Dtme royale f Second fonds, p. 87, éd. Guillaumin
l'a faite Ifl politiqnef myale def>u»s deux siècles, repose en effet sur le monopole. Or, la lutte est ouverte entre les partisans du monopale et ceux de ta liberté du commerce, et si la polémique s'engage d'abord sur Un autre terrain, on peut prévoir l'époque où la corporation, à son tour,^era mise en cause. 11 est donc nécessaire de retracer à grands traits l'origine et le développement de la controverse économique entre l'École du* latsser-faire et l'Ecole restrictionniste, ainsi que l'on a coutume -de désigner les -deux partis dont l'un soutient la liberté du commerce sous toutes ses formes, tandis que l'autre se prononce pour la réglementation et le contrôle de l'État.
L'école du ' laisser-faire procède xlirectement des physio" craies dont le systèèieà la fois philosophique et économique jouit au XVI !!• siècle d'une faveur à peine croyable. Le système philosophique ou plutôt sociologique de cette école repose sur l'idée que toute société a pour base « C ordre natu^ rel » . On désigne 'SOus ce nom a le jeu régulier des lois physiques et morales établies pour la consei*vation, la multiplication et le bonheur de l'eapèce ». L'ordre naturel est le fondement de l'ordre positif et social qui se résume en cette triple notion: liberté, propriété, autorité. Tout homme en effet a droit à »a subsistance, mais il ne peut se procurer ce qui lui est nécessaire que par le travail : d'où pour lui le droit à l'action, c'est-à-dire à la liberté. De plus, il a le droit de conserver ce que l'exercice de ses facultés lui a fait acquérir: d'où le droit de propriété. Enfin, les autres hommes ont des droits analogue» aux siens qu'il doit respecter; pour assurer ce respect des droits réciproques il faut l'intervention d'un pouvoir supérieur : d'où la notion d'autorité^ . Cette sociologie assurément n'a rien d'inédit ni de profond; elle consiste exclusivement dans renonciation ilogmalique d'un certain nombre de truismes que l'on avait la prétention de présenter comme des principes transcendants.