Guide des corps des marchands, 1766, p
3. Cet uiuigc ayant donné lieu à des abus (on sortait en tumulte après le verset du Deposuit, sans achever le psaume), il fut modifie en ce sens qire le siège laissé vacant par le bAtonnier sortant ne fut plus occupé par son successeur qu'au deN nier verset : Suscepit Israël. Ce cérémonial disparut dans la seconde moitié du XVII* aK>cIc et il était si bien oublié en 1733 qu'il fallut une lettre d'un értidit au Mercure de France pour expliquer l'expression* Fairt^ le dcposuit n (investir un noaveaa bAtonnier).
service divin avec vêpres solennelles est célébré à des jours fixes et une messe basse est dite chaque jour de Tannée pour les confrères défunts\ Lors du décès de chacun des membres, on fait chanter une grand*messe à laquelle tous les confrères doivent assister.
Œuvres Charitables, — Malgré la persistance de ces pieuses coutumes, Tadmirable esprit de charité chrétienne qui animait les confréries au temps de saint Louis s*est affaibli. Toutefois, on tient encore à honneur de porter secours aux artisans du métier éprouvés par le malheur. Les statuts des pain-d'épiciers de 1506 entre autres attestent l'existence d'une certaine solidarité professionnelle. « Si l'un des compagnons est en chemin et n'a de quoi payer son chemin, les autres compagnons seront tenus de lui bailler jusqu'à deux écus» (art. 14i. a Si ini compagnon était malade en quelque lieu et que les autres compagnons en sont [sic] avertis, incontinent ils seroul tenus de se détourner de leur chemin, le visiter et conforter et là demeurer pour le secourir trois jours à leurs dépens.» On avertissait ensuite les jurés qui remboursaient sur les deniers communs les avances faites pour le confrère malade^
Chez les écrivains (statut de 1727, art. 29), on allouait également des secours aux confrères malheureux, mais seulement après enquête. « S'il se trouve de véritables pauvres, non par un défaut de conduite, mais par la suite des malheurs dont ils sont accablés, il leur sera distribué sur les fonds oisifs (sic\ et du consentement des syndics-greffiers et anciens une somme jugée convenable pour leurs pressants besoins'.
Chez les fèvres couteliers, la charité affectait une forme assez originale. « Si quelque maître dudit métier était dénué et dépourvu de tous biens ayant plusieurs filles provenues nées
1. Encyclopédie thèologiqite, t. 50, p. 461. Stat. des drapiers de Rennes, art. 1 et 2.
2. Dans cette corporation, les jurés prêtaient serment de donner leur dA à cli;icun, m aux grands comme aux petits, aux pauvres comme aux riches. ■ L.VM.vni-:i Traité de la Police, t. III, p. 48.5.
3. Statuts ctli'eglcntenls de la cointfitiiuttUc des niaitres experts t Jiwàs, écrii^aim > Paris, 17ot, p. IG.
en loyal mariage, il convienl les marier à quelque compagnon dudit métier qui sera reçu maître sans faire aucun chefd'œuvre et ne sera tenu que du droit du roy » (statuts de 1565 confirmés en 1608, art. 44) ^ Les couteliers se montraient aussi charitables pour les compagnons étrangers. « Tous compagnons qui viendront des champs arrivant en une boutique de maître coutelier en cette ville comme de tout temps ils ont accoutumé demandant sa bienvenue ou non... sont menés chez les jurés, placés chez leur hôte s'il en a besoin, sinon où il y a place libre *.
On peut encore citer les clauses des statuts des fourbisseurs, des fripiers et de diverses autres corporations qui exemptaient de la prohibition du colportage les pauvres gens du métier.
Ces dispositions et diverses institutions charitables, telles que la chapelle Saint-Kloi dont les annexes servaient de maison de retraite pour les pauvres orfèvres, sont autant de preuves que l'esprit de solidarité, s'il n'avait plus la m^me force qu'au
Moyen Age, ne s'était pourtant pas éteint complètement dans les corporations du XVI 1^ siècle. Maîtres et ouvriers ne vivaient plus sans doute comme jadis dans une étroite et fraternelle union ; la (corporation avait perdu son caractère démocratique et égalitaire d'auti'efois pour devenir une institution d'Ktat et un monopole; mais les traditit)ns et l'esprit de corps avaient survécu, conservant entre le maître et l'artisan des liens que la révolution seule a rompus.
Les ressources de la confrérie consistaient : 1° en redevances payées par les nouveaux maîtres ; 2° en cotisations
annuelles versées par les maîtres dans la boîte (caisse) de la confrérie ; 3** en une part des amendes ; 4" en divers droits
payés par les jurés ou maîtres de la confi'érie' ; 5° en dons volontaires.
1. statuts et Ordonnances pour les maîtres fcvres-coittcUcrs, graveurs et do» reurs sur fer et acier.,, de cette ville. Paris, 1748, p. 12.