Archives Nationales ^ Y, 9372, sentence du 9 avril
Chaque maître a sa marque ou son poinçon particulier (un cœur, une flamme, un croissant, etc.! qu'ildoit apposer sur SCS ouvrages i statuts des cartiei-s, 1594, art. 16 ; des potiers de terre, 1613, art. 12i. Souvent même, comme chez les orfèvres, cette marque ne suffit pas. Il faut, conformément aux anciens usages, faire apposer sur ses œuvres la contre-marque de la maison commune.
Les statuts des imprimeurs en taille-douce de 1694^ nous révèlent dans ce corps d'état une institution originale et très égalitaii*e: d*un commun accord, les maîtres avaient formé une hourse commune où ils versaient le tiers des salaires et émoluments provenant de leur travail. De quinzaine en quinzaine, des états de répartition étaient dressés et les fonds provenant de la bourse commune étaient distribués après déduction des frais et des arivragjes des rentes constituées.
Confréries, institutions charitables, — Les confréries, tant de fois dissoutes, se sont toujours reconstituées, et sont encore, au XVll' siècle, d'importantes associations annexes et pai-allèles aux corporations. Elles ont, il est vrai, dépouillé pi*esque complètement le caractère turbulent et presque révolutionnaire qui avait excité, au XVP siècle, les défiances du {KHivoir et se renferment désormais dans leurs attributions charitables.
Chaque confi^rie, placée sous Tinvocation d*un saint, possède une chapelle pai*ticulièi*e dans une église où ont lieu ses réunions. Elle a des officiers spéciaux issus de l'élection : tantôt un pn'^vôt ou bâtonnier assisté de conseillers, tantôt deux jurt^s spéciaux. Tous les ans. à la fête patronale, après avoir entendu la messe, on pi-océdait à leur élection ainsi qu'à la nomination d'un collecteur et d'un clerc. « Le prévôt recevait ensuite les hommages de tous les fi*ères qui le conduisaient solennellement à sa demeure. Le chapelain, escorté des enfants de chœur, lui |>ortait, en signe de prise de pos-
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session, la croix de la confrérie, les bougies anciennes et nouvelles, les registres de délibérations et le coffret contenant les deniers, les titres de propriété et les bulles de fondation. Ce coffret fermait à triple cadenas, dont les clefs restaient entre les mains de trois des principaux membres, qui pouvaient seuls l'ouvrir conjointement avec le prévôt. A ce dernier seul il appartenait de convoquer les frères, soit pour tenir les assemblées, soit pour élire de nouveaux membres ou enterrer les défunts \ » Chez les cuisiniers, les quatre administrateurs de la confrérie devaient se trouver le dimanche à la messe et tenir registre de ceux qui avaient rendu le pain bénit et payé la confrérie *.
Parfois, l'élection du nouveau bâtonnier donnait lieu à un cérémonial assez original. On se rendait à l'église patronale où l'on chantait vêpres. Lorsque l'on était parvenu, dans le chant du Magnificat ^ au verset a Déposait patentes de sede,,, », le bâtonnier sortant de charge quittait son siège situé au milieu du chœur, déposait son bâton, et allait s'asseoir au milieu des anciens. En même temps, et tandis que l'on chantait la fin du verset, « et e.raltavit hamiles », le nouvel élu prenait possession du bâton, insigne de sa dignité, et venait s'asseoir sur le siège laissé vacant par son prédécesseur*.
Œuvres Pieuses. — Tous les ans, la confrérie fait chanter une messe solennelle suivie d'une procession où Ton porte le cierge et le bâton du métier. Le lendemain un service est encore célébré et on commence une neuvaine pour le repos des maîtres défunts. En dehors de celte cérémonie annuelle, le
1. Introduction au Dictionnaire de* Confréries do M. Tabbé Mionk, âO* vol. de V Encyclopédie théologiqne, p. 26.