‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 19 sur 214 · Dictionnaire historique de Paris, Bkhauo ot Dupbv, t. I · texte numérisé non relu

Dictionnaire historique de Paris, Bkhauo ot Dupbv, t. I

seconde moitié du XII® siècle des textes certains attestent l'existence de certaines coi-porations : en 1162 les anciennes coutumes des bouchers sont confi rmées '; les anciens statuts des drapiers datent de 1188*; ils fondèrent cette môme année une confrérie sous le vocable de sainte Marie TEgyptienne. En niAme temps diverses industries, libres jusqu*alors, sont placées sous l'autorité de grands personnages ou do hauts dignitaires qui y trouvent sans doute une source de bénéfices, puisqu'ils vendent le droit d'exercer la profession, mais qui leur accordent une protection efficace et exercent sur elles leur juridiction. Parfois aussi les métiers sont inféodés à un riche marchand ou à un particulier qui a acheté cette charge de lautorité royale. Ainsi en 1160, Louis VII donne cinq métiers : ceux des mégissiers, boursiers, baudriers, savetiers et sueurs à la femme et aux héritiers d'Yves Lacohe (Deppincî, p. Lxxixj : plus tard les boulangers furent rangés sous la juridiction du grand panetier, les forgerons sous celle du grand maréchal, etc.

En résumé, les corporations parisiennes ne sont pas encore toutes constituées dès le XII® siècle; mais de cette époque date le mouvement qui va prendre de si grandes proportions au siècle suivant et aboutira la grande codification de saint Louis. Au Midi comme au Nord, le réveil des idées corporatives se manifeste au XI* siècle comme une conséquence de la révolution communale. Dès le siècle précédent, les cités lombardes avaient donné l'exemple en secouant, à la faveur de la guerre des Investitures, le joug de leurs évéques suzerains : elles ne tardèrent pas longtemps à être imitées. Marseille et Avignon l^s premières, puis Arles en 1131 se donnent des constitutions libres et placent à leur tête des podestats et des consuls. B<*ziers en 1131, Nîmes en 1145, Narbonne en 1148, Toulouse ^n il88 proclament également leur autonomie. Cette émanci-

Page 1