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Vaudan, Dime royale^ deuxième fonds

3. DupRK DK Saint-Maur, Essai sur les monnaies^ p. 33. En Champagne, où k setier do blé (de 560 livres) ne coûtait que 22 livres (en 1735), l'artisan nVdt dé^ pensé qu'environ 55 livres de moins pour sa nourriture. En Auvergne, le prix àe la charge de blé (240 livres) était (1735) de 12 livres ; il eût dépensé 30 livres de moins que l'artisan de rilc-dc-Francc.

4. Bois-GuiLLRBKRT n'évaluc la taille d'un manœuvre en Normandie qu'à 5 (W 6 livres en moyenne, ch. v, p. 230. Mais en Bourgogne un manœuvre payait jusqu'à 18 livres de taille et de capitation. En Toulousain, le même journalier payait do 9 à 10 livres.

168 livres 16 sous, ou 173 livres 16 sous. Si Ton suppose exact ce dernier chiffre, il ne reste plus à l'artisan qu'un reliquat variant de 6 livres 4 sous à 42 livres 4 sous, selon que le salaire est supposé de 180 ou de 216 livres. Ce reliquat doit suffire pour payer le loyer (qui ne dépassait guère, il est vrai, dix ou quinze livres par an), pour se vêtir, se chauffer, s'éclairer, pourvoir à tous les besoins d'une famille pendant une année !

L'équilibre de ce maigre budget paraît donc presque impossible à établir et Ton est tenté de se demander comment l'artisan de campagne pouvait subsister. Vauban déjà avait étudié ce problème et avait répondu à la question. Il concédait que son manœuvre de campagne n'irait pas loin avec ses faibles ressources, <c à moins que son industrie ou quelque commerce particulier ne remplisse les vides du temps qu'il ne travaillera pas et que sa femme ne contribue de quelque chose à la dépense par le travail de sa quenouille, par la couture, par le tricotage de quelques bas ou par la façon d'un peu de dentelle, par la culture aussi d'un petit jardin, par la nourriture de quelques volailles et peut-être d'une vache, d'un cochon ou d'une chèvre qui donneront un peu de lait au moyen de quoi il puisse acheter un peu de beurre ou d'huile ». Mais Vauban ajoute que « si on n'y ajoute la culture de quelque pièce de terre, il sera difficile qu'il puisse subsister, ou du moins il sera réduit à faire très misérable chère. » Ces réflexions qu'inspirait à Vauban en 1707 le sort du manœuvre des campagnes peuvent s'appliquer également à celui de l'artisan de métier des campagnes. Tandis en effet que le prix des denrées nécessaires à la vie s'est progressivement élevé du XVI* au XVI II* siècle dans une proportion qui pour plusieurs provinces est de 1 à 23 \ le salaire est loin d'avoir augmenté dans

1. Dans ses Réflexions sur U commerce et les finances (1735), Dutot constate qu'en Champagne le prix des denrées ncccssairos à la vie, est en 1735 vingt-trots fois supérieur à ce qu'il était en 1508 (le setier de froment s'est élevé de 30 sous à 33 livres; le setier de seigle, de 10 sous à 13 livres); au contraire, les salaires des manœuvres ne se sont accrus que dans la proportion de 1 à 18 (1 sou en

les mêmes proportions : Tartisan et le journalier souffrent seuls d'une évolution économique dont profitent le propriétaire foncier et le fermier.

L'artisan des villes était sans doute moins malheureux que celui des campagnes. A 25 ou 30 sous par jour, son gain annuel (en supposant un travail effectif de 240 jours) s'élevait de 300 à 360 livres et ses dépenses n'augmentaient pas dans la même proportion. Sa coadkion était pourtant très loin encore d'être satisfaisante.

De il 63 à 1189. — Au cours de cette pMode, le prix de toutes les denrées augmenta dans une proportion eettsîdérable et Arthur Young, dans son Voyage en France (p. 27f , éd. Guillaumin), estime, en 1789, que, dans l'Ile-de-France, toutes les denrées en dix ans ont haussé de 50 0/0, et en Bourgogne de 100 0/0. En Lorraine, hausse générale d'un tiers en vingt ans. Young signale une hausse extraordinaire dans la Guienne et le Béarn. A Reims, la corde de bois, en 1740, valait 9 livres 1/2; en 1789, elle vaut 16 livres. En Champagne, la même corde de bois qui valait, il y a 25 ans, 7 livres 10 sous, vaut, en 1789, 18 livres 10 sous. La hausse des salaires fut proportionnelle à celle des denrées en Normandie et dans l'Ile-de-France. Mais il n'en fut pas de même dans la plupart des provinces, en Anjou, par exemple, où les salaires demeurèrent stationnaires depuis 1740, et en Provence, où ils s'élevèrent seulement dans le rapport de 16 à 24. Pour l'ensemble de la France, la hausse des salaires ne fut que de 20 0/0, tandis que le prix de la vie avait renchéri de 100 0/0. La misère des classes laborieuses ne fit donc que s'accroître. C'est ce que constate Arthur Young. « 11 est surprenant, dit-il, que le prix de la main-d'œuvre n'ait pas haussé également an moins en quelque proportion avec le reste. »

1508, 18 sous en 1735). En Auvergne, lo prix do U vio a crû dans le rapport moyen de 1 à 23 (un mouton gras vaut 7 sous en 1508, 10 livres en 1733; «b cochon, 10 sous en 1508, 23 à 35 livres en 1735, etc.) Au contraire, la joaraéc <!■ manœuvre a à peine double, clic s'est élevée pour l'été de 6 à 12 sous, pcor l'hiver de 4 à 6 sous.

Le maître, — Le maître est toujours obligé de payer des droits de réception dent le montant varie selon les communautés (2,500 livres chez les drapiers, 1,200 chez les orfèvres, 1,000 cbe« l«r peWcfrery, contre 300 seulement chez les tisserands et 200 chez les vanniers). Le maître nouvellement reçu est toujours qualifié ycM/ic; après plusieurs années d'exercice, il prend le titre de moderne, puis à* ancien. Le maître qui a passé par les charges est désigné sous le titre de bachelier. De même les maîtres ont toujours à leur charge les arrérages des dettes contractées pour les rachats des offices ; mais c'est là un passif d'ordre particulier et très variable selon les communautés.

Les charges ordinaires qui pèsent sur les métiers et dont chaque maître supporte sa part, sont les suivantes :

1° La taille personnelle, dont toutefois les communautés de Paris sont exemptes. La taille ne frappe pas seulement la terre, mais a aussi un caractère personnel et pèse, à ce point de vue, plus lourdement sur les marchands que sur les fermiers \ La taille est un impôt de répartition et son assiette varie non seulement de province à province, mais de paroisse à paroisse.

2* La capitation établie en 1695 avec le caractère d'un impôt de quotité, pour la perception duquel les contribuables étaient divisés en 22 classes de là 2,000 livres. Supprimée en 1698, rétablie en 1701, la capitation fut transformée en 1705 en un impôt de répartition. Cette répartition se faisait dans les communautés des villes par les soins des gardes et syndics. En 1725, le produit de la capitation pour Paris se montait à 15 ou 1,600,000 livres (Clamageran, Histoire de l'impôt, t. III, p. 227). En mars 1779, les gens de métier de Paris étaient répartis en 24 classes selon leur fortune et la communauté à laquelle ils appartenaient. Ainsi les drapiers

1. « Tout lo fardeau tombe sur les artisans ou marchands qui n'ont d'autre fonds que leur industrie en proportion que l'on croit que l'on en pourra ôtre payé. ■ BoiB-GuiLLBBBRT, Détail de la Francf, p. 185.

étaient répartis entre les 20 premières classes : ceux de la première payaient 300 livres, ceux de la vingtième 9 livres. Les cotes les plus faibles (24® classe) étaient de 30 sous. (Collection RONDONNEAU, AD. XI, il.)

3^ Les deux vingtièmes et les deux sous pour livre, taxe de quotité. Cet impôt des vingtièmes appelle quelques explications. Il avait été précédé d*un autre impôt du dixième du revenu établi par une déclaration du 14 octobre 1710, supprimé en août 1717, rétabli en janvier 1734, supprimé de nouveau le 1" janvier 1737, enfin perçu encore d'octobre 1741 à janvier 1750. A cet impôt s'ajoutaient 2 sous pour livre en sus du principal. Aux termes des déclarations de 1710 etde 1733, les gens d'affaires, commerçants et autres, contribuaient aux besoins présents de TEtat sur le pied du dixième que leurs biens pouvaient leur produire. En effet, le 27 mars 1742, un

arrêt du Conseil nomme un commissaire pour procéder à la répartition de l'impôt du dixième dû par les marchands de Paris * .

L'impôt du vingtième du revenu datait de mai 1749 ; un second vingtième était venu s'ajouter au premier en octobre 1756. Ces deux vingtièmes étaient perçus avec deux sous pour livre en sus sur tous les revenus soumis à la taille; les vingtièmes perçus sur les marchands et gens de métier étaient dits vingtièmes industrie. Le 4 novembre illl\ un arrêt du Conseil supprima les vingtièmes d'industrie perçus sur les maîtres des métiers et marchands des bourgs, villages et campagnes, « tant pour y attirer davantage l'industrie que parce qu'on ne peut y régler cette cotisation comme dans les villes où la répartition en est confiée aux chefs des corps et communautés* ».

Mentionnons seulement pour mémoire la corvée seigneuriale ou royale que les marchands comme les autres payaient

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