PatroniiB omnium corponim Intoramnae. (Orelli
arrivait aussi souvent que la dignité de patron d*une corporation se transmettait de père en fils dans une famille puissante ^
En résumé, on peut dire que la hiérarchie corporative à Rome comporte trois degrés : les simples membres du collège ou collegiati, les divers officiers électifs chargés des intérêts sociaux (questeurs, curateurs, syndics), enfin les premiers magistrats du collège qui sous des noms divers et pour une durée de temps variable, mais le plus souvent quinquennale, président à toutes les délibérations.
L*organisation du collège parait avoir été très démocratique. Une maison commune ou schola est spécialement affectée aux assemblées et à l'installation des services qui dépendent du collège (Orelli, 4088). C'est laque se conserve Yarca ou caisse de la communauté * alimentée par les cotisations volontaires, les dons des patrons, les legs et héritages. C'est là aussi que se donnent les repas présidés par un magistcr cœnse^. C'est là enfin devant les autels et les images des dieux que se célèbrent les sacrifices et que se retrouvent à certains jours, unis dans un sentiment de pieuse solidarité, cCsS artisans d'une même profession et ces fervents d'un même culte.
Il ne faut pas l'oublier en effet, Vordo a ses dieux tutélaires de même que chaque famille a ses lares. Ces divins protecteurs, \'ordo\e^ choisit un peu partout. Souvent il fait sien et vénère plus particulièrement tel dieu auquel la mythologie prête des attributions en rapport avec les travaux quotidiens de ses membres * ; d'autres fois ce sera un empereur défunt ou même
1. C. Vibio Crospino ab ovo ot majoribus collegionim civitatis patrono collegium martense verzobianum. (Orblli, 4128.) a. Orklli, 1702.
3. Ces repas, parfois splcndidcs, n'étaient par contre, chez certains collèges peu fortunés, qu'une collation des plus simples : ainsi, à Lanuvium, la mense se bornait à une bouteille de vin, à un pain de deux as et à quatre sardines par convive.
4. Par exemple, Silvain pour les <^c/t<2ropAor< (Orklli, 6085); Esculape pour les médecins. {Ibid., 20417.)
la famille impériale * ou encore une divinité étrangère * ; parfois enfin simplement le génie du collège'.
La communauté de culte a pour effet naturel de resserrer les liens entre les fidèles. 11 semble qu'il en ait été ainsi à Rome et qu'une sorte de solidarité qui portait les membres d'un même collège à se prêter secours et assistance dans les circonstances de la vie, ait existé entre artisans surtout après la pénétration et sous l'influence des idées chrétiennes. Certains textes du Gode Théodosien comme certaines inscriptions montrent à l'état de germe plusieurs des œuvres charitables qui devaient prendre un si admirable essor au sein de la société du moyen âge. On peut citer en ce sens la loi 5, de pisiorièus [Cod. Théod.), qui offre l'exemple d'une sorte d'adoption ou tout au moins de patronage exercé par les artisans d'une même profession sur les orphelins dont les pères appartenaient au collège : « Filios pistorum qui in parvula aetate relinquuntur usque ad vicesimum annum aetatis a pistrini sollicitudine defendi jubemus*. »
Mais c'est surtout lors de la mort d'un de ses membres que le collège intervenait pour lui assurer des obsèques honorables et veiller à l'accomplissement des rites prescrits. Sur ce point, la confrérie du moyen âge a certainement été devancée par le collège romain dont les règlements méritent d'être rapportés. En entrant dans l'association, chaque membre payait une redevance* ; des cotisations annuelles étaient en outre perçues et allaient grossir Varca dont le curateur avait la garde. Ces contributions grossies des legs, héritages, fidéicommis, dons des patrons, etc., formaient un fonds dont le collège avait la
1. Lëon Rbnibr, Recherches sur l'ancienne ville de Lambèse, xxxiii.
3. Les argentarii de Rome adoraient Isis et Osiris. (Orblli, 1885.)