze échevins qui à leur tour en choisissent
^ouze autres; enfin ils nomment les quatre comptables de la ^Ue ', Pour jouir de leurs droits électoraux les maîtres sont ^Dbligés de se faire inscrire sur les rôles d'une bannière. Bour- ^^ois et artisans sont organisés en milice municipale.
A Abbe ville, l'organisation des métiers paraît avoir été rela- 'hivernent récente : les ordonnances de 1254 et 1300 sur la fabrication des draps ne font aucune mention des corporations et les statuts les plus anciens ne datent que du XIV® siècle '. X^es diverses industries abbevilloises formèrent seize bannières comprenant chacune plusieurs métiers. Chaque bannière nom- Q>ait quatre mateurs qui procédaient à Télection de la municipalité d'après les mêmes règles qu'à Amiens. Cette législation, ^ui demeura en vigueur jusqu'à la Révolution *, existait également à Rue, à DouUens * et dans les principales villes de Picardie*.
En dehors des maïeurs de bannières élus librement par
leurs pairs, des eswards ou gardes étaient préposés par les
échevins à la garde de chaque métier ; ces gardes étaient
plutôt des officiers de police municipale que des magistrats de
la corporation.
A Saint-Quentin, l'esprit des métiers paraît avoir été très libéral. Une ordonnance de 1321, rendue sur la demande des
1- Collection dos documents inédits. Monuments de l'Histoire du Tiers^État, '• I. p. 378; t. II, p. 38.
^* Ibii.» t. I, p. 162 et 511.
3< Monuments de l'histoire du Tiers-État, t. IV, p. 214, 249, 256, 266.
^- liid.^ p. 525, mémoire dressé par réchevinago d'Abboville en 1764.
&• Il existait chez les drapiers de Doiillens une véritable caisse do prévoyance ''i^Btée par la perception d'un droit de 4 deniers sur chaque pièce do drap '»^H(ïuée. Ibid., p. 624.
( ibU., p. 625 et 674.
gens dp métier eux-mêraes, permit à quiconque le voulait, d'exercer la professsion de draperie \
Artois. — Les métiers d'Arras ne furent réglementés qu'assez tard ; les plus anciens statuts, ceux des poissonniers, datent de 1318 ; chaque métier nommait un maïeur et des échcvins. Le maïeur des bouchers était désigné par le sort d'une manière originale : quatre boules de cire étaient disposées dans une urne. Sur l'une d'elle était écrit : « Jésus, Maria ». Celui à qui elle venait à échoir était maïeur. Les bouchers formaient, comme à Paris, un métier fermé et se succédaient de père en fils. L'organisation corporative des boulangers d'Arras remonte au 19 mars 1353, date à laquelle une ordonnance du magistrat (municipalité) leur permit d'élire un maïeur et des échevins de leur corps. Leurs statuts de 1372, homologués par un édit de Charles V, renferment diverses clauses assez originales, telle que la limitation du nombre des compagnons pâtissiers (art. 15) (disposition assez rare dans les statuts corporatifs qui ne limitent, en général, que le nombre des apprentis). Ces statuts fixent à 32 deniers le salaire des fourniers, à 3 deniers celui des garçons, à 12 deniers celui des porteurs (art. 13). Le maïeur et les échevins sont juges de tout ce qui se passe au marché au pain, et peuvent donner aux pauvres le pain de mauvaise qualité (art. 1 et 21).
Les métiers de Saint-Omer méritent de fixer tout spécialement l'attention. D'après un auteur belge*, ce serait dans cette contrée, sur les frontières de la Morinie et de la Ménopie, entre Saint-Omer, Ypres et la mer, que les premières guildes se seraient constituées dans les colonies saxonnes qui habitaient ce pays. Il est certain, en tout cas, qu'une gilda mercatoria existait, dès le XI* siècle, à Saint-Omer, concurremment à une hanse afliliée elle-même à la grande hanse de Londres, dont firent partie les plus grandes villes du Nord de
1. Cf. M. Charles Picard, Saint-Quentin. Son industrie. Son commerce.