‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 109 sur 214 · I. Gin Y, Histoire de Saint-Omcr^ p. 339. 3. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. Gin Y, Histoire de Saint-Omcr^ p. 339. 3. Ibid., p

3. Sur les corporations de Saiat-Omer, cf. cneoreXe^ Métnoirei des Antiquaires dt la Morinie^ tome XVI, l*"" partie, p. 150 et Huiv.

4. Un manuscrit établit que les corroyetirs de Gand remontaient à rctttf

L'histoire des métiers flamands est intimement mêlée à rhistoire politique de la Flandre. Dès le Xll* siècle, les artisans commencent à lutter pour leur indépendance. La révolte des tisserands de Gand(ii64) est le signal d'une série de soulèvements qui se succèdent au siècle suivant : à Bruges, émeute de la Mœrlemaye, à Ypres, émeute de la Cokerulle, à Douai, insurrection des tisserands. Par la suite la lutte s'étend, et de municipale devient nationale : Gourtrai (13021, Monsen Puelle (1304), Cassel (1328) furent les champs de bataille où la bourgeoisie et le peuple de Flandre combattirent pour leur indépendance qu'ils finirent par conquérir de haute lutte.

L'étude des corporations flamandes est un travail trop considérable pour que nous puissions songer même à l'effleurer. Il sufOra de retracer très brièvement les traits principaux de ces associations dans une province qui, pour partie au moins, devait devenir française sous Louis XIV, et dont l'histoire à ce litre ne saurait nous être indifférente.

L'apprentissage dure ordinairement de trois à six ans ^ mais commence lard : à dix-huit ou vingt ans. L'apprenti est logé et nourri : il lui est interdit de se marier et de travailler à son compte. Le compagnonnage est obligatoire et dure un ou deux ans. La réception est l'occasion de nombreux banquets : à Cambrai, le nouveau boucher en offre jusqu'à quatre dont le premier et le troisième coûtent 20 florins, le second 140 florins, enfin le quatrième où sont conviées les femmes des maîtres, 70 florins «.

Les règlements sont très minutieux et ont pour sanction des peines sévères : l'amende et le bannissement. En 1368, un

époque (voy. Coomans, Les Communes belges p. 34). D'après un diplôme en faveur du Catcan les statuts des nëgoctants de Cambrai auraient été sanctionnés dès 1001 par l'empereur Othon. — {Mémoire pour l'archevrque de Douai. 1769, in-4»).

1. Trois ans à Ypres Keure des foulons (Giikldorp, Notes sur l'histoire de Flandre de Warnkœnio, V, 56), six ans à Gand Keure des tanneurs (de Vigmc. Mœurs et Usages des corporations de Belgique) ; à Cambrai do un à trois ans.

i. Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai, t. XXX, p. 3t9.

APPENDICE AUX LIVRES I, II, lil ET IV 293

échevin de Douai fut même mis à mort pour avoir vendu à faux poids ^ .

Les ouvriers étrangers n'étaient pas exclus, mais soumis à des taxes spéciales. Un article du règlement des couvreurs de Douai porte que les forains qui continuent à travailler plus de quinze jours dans la ville paieront quarante sous pour le service divin '. S'il y a pénurie d'ouvriers, les autorités peuvent enjoindre à un confrère de travailler.

Chaque corporation possède sa confrérie et sa chapelle ; des secours sont accordés aux pauvres.

A la tète de chaque métier est un doyen, ou maïeur, assisté de quatre ou six jurés, nommés par l'élection directe ou à deux degrés. Les compagnons ont souvent des droits électoraux. A Saint-Pierre, le métier des tisserands est administré par trois maîtres et trois compagnons*; les magistrats de la corporation sont rééligibles après deux ans.

Des halles et marchés étaient établis dans toutes les villes de Flandre ; les places y étaient tirées au sort tous les trois mois entre les maîtres ; des foires annuelles se tenaient en outre dans les diverses villes de Flandre.

Contrairement à ce que Ton pourrait croire, la plupart des villes de Flandre ne nommaient pas leurs magistrats, l^a désignation des échevins, dit Warnkœnig (t. il, p. 277) ne cessa pas d'appartenir exclusivement au comte, sauf dans un petit nombre de villes, comme à Gand et à Ypres. A Bruges, nul artisan ne pouvait même faire partie du corps de ville, s'il n'avait renoncé à son métier depuis un an et s'il ne s'était fait recevoir de la hanse de Londres ^ A Cambrai, la constitution était très aristocratique ; une oligarchie analogue à celle des paraiges de Metz y détenait le pouvoir. La riche bourgeoisie marchande est presque partout en Flandre la classf dirigeante

1. PiLATK PiiévoT, 1841. Table analytique dos archives de Douai. Layette 10. S. Dr Vignr, p. 47.

3. /^ siècle des Artevelde par L. Vandkrkindkrk, Bruxelles, 1879, p. 121.

4. Plus tard, ce|>endaat, les métiers divisés en neuf groupes obtinrc>nt des droits électoraux et iburnirent neuf échevins sur treize.

et Ton ne trouve guère qu'à Gand une organisation vraiment démocratique * .

La condition économique de l'ouvrier flamand était sensiblement supérieure à celle de l'ouvrier français. La riches»*^ des Flandres était proverbiale au Moyen Age et TartisaT» en prenait sa part. D'après Gbeldorf* le salaire journalier d*un compagnon à Ypres, àlaiin du XIII*^ siècle, n'était pa^^ inférieur à 3 sous 0 deniers parisis *. M. Vanderkindere * en comparant ce salaire avec la valeur vénale des denrées a calculé qu'il correspondait au prix de douze pains ou au tiers» d'un mouton. Les dépenses d'habillement étant très peu éle-vées dans ce pays de draperie où l'on cédait à vil prix à l'habitant ces mêmes étoffes communes qui se vendaient cher ^ l'étranger, et le coût de l'habitation étant presque nul ', le salaire de l'artisan flamand était largement suffisant pour vivre, et son sort était véritablement enviable*.

1. Artovelflc y avait divise les habilants on trois claHSO!* : rentiers, grand» môticr» itisHonincls ol foulnnsi, petits nitUiors. Le corps de ville était élu |>arci» trois classes.

S. Sur l'Histoire de Flandre de Wah.nkcknk;, V, p. 63.

.1. On a vu (.fM/>rrt,liv. II,cli. V, p. 155) que le salaire; moyen de l'artisan parisien, salaire noUdilenient supéi'ieur à celui de lartisain de province, s'élevait à la nidmu époque à un sou et demi parisis (18 deniers). Mais il ne faut pas (Hd>lier qu'en Flandrtf la livre parisis ne valait (pte 12 sous G fleuiers tournois et non 35 soas tournois comme à Paris n»'AvEXKi., Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis l'an i 'JOO Jusqu'en ISOO, t. I, p. 483 el 484). Si l'cm tient compte de celle différence de valeur des monnaies, on arrive à cette conriusitm que le salaires de Partisan flamand était légcrement supérieur à celui de Tarlisau parisien, et dé}>asKait de beaucoup celui de l'artisan français de province.

4. Le Siècle des Artcveldc, p. 127. A Gand, en 1332, les charpentic>rs n^oivont un salaire qui correspond à 3 sous parisis. Ibid.^ p. 128.

5. A Vpres même, les Iniurgeois louaient leurs terrains à rente perpétuelle do 3 sous 6 deniei*s à 8 sous par an.

6. Cette prospérité avait pourtant ses crises: les Flandri's. pays purement manufacturier, étaient tributaires ties j>ays voisins pour les céréales et los matières premières. « (}uand les ndnlions sont rompues avec la France, c'est If blé qui n'arrive pas; (piand l'.Vngleterre prend une attitude hostile, ce sont les laines qui ne franchissent plus l'eut rtW; des ports flamands. \\\ alors c'est l'intfrrruption forcée du travail, c'est la mine. ■> Vanukiikinukiik, 13t.

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